Le refrain que les Capitales connaissent un peu trop bien


Jessica Lapinski
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Les Capitales connaissent le refrain, peut-être même trop bien au goût de ceux qui sont passés par là lors des deux dernières saisons. Comme en 2022 et en 2023, l'équipe a perdu jeudi le premier match de sa première série, se retrouvant immédiatement le dos au mur. Dans un «deux de trois», le moindre faux pas peut être lourd de conséquences.
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La bonne nouvelle pour Québec, c'est qu'au cours des deux dernières années, l'équipe a rebondi de la plus belle des façons pour, finalement, s'offrir chaque fois le championnat.
«Ouin, jamais deux sans trois, hein?» a lancé avec un sourire en coin Patrick Scalabrini.
Vendredi, un peu moins de 24 heures après ce revers de 2 à 1 en 10e manche contre les Titans d'Ottawa (sur un... but sur balles, alors que les sentiers étaient remplis), le sourire était en effet revenu sur le visage du gérant.
Même si, en dépit de l'histoire récente qui reste en faveur de son club, il n'y a rien de plaisant à faire face à l'élimination, rappelait Scalabrini.
«Ça vient avec plein de trucs, comme de l'angoisse», soulignait-il avant l'entraînement des Capitales, au Stade Canac.
Mais la défaite, elle, n'en demeurait pas moins décevante, digérait-il encore. «On est sorti nerveusement, regrettait encore le gérant. On a manqué trop d'opportunités, et eux, dès qu'ils en ont eu une, ils en ont profité. Maintenant, on n'a plus de marge de manœuvre.»
Ça faisait longtemps
David Glaude, l'un des rares joueurs qui a su tirer son épingle du jeu avec l'uniforme des Capitales sur le dos, jeudi, abondait dans le même sens. «Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas joué un match important», a noté le Québécois.
Les Capitales sont effectivement assurés d'une participation aux éliminatoires depuis le 18 août. Pendant presque toute la saison régulière, ils ont dominé les Titans, qui ont terminé avec 11 victoires de moins à leur fiche que Québec. Et Québec avait remporté six des neuf affrontements entre les deux formations.
Un petit frappeur au stade
Ottawa n'avait donc rien à perdre, jeudi. En fait, les Titans n'ont rien à perdre dans cette série.
Mais comme il l'avait déjà fait avant le début de la confrontation, Scalabrini a réitéré sa confiance inébranlable en son équipe, malgré la sortie laborieuse de plusieurs de ses joueurs, dont ses releveurs, jeudi. «On reste l'équipe à battre», a fièrement rappelé le gérant.
Glaude avait lui aussi confiance que l'équipe saurait se relever, comme elle l'a si bien fait au cours des deux dernières saisons. Tellement qu'il commençait tranquillement à préparer la prochaine semaine, lui qui s'est présenté à l'entraînement en compagnie de son petit garçon Justin, 2 ans.
C'est qu'advenant des victoires samedi, pour dimanche, le premier match de la finale aura lieu dès mardi. «Ça donne un coup de main à maman, qui doit s'occuper de nos deux enfants à la maison quand je ne suis pas là», a dit Glaude.
▶ Même s'il a été sorti du match de façon précipitée en sixième manche jeudi, le partant Ryan Sandberg va bien, a assuré Scalabrini. «Il a eu des crampes à un pouce. Ça lui était déjà arrivé cette saison. Mais ce n'est rien de sérieux.»
Au tour du lanceur «parfait» des Capitales
L'une des plus belles histoires de cette saison 2024 à Québec, James Bradwell aura les balles en main, samedi à 19h05, pour le deuxième match de cette série contre les Titans d’Ottawa. Un match dans lequel une défaite des Capitales sonnerait inévitablement le glas de leurs aspirations à un troisième championnat consécutif.
Mais ça tombe bien, car Bradwell n’a pas subi une seule défaite cette année. Et sa fiche immaculée est d’autant plus impressionnante qu’à gauche du zéro, c’est un 12 que l’on retrouve.
Oui, l’ancien releveur devenu partant, qui était loin d’afficher pareilles aspirations aux débuts de la campagne, montre un dossier de 12-0 cette saison, ce qui lui a valu d’être nommé le lanceur de l’année dans la Ligue Frontière.
Personne d’autre que le droitier à l’imposant gabarit – 6 pi 5 po pour 220 lb – n’a signé autant de victoires dans le circuit en 2024.
Et les statistiques qui suivent sont tout aussi impressionnantes: une moyenne de points alloués de 2,72 (parmi les cinq meilleures de la ligue) et une moyenne de coureurs envoyés sur les buts par manche (le WHIP) de 1,18, ce qui le classe dans le top 10 des circuits.
À tout cela s’ajoute le fait qu’il n’a donné que 33 buts sur balles en 109,1 manches lancées.
Que cinq départs
Pas mal, non, pour un jeune homme de 25 ans qui avait été libéré par les Aigles de Trois-Rivières, l’an dernier?
Le gérant Patrick Scalabrini a bien pris le soin de rappeler, vendredi, à la veille de ce match qui pourrait être sans lendemain, qu'il misera sur le «lanceur de l'année» au monticule. Du côté des Titans, ce sera CJ Blowers (0-1) qui aura le départ. Un artilleur, explique Scalabrini, qui n'a obtenu à ce jour que cinq départs dans le baseball professionnel et qui n'a jamais joué au Stade Canac.
Bon, il a certes eu un départ, contre les Capitales, il y a une semaine, dans un match qui s'était terminé 2 à 1 en 10e manche à la faveur d'Ottawa, et durant lequel Blowers avait maintenu une moyenne de points mérités de 0,87 en 5,2 manches.
Mais samedi sera un tout autre jour. Samedi, Blowers lancera au Stade Canac, devant 4000 spectateurs à fond derrière leurs Capitales.
De quoi faire dire à Scalabrini que son club «est loin d'être mort».