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Le REER comme vous ne l’avez jamais vu

Le CELI et le REER des jumeaux presque identiques comme abris fiscaux

Photo Adobe Stock
Photo portrait de Daniel Germain

Daniel Germain

2021-01-30T05:00:00Z

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Il traîne dans le paysage financier depuis si longtemps, on croit tout savoir du régime enregistré d’épargne retraite (REER) : les cotisations au compte donnent droit à des déductions fiscales, l’argent fructifie à l’abri de l’impôt, les retraits sont imposables comme des revenus de travail, bla-bla-bla.

Bref, le REER serait simplement un instrument pour reporter l’impôt. Voilà !

Non... Pas tout à fait. 

Je vous propose d’observer la question sous un angle différent. Cette nouvelle perspective pourrait changer votre manière de voir... votre remboursement d’impôt !

Un abri fiscal

Il y a quelques années, je suis tombé sur un texte original signé par le CPA Éric Brassard, associé chez Brassard Goulet Yargeau, un cabinet de services financiers situé dans la région de Québec.

Il affirme que le REER est beaucoup plus proche qu’on ne le croit de son cousin, le compte enregistré libre d’impôt (CELI).

Selon le spécialiste, le REER constitue un « abri fiscal pur » comme le CELI, les deux comptes permettant de générer des rendements à l’abri de l’impôt. 

Pour une même contribution nette, les deux comptes enregistrés produisent un résultat identique, sauf qu’avec le REER, les flux monétaires empruntent des chemins plus sinueux.

La mécanique du REER

Je vais reproduire ici son exemple, basé sur un contribuable fictif imposé à 40 % qui cotise 1000 $ à un REER dont le rendement monte à 8 %. L’année suivante, il retire son argent. Cela permet de voir à l’œuvre toute la mécanique du régime.

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La cotisation de 1000 $ donne droit à un remboursement d’impôt de 400 $ (1000 $ x 40 %). L’effort financier net du contribuable, ce qu’il sort de ses poches, s’élève donc à 600 $ (1000 $ - 400 $).

Après un an, le compte contient 1080 $ grâce au rendement de 8 %. L’épargnant retire l’argent du REER. Toujours soumis au taux d’imposition de 40 %, il doit payer 432 $ en impôt (1080 $ x 40 %). Il lui reste 648 $.

Une cotisation nette de 600 $ dans le REER procure un profit de 48 $ (8 %) non imposable.

Le fonctionnement CELI

En répétant l’expérience avec le CELI, on arrive au même résultat. Ce compte ne donne pas droit à des déductions fiscales, et ce qu’on en retire ne s’ajoute pas aux revenus imposables.

Il faut donc déposer 600 $ dans le CELI, qui génère lui aussi 8 % de rendement. Un an plus tard, combien y a-t-il ? Bien oui : 648 $.

Une contribution nette de 600 $ au CELI génère elle aussi un gain de 48 $ (8 %) non imposable.

Flamber le remboursement d’impôt ?

Que nous révèle cette démonstration ? 

Que le remboursement d’impôt découlant d’une contribution REER n’est pas un cadeau du gouvernement ! Il s’agit de votre argent durement gagné.

Si vous le flambez comme si c’était un chèque qui tombait du ciel, c’est comme si, dans notre exemple plus haut, une cotisation au CELI de 600 $ vous autorisait à dilapider 400 $.

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On s’éloigne de l’objectif d’un abri fiscal.

La différence entre le REER et le CELI  

Il existe une différence de taille entre les deux types de comptes enregistrés, tout de même. Le résultat du CELI est plus prévisible, il dépend seulement du rendement des placements à l’intérieur du compte.

Dans le cas du REER, le taux d’imposition lors du retrait peut changer la donne. Dans la démonstration ci-contre, nous avons utilisé le même taux d’imposition à l’entrée et à la sortie.

Décaissement

Dans la réalité, nous ne savons pas comment nous serons imposés à la retraite. Si le taux d’imposition est moindre au décaissement, le REER se sera avéré un bon choix. S’il est plus élevé, le CELI aurait représenté la meilleure option.

Je vous parle de taux d’imposition, mais comme les contributions et les retraits du REER jouent sur le revenu imposable, ils ont un impact sur l’accès aux programmes sociaux, ce qui se traduit par le fameux « taux effectif marginal d’imposition » ou TEMI.

Le TEMI inclut l’impôt, mais aussi les gains et les pertes en crédit d’impôt, en allocations familiales, en Supplément de revenu garanti et tous les programmes modulés en fonction du revenu imposable. Il dépasse souvent les 50 %, même chez les ménages à revenus moyens.

Comment savoir à quel niveau se situera votre TEMI dans 20 ans ? C’est impossible, d’autant plus que les programmes sociaux et la fiscalité peuvent changer entre-temps.

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