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CPE et garderies: le recrutement d’éducatrices non qualifiées se poursuivra après la pandémie

Photo portrait de Geneviève Lajoie

Geneviève Lajoie

2021-03-30T04:00:00Z
2021-03-30T04:01:40Z

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La pénurie de personnel est telle que le gouvernement Legault permettra aux garderies et aux CPE de continuer à employer massivement des éducatrices non qualifiées, même après la pandémie.

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Les assouplissements aux règles d’embauche des travailleuses de la petite enfance seront reconduits pour au moins 21 mois après l’état d’urgence sanitaire, qui n’est pas prêt d’être levé. C’est ce que précise un tout nouveau projet de règlement publié par le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.   

L’an dernier, la COVID-19 avait incité Québec à diminuer les exigences de recrutement des éducatrices. Plusieurs d’entre elles ne pouvaient continuer à œuvrer auprès des tout-petits en raison de problèmes de santé ou de conditions particulières les rendant vulnérables au virus.   

Depuis, une seule éducatrice sur trois doit avoir suivi une formation en Techniques d’éducation à l’enfance dans les garderies et les CPE. Auparavant, ce ratio était de deux travailleuses sur trois.   

Et le manque de main-d’œuvre est criant. «Certains titulaires de permis de CPE ou de garderie éprouvent en effet des difficultés à pourvoir les postes de personnel éducateur qualifié, situation qui a été exacerbée par la crise sanitaire», plaide le ministère de la Famille pour expliquer cette décision.    

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Le gouvernement Legault autorisera donc que seulement un membre du personnel sur trois soit formé, jusqu’à neuf mois après la fin de l’état d’urgence sanitaire. «Par la suite, pour les 12 mois suivants, ces titulaires de permis devront s’assurer qu’au moins un membre du personnel de garde sur deux est qualifié.» 

«Échec» de Lacombe

Pour la députée péquiste Véronique Hivon, ce nivellement par le bas n’est ni plus ni moins qu’un «constat d’échec» du ministre Lacombe quant à la valorisation et à la rétention de la profession d’éducatrice à la petite enfance.   

«Non seulement il n’a rien fait [depuis son arrivée au pouvoir], mais le gouvernement a contribué à aggraver la pénurie par son inaction, mais aussi par le fait qu’il est allé faire de l’œil aux éducatrices de CPE pour les amener dans les fameuses maternelles quatre ans, en créant des passerelles pour que ce soit facile d’intégrer le réseau de l’éducation», se désole l’élue de Joliette.    

Mme Hivon rappelle que le ministre de la Famille est pourtant bien au fait du problème de pénurie de personnel. Au mois d’août dernier, il a lui-même qualifié de «dramatique» la baisse de 40% des inscriptions aux programmes de formation des éducatrices, insiste-t-elle.   

Au cabinet de Mathieu Lacombe, on signale que le gouvernement a mis sur pied la plateforme de recrutement Je travaille.    

«Il va y avoir un plan de main-d’œuvre qu’on va bientôt annoncer, indique le porte-parole Antoine de la Durantaye. Dans le plus récent budget, nous avons annoncé près de 64 millions de dollars pour mettre en place notre plan de main-d’œuvre, afin de former davantage d’éducatrices qualifiées.» 

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