«Les Boys», «Broue», «Radio Enfer»: le scénariste et réalisateur Louis Saia est décédé à 75 ans

Maxime Demers
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Le Québec perd un de ses piliers de l’humour. Le réalisateur et metteur en scène Louis Saia, à qui l’on doit plusieurs œuvres cultes dont la pièce Les voisins et les premiers films de la série Les Boys, est décédé à l’âge de 75 ans à la suite d’une courte maladie. « C’est une grande perte », confie l’interprète du mythique personnage de Stan, Rémy Girard.
L’auteur, scripteur, metteur en scène et réalisateur a été une figure phare de la comédie québécoise dans les 55 dernières années. Il a réalisé et coscénarisé les trois premiers films de la populaire saga Les Boys, qui ont fracassé des records au box-office, ainsi que la télésérie du même titre, diffusée sur les ondes de Radio-Canada de 2007 à 2012.
« Louis était en quelque sorte le père des Boys, souligne Rémy Girard. On se référait toujours un peu à lui quand le tournage d’un nouveau film de la série arrivait. Il n’était jamais très loin...
« C’est un pilier de l’humour au Québec, ajoute-t-il. Mais c’était aussi quelqu’un de très humble, qui aimait diriger les acteurs et rire avec eux. J’ai été chanceux de le rencontrer et de me faire diriger par lui. Il avait un sens du timing et de l’humour exceptionnel. Tous ses succès sont là pour le prouver. »
Marc Messier, ami et complice de longue date de Louis Saia, a lui aussi souligné l’immense contribution du réalisateur au succès des Boys. Il lui attribue même l’une des répliques les plus célèbres de son personnage de Bob : « la dureté du mental ! »
« Pendant le tournage du premier film, j’avais parlé de mental toughness, qui est un terme sportif connu. Et Louis avait traduit ça par “la dureté du mental”. On trouvait ça très drôle à l’époque, mais on était loin de penser que 30 ans plus tard, les chauffeurs d’autobus ouvriraient leur vitre pour crier : “Hey, le mental !” » raconte le comédien en riant.

L’interprète de Léopold dans Les Boys, Michel Charette, a lui aussi perdu un grand ami avec le départ de Louis Saia. L’acteur n’était pas encore connu du grand public quand le réalisateur a convaincu le producteur Richard Goudreau de lui confier le rôle du fils de Stan.
« J’étais un ti-cul qui avait trois minutes d’expérience dans le métier et il m’avait engagé pour jouer à côté de ces légendes-là, se souvient Charette.
« Il m’avait dit de lui faire confiance. Ça m’a mis sur la map pour les gens du public. Si je ne rencontre pas Louis tôt dans ma carrière, je n’ai pas la carrière que j’ai. »
Du théâtre à l’écran
Né à Montréal en 1950, Louis Saia a fait ses débuts au théâtre en signant, avec l’autrice Louise Roy, les pièces Une amie d’enfance (1976), Ida Lachance (1978) et Bachelor (1979).
Sa rencontre avec le comédien et scénariste Claude Meunier est déterminante. À la fin des années 1970, les deux complices adeptes d’humour absurde signent ensemble la pièce culte Les voisins, et collaborent sur plusieurs autres projets, dont Broue et Appelez-moi Stéphane, deux autres grands succès populaires du théâtre québécois.

À la même période, Saia a aussi mis en scène les spectacles du groupe humoristique Paul et Paul, avec Meunier, Serge Thériault et Jacques Grisé, avant de collaborer quelques années plus tard avec le mythique duo Ding et Dong. Plusieurs autres humoristes ont fait appel à ses services, dont RBO, JiCi Lauzon, Pierre Verville et Claudine Mercier.
Au petit écran, il a signé la mise en scène de la série jeunesse Radio Enfer dans les années 1990 ainsi que la réalisation de Max Inc (2002) et de Vice caché (2005).