Tous les résultats
Publicité

Le Québec bientôt à nouveau un producteur de lithium

Notre minerai sera expédié en Chine avant de revenir ici sous forme de batteries

La mine de lithium de La Corne, en Abitibi, est fermée depuis plusieurs années. Les activités seront relancées dans quelques semaines.
La mine de lithium de La Corne, en Abitibi, est fermée depuis plusieurs années. Les activités seront relancées dans quelques semaines. Photo courtoisie
Photo portrait de Sylvain  Larocque

Sylvain Larocque

2022-09-28T04:00:00Z

Partager

Le Québec s’apprête à redevenir l’un des rares producteurs de lithium en Amérique du Nord. Mais le minerai extrait en Abitibi devra être transformé en Chine avant de se retrouver dans nos voitures électriques.

• À lire aussi: Du lithium extrait près de Val-D’or dès octobre

«Il n’y a pas une entreprise automobile, que ce soit en Europe, aux États-Unis ou en Corée, qui ne nous a pas contactés dans les trois derniers mois. Elles veulent toutes sécuriser la ressource, et où est-elle, la ressource? Elle est au Québec et un peu dans le nord de l’Ontario», s’enthousiasme Guy Laliberté, PDG de Sayona Québec.

Guy Laliberté, PDG de l’opérateur de cette mine, Sayona Québec. Cette dernière est une filiale de la multinationale anglo-australienne Sayona Mining.
Guy Laliberté, PDG de l’opérateur de cette mine, Sayona Québec. Cette dernière est une filiale de la multinationale anglo-australienne Sayona Mining. Photo courtoisie

De propriété australo-américaine, Sayona Québec investit actuellement plus de 100 millions $ dans la remise à niveau d’une mine de lithium et d’un concentrateur situés à La Corne, en Abitibi. Les installations appartenaient auparavant à une entreprise chinoise qui les a exploitées en 2018 et 2019 avant de connaître des difficultés financières.

Publicité

«C’est comme une auto, quand ça fait deux ans que tu ne l’as pas démarrée, ça risque de tousser un peu au départ», lance M. Laliberté.

Sayona prévoit relancer les activités de la mine dans quelques semaines et expédier ses premières livraisons de concentré de lithium au début de 2023.

  • Écoutez le segment économique d'Yves Daoust diffusé chaque jour en direct 9 h 35 via QUB radio :

Seul avec le Nevada

Le Québec redeviendra alors l’un des deux seuls États producteurs de lithium en Amérique du Nord avec le Nevada.

Sayona devra toutefois envoyer son concentré, dont la teneur en lithium atteindra un taux de 6 %, en Chine afin qu’il y soit transformé en un produit utilisable par les fabricants de batteries.

Le précédent propriétaire des installations de La Corne avait débuté la construction d’une usine de deuxième transformation qui devait produire du carbonate de lithium, mais les travaux ont été interrompus à mi-chemin, faute d’argent. La terminer coûtera au moins 300 millions $.

«Pour l’instant, malheureusement, comme cette installation-là n’est pas complétée, il n’y a aucun autre endroit où on peut traiter le concentré. Il faudra penser à le vendre sur les marchés extérieurs. Est-ce que la Chine ou l’Asie sont un marché potentiel? Bien sûr», confirme Guy Laliberté.

Publicité

Le concentré de lithium sera transporté par train jusqu’à Trois-Rivières, où il prendra le chemin de l’Asie par navire. 

«Ce n’est pas une mauvaise nouvelle en soi parce que ça va nous permettre de toucher tout de suite des revenus», précise M. Laliberté.

Sayona espère produire du carbonate de lithium au Québec dès 2026, mais le gouvernement Legault lui a donné jusqu’en 2031 pour respecter cet engagement.

Le dirigeant de Sayona Québec reconnaît que mettre au point une méthode propre de transformation du concentré en carbonate ou en hydroxyde de lithium n’est pas une mince affaire. Mais d’après lui, des projets en développement en Corée du Sud s’annoncent prometteurs.

«Ces technologies-là respecteraient les normes québécoises», soutient-il. 

Contrat de 200 M$ pour une entreprise familiale de l’Abitibi 

Une entreprise familiale québécoise fondée en 1937 a coiffé des concurrents d’ici et d’ailleurs pour décrocher le plus important contrat de sous-traitance de la mine de lithium de Sayona Québec.

«La compétition était féroce venant du Québec, du reste du Canada et même d’outre-mer», souligne Jérémi Fournier, président de L. Fournier & Fils, une entreprise créée par son grand-père.

D’une durée de quatre ans, le contrat de 200 millions $ couvre les travaux de décapage du roc, le chargement du minerai et de la pierre excédentaire, l’entretien des routes minières ainsi que des services connexes.

Les travaux de forage et de dynamitage seront exécutés par une autre entreprise abitibienne, Dynamitage Castonguay.

Camions de 100 tonnes

Pour réaliser le mandat chez Sayona Québec à la mine de La Corne, L. Fournier & Fils se servira d’une vingtaine de camions à benne d’une capacité de 100 tonnes, de plusieurs excavatrices de grande taille ainsi que d’autres véhicules et équipements industriels.

Publicité

Dès la fin de l’année, environ 120 travailleurs seront en poste pour L. Fournier & Fils à La Corne, ce qui s’ajoutera aux quelque 80 salariés de Sayona Québec.

Née en 1936, soit un an avant la fondation de Val-d’Or, L. Fournier & Fils a d’abord effectué du transport général, puis des travaux de génie civil et du concassage.

«C’est vraiment depuis le tournant des années 2010 qu’on a pris notre envol et qu’on a voulu se spécialiser dans le domaine minier», explique M. Fournier.

Aujourd’hui, l’entreprise compte parmi ses clients la plupart des grands exploitants miniers présents au Québec, dont Agnico Eagle, ArcelorMittal, Canadian Malartic, Eldorado Gold et Nouveau Monde Graphite.

Présente également en Ontario et dans les Maritimes, L. Fournier & Fils n’emploie pas moins de 1200 personnes.

Propriété «à 100 %» de la famille Fournier, l’entreprise reçoit et rejette périodiquement des offres d’achat d’investisseurs de l’extérieur du Québec.

«On a connu une croissance très rapide, mais qui a été bien gérée», soutient Jérémi Fournier.

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Vous avez un scoop qui pourrait intéresser nos lecteurs?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité
Publicité