Le Québec à l’honneur au sein de l’équipe canadienne
Tous les athlètes de la sélection nationale 2025 pour les Grands Prix Cyclistes sont Québécois


Jean-François Racine
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Les cyclistes membres de l’équipe canadienne vont parler français dans le peloton des Grands Prix Cyclistes de Québec et de Montréal.
Le développement des espoirs en cyclisme va bon train au Québec pour remplacer les vétérans Hugo Houle et Guillaume Boivin puisque tous les membres de la sélection nationale ont un lien d’attachement fort avec la Belle Province.
Chaque année, l’organisation intègre une formation canadienne aux équipes régulières du World Tour. En 2025, la composition est plus spéciale.
Sur les sept athlètes retenus pour participer aux deux courses sous l’unifolié, six d’entre eux sont nés au Québec. Le dernier, Quentin Cowan, est originaire de Calgary, mais habite à Montréal depuis quelques années et possède une licence de la Fédération québécoise des sports cyclistes. Même s’ils ne signeront pas tous un contrat professionnel, leur fierté vaut de l’or.
Des souvenirs
«Ce sera une expérience inoubliable avec la famille et les amis. De courir avec les gars du Tour de France, on va s’en rappeler toute notre vie», a expliqué Philippe Jacob, qui en sera à sa première participation. Lors de sa dernière présence sur la Grande Allée en juin, ce dernier avait remporté l’étape du Tour de Beauce. Le calibre sera toutefois bien différent dans quelques heures.
Adversaires ou coéquipiers, ils ont tous grandi ou presque dans le peloton des courses locales de la Coupe du Québec, des Mardis cyclistes de Lachine et du Tour de l’Abitibi. Cette fois-ci, ils auront à se frotter aux meilleurs au monde sans trop se laisser intimider.
Leur grande complicité était évidente lors de la présence de l’équipe invitée. Leur entraîneur, Nigel Ellsay, devra se plier à la langue de Molière pour quelques jours encore.
«Nous n’avons pas beaucoup d’occasions de courir avec les professionnels et ça va nous servir dans l’avenir», a ajouté Cowan dans un excellent français appris en Europe.
«Je préfère le parcours de Montréal parce que ce sont mes routes d’entraînement. Mais quand je vais au Centre Bell, je suis encore un partisan des Flames, par contre!», a-t-il reconnu.
«C’est quand même mieux à Québec, c’est plus spécial et il va faire plus beau», a protesté Félix Bouchard, un étudiant en droit à l’Université Laval qui en sera à sa seconde présence.
Pour Jérôme Gauthier, un jeune homme d’Amos, l’opportunité de rouler avec Tadej Pogacar et Wout van Aert est unique. «C’est rare d’avoir cette chance et il faut en tirer le meilleur possible.»
Une pression
La marche semble haute à gravir puisque ces jeunes cyclistes âgés de moins de 23 ans avaient un rôle fort différent il y a quelques années à peine.
«Dans la présentation des équipes, on tenait les vélos des grosses vedettes et, cette fois, on se retrouve de l’autre côté de la barrière. Peter Sagan avait signé mon chandail. C’est un beau moment pour nous et je vais donner mon vélo à quelqu’un pour monter au podium», explique Philippe Jacob, un étudiant en génie mécanique.
En dehors de l’esprit de camaraderie, la pression de devoir livrer la marchandise est bien présente. «De terminer les courses ou de figurer dans l’échappée, c’est déjà un bel objectif et ça serait incroyable», a précisé Gauthier.
Pour leur fournir quelques watts de puissance supplémentaire sur leur monture, leur groupe bien soudé compte sur la foule de Québec et de Montréal.
«C’est incroyable. L’an dernier, j’arrêtais de pédaler à chaque tour et je souriais! On est sérieux, mais on profite du moment», a résumé Gauthier, qui se dirigera ensuite vers l’Afrique pour les Mondiaux de Kigali, au Rwanda.