Le quart-arrière Jonathan Sénécal dans la mire


Stéphane Cadorette
Partager
Les Carabins forment une machine de football bien rodée à tous les niveaux, mais en ce début de saison, rares sont les joueurs à travers le pays qui affichent l’aplomb du quart-arrière Jonathan Sénécal.
• À lire aussi: Vers une foule record pour la rivalité Carabins-Rouge et Or
Le pivot de quatrième année a amorcé la saison en trombe. Avec 615 verges au compteur en deux matchs, il est deuxième au pays. Ses cinq passes de touchés le placent bon premier et il affiche un impressionnant taux de réussite de 75,9% de ses passes, en plus d’avoir inscrit un touché au sol.
C’est la suite logique des choses pour celui qui a été élu athlète masculin de l’année au Canada la saison dernière sur la scène universitaire, tous sports confondus.
Sénécal avait établi une marque d’équipe avec 15 passes de touchés et n’avait été victime que de quatre interceptions, le plus bas total parmi les quarts partants au Québec.
«C’est sûr qu’il est un talent spécial, générationnel», l’a louangé l’entraîneur-chef des Carabins, Marco Iadeluca, en entrevue téléphonique avec Le Journal.
«On n’en voit pas des comme lui à toutes les années. Il s’est amélioré de saison en saison. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’on parle du niveau statistique. On veut qu’il continue à progresser dans sa manière de gérer l’équipe et dans différentes situations de matchs. On est contents de ce qu’il a accompli à ses deux premiers matchs et on lui donne plus de latitude», a-t-il ajouté.
Le meilleur au pays?

De son côté, Glen Constantin le répète, il faut une discipline de moine en défense pour contrer le pivot et boucher tous les corridors possibles pour l’empêcher d’utiliser sa mobilité.
Selon le pilote du Rouge et Or, qui en a vu d’autres avec son vaste bagage sur la scène universitaire, il est même temps de considérer Sénécal comme l’un des plus grands quarts-arrière à avoir défilé au pays.
«C’est le quart qui ressemble le plus à Chris Flynn, mais le football a tellement évolué depuis ce temps-là», a-t-il comparé, en référence à l’ancien quart des Huskies de Saint Mary’s de 1987 à 1990, qui a ensuite évolué avec la Machine de Montréal.
«Chris était un magicien qui courait de tous bords tous côtés. Le football est plus sophistiqué et il [Sénécal] est probablement l’un des meilleurs, sinon le meilleur que j’ai vu au Canada», l’a encensé Constantin.
Un défi de tous les instants
Dans la tertiaire du Rouge et Or, personne ne se berce d’illusions. Le duel de samedi sera le plus exigeant sur le plan tactique pour contrer les élans de Sénécal.
«On sait qui est le gars de l’autre bord. Il a tout un bras, il est capable de bien bouger. Il faut rester discipliné et avoir les yeux à la bonne place. C’est un bon défi et on est prêt. C’est le genre d’adversaire qu’on veut affronter. Il peut encore être surpris de nous autant qu’il peut nous surprendre», a analysé le maraudeur Vincent Delisle.
Foule record: «C’est bon pour le football au Québec»

L’entraîneur-chef des Carabins, Marco Iadeluca, s’attend à un environnement «hyper hostile» sur le terrain du Rouge et Or, mais il se réjouit du même coup que ce duel établisse fort possiblement un record d’assistance avec 19 500 spectateurs.
«C’est exceptionnel. C’est bon pour nos étudiants-athlètes. C’est bon pour le football au Québec. Nos jeunes ne vivent pas ça à toutes les semaines et c’est une opportunité incroyable face à un adversaire incroyable. Les jeunes s’en souviennent pendant 10-15 ans. Ça en dit long sur la qualité du football et de la belle rivalité entre les deux équipes», a-t-il indiqué au Journal.
Son vis-à-vis Glen Constantin n’a pas hésité à utiliser le terme «viscéral» pour parler du dédain pour les Carabins qui habite constamment ses joueurs. Le maraudeur Vincent Delisle a pour sa part parlé du fait que les trois défaites du Rouge et Or la saison dernière aux mains de Montréal avaient semé de la «hargne» au sein des troupes.
Pour sa part, Iadeluca assure qu’il ne voit pas la rivalité du même œil.
«En toute honnêteté, on ne pense pas comme ça. Ce n’est pas un sujet qu’on aborde dans l’entre-saison parce qu’on est concentrés sur notre préparation et nos affaires. C’est sûr que c’est une belle rivalité et ils sont nos gros adversaires depuis des années, mais tous les clubs travaillent fort et deviennent de mieux en mieux», a-t-il nuancé.
Une équipe bourrée de talent
Iadeluca est conscient que son équipe affiche un visage semblable à l’édition championne canadienne de l’an dernier, avec bon nombre de partants de retour. C’est une autre histoire du côté de Laval, mais il n’y voit pas un avantage pour ses hommes.
«Ils ont beaucoup de nouveaux joueurs sur le terrain et on a vu un seul match de leur côté. À chaque fois que tu joues un premier match contre une équipe, on a peu pour évaluer. On sait que c’est encore une équipe remplie de talent à toutes les positions, malgré le fait qu’ils ont moins d’expérience que l’an passé, surtout du côté défensif.
«À chaque année, on efface et on recommence. J’ai entendu des choses à l’effet qu’ils voudraient se venger. On n’est pas du tout dans le même état d’esprit. Nous, la saison dernière, c’est du passé», a-t-il réitéré.
Il faut dire aussi qu’Arnaud Desjardins, le vis-à-vis de Sénécal, a connu un fort début de saison contre Concordia.
«J’ai trouvé qu’il a repris possession de ses moyens. Il était beaucoup plus décisif. Il a connu statistiquement de meilleurs matchs, mais au niveau de sa prise de décision, c’était l’un de ses bons en carrière. Il y a eu progression de sa part et il faut que ça continue», a martelé Constantin au sujet de son pivot.