Les Sénateurs, le prochain rouleau compresseur de la LNH?


Anthony Martineau
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La dernière décennie a vu les Kings, les Blackhawks, les Penguins, les Bruins, les Capitals et le Lightning, pour ne nommer que ces clubs, dominer outrageusement leurs adversaires, selon l'année choisie. Dans l'ombre, les Sénateurs d'Ottawa assemblent présentement le casse-tête qui fera d'eux, d'ici quelques années, une formation ayant tous les outils pour être à son tour citée parmi les puissances incontestées de la Ligue nationale de hockey.
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Non, l'équipe n’a pas pris part aux séries éliminatoires. Elle a même conclu le calendrier à l’avant-dernier rang de la section Nord. Mais avec un groupe dont la moyenne d’âge est de 22 ans, il fallait s’attendre à certains passages à vide, à une saison ponctuée de hauts et de bas.
Après un début de saison marqué par une séquence de 13 défaites en 15 matchs, Ottawa a su se ressaisir en fin de campagne, étant victorieux dans neuf de ses 12 derniers duels. Plus le calendrier progressait, plus il était évident que le bassin d’espoirs et de jeunes joueurs des Sénateurs n’avait rien à envier à celui des autres formations du circuit.
D’ailleurs, le défenseur Thomas Chabot (23 ans), l’un des jeunes vétérans du club, n’hésite pas à placer la barre très haut lorsqu'il parle du futur des siens.
Dans le cadre d’un généreux entretien avec le TVASports.ca, l’arrière originaire de Sainte-Marie-de-Beauce, confiant, n’a pas eu peur de se mouiller.
«C’est clair que je nous vois faire des ravages dans les prochaines années. Nous comptons sur un intéressant mélange présentement. Du talent, de la hargne, de la vitesse... Le futur des Sénateurs est très prometteur, et c’est encourageant d’y jouer un rôle important.»
Difficultés... expliquées
Les Sénateurs ont peiné tôt dans la saison, handicapant leurs chances de participer aux séries éliminatoires. Dans un calendrier condensé de 56 matchs, un passage à vide pour 15 joutes représente, après tout, plus du quart de la campagne.
«Honnêtement, on s’attendait à connaître des ennuis dans les premières semaines. Il faut comprendre qu’avec la pandémie, l’équipe n’avait pas joué dans un cadre compétitif depuis 10 mois [mars 2020 à janvier 2021]. C’est immense! Pendant ce temps, plusieurs clubs de notre division avaient eu la chance de prendre part aux séries 2020, ou à tout le moins, à la ronde qualificative. Ce n’est pas une excuse, mais plutôt une réalité. Retrouver un rythme soutenu, c’est parfois long.»
Les commandes aux jeunes
Mais Ottawa a quand même fini par retrouver son erre d’aller. Et ç'a coïncidé avec un moment où les dirigeants de l’équipe ont décidé de donner les commandes aux jeunes joueurs.
D’ailleurs, en jetant un œil rapide aux statistiques du club, on se rend compte que cinq des six premiers pointeurs des Sens, l'an dernier (Brady Tkachuk, Josh Norris, Drake Batherson, Thomas Chabot, Tim Stutzle), ont moins de 24 ans. Ils sont accompagnés par Connor Brown, 26 ans. Les défenseurs Erik Brannstrom (20 ans) et Victor Mete (22 ans), sans être électrisants, ont également démontré de très belles choses à la ligne bleue ottavienne.
Également, vers la fin de la campagne, D. J. Smith a choisi de donner du millage à plusieurs autres jeunes éléments remplis de talent. Ainsi, on a pu assister aux débuts de Shane Pinto, Alex Formenton et Jacob Bernard-Docker. Les trois patineurs n’auront peut-être pas une saison complète dans les jambes l’an prochain, mais l’expérience acquise cette année demeure inestimable.
En coulisse, les jeunes espoirs Lassi Thomson (2019) et Jake Sanderson (2020), deux défenseurs choisis au premier tour, attendent aussi leur chance.
Le dernier choix de première ronde de l'équipe, Tyler Boucher, est également un pari intéressant. L'attaquant de 6 pi 1 po et 215 lb, décrit comme un «ailier de puissance» par le directeur général Pierre Dorion, est doté, semble-t-il, d'un intéressant instinct autour du filet. L'avenir nous dira si Boucher saura faire son chemin jusqu'à la LNH.
«Je dois vraiment lever mon chapeau aux entraîneurs, qui n’ont jamais hésité à donner de grosses responsabilités aux jeunes joueurs de l’équipe, et je m’inclus là-dedans, a dit Chabot. L’approche de D. J. Smith avec nous est formidable. Il nous dit toujours que l’erreur est humaine. Il nous encourage à tenter des choses. D. J. ne met pas la pression sur ses joueurs, mais les pousse plutôt à apprendre de leurs erreurs par eux-mêmes. Les gars n’ont pas peur d’essayer des choses sur la glace. Le coach nous fait confiance, et c’est énorme pour nous.»
Lorsqu’on lui demande de parler de l’ambiance qui règne dans le jeune vestiaire des Sénateurs, Chabot, amusé, répond ceci: «On a vraiment beaucoup de fun, c’est sûr, a lancé le numéro 72 en riant. On est une gang de jeunes et on a une très belle chimie. On est plusieurs à avoir pas mal le même âge, donc il y a une certaine complicité naturelle. Mais dans cette équipe, tout le monde veut gagner. Bien sûr, on s’entend tous bien, mais tout le monde se présente à l’aréna pour travailler. On aime démontrer qu’on doit être pris au sérieux.»
Et justement, à quel point les Sénateurs doivent-ils être pris au sérieux en vue des prochaines saisons? Le point de vue de Chabot a certainement de quoi faire rêver les amateurs de l’équipe.
«C’est clair que je nous vois faire des ravages dans les prochaines années. Nous comptons sur un intéressant mélange présentement. Du talent, de la hargne, de la vitesse... Le futur des Sénateurs est très prometteur.»
Le talentueux patineur demeure toutefois réaliste et se dit conscient que le chemin ne sera pas exempt d’obstacles.
«Plusieurs de nos joueurs, l’an prochain, en seront seulement à leur deuxième saison dans la LNH. Je sais que nous serons bons pour très longtemps, mais je m’attends à ce que la compétition soit très relevée l’an prochain. Une saison à la fois!»