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Le prochain rouleau compresseur de la LNH?

Photo portrait de Anthony Martineau

Anthony Martineau

2021-07-27T13:12:19Z

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La dernière décennie a vu les Kings, les Blackhawks, les Penguins, les Bruins, les Capitals et le Lightning, pour ne nommer que ces clubs, dominer outrageusement leurs adversaires selon l'année choisie. Dans l'ombre, les Sénateurs d'Ottawa assemblent présentement le casse-tête qui fera d'eux, d'ici quelques années, une formation ayant tous les outils pour être à son tour citée parmi les puissances incontestées de la Ligue nationale de hockey.

Non, l'équipe n’a pas pris part aux séries éliminatoires. Elle a même conclu le calendrier à l’avant-dernier rang de la division Nord. Mais avec un groupe dont la moyenne d’âge est de 22 ans, il fallait s’attendre à certains passages à vide, à une saison ponctuée de hauts et de bas.     

Et c’est exactement ce qui s’est produit. 

Après un début de saison marqué par une séquence de 13 défaites en 15 matchs (!), Ottawa a su se ressaisir en fin de campagne, étant victorieux lors de neuf de ses 12 derniers duels. Une fin heureuse, comme on dit. 

Et au-delà de tout ça, plus le calendrier progressait, plus il était évident que le bassin d’espoirs et de jeunes joueurs des Sénateurs n’avait rien à envier à celui des autres formations du circuit. 

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D’ailleurs, le défenseur Thomas Chabot (23 ans), l’un des jeunes vétérans du club, n’hésite pas à placer la barre très haute lorsqu'il parle du futur des siens. 

Dans le cadre d’un généreux entretien avec le TVASports.ca, l’arrière originaire de Sainte-Marie-de-Beauce, confiant, n’a pas eu peur de se mouiller. 

«C’est clair que je nous vois faire des ravages dans les prochaines années. Nous comptons sur un intéressant mélange présentement. Du talent, de la hargne, de la vitesse.... Le futur des Sénateurs est très prometteur et c’est encourageant d’y jouer un rôle important.»    

Analyse en profondeur d’un club qui risque d’en faire souffrir plusieurs au cours des prochaines saisons. 

Difficultés... expliquées     

On le disait plus haut, les Sénateurs ont peiné lors des 15 premiers matchs de la saison, handicapant très sérieusement leurs chances de participer aux séries éliminatoires. Dans un calendrier condensé de 56 matchs, un passage à vide de 15 joutes représente après tout plus du quart de la campagne.

Questionné sur les raisons derrière cette longue période d’insuccès, Thomas Chabot y est allé de cette réponse. 

«Honnêtement, on s’attendait à connaître des ennuis lors des premières semaines. Il faut comprendre qu’avec la pandémie, l’équipe n’avait pas joué dans un cadre compétitif depuis dix mois (mars 2020 – janvier 2021). C’est immense! Pendant ce temps, plusieurs clubs de notre division avaient eu la chance de prendre part aux séries 2020, ou à tout le moins à la ronde qualificative. Ce n’est pas une excuse, mais plutôt une réalité. Retrouver un rythme soutenu, c’est parfois long.»

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Les commandes aux jeunes    

Mais Ottawa a quand même fini par retrouver son erre d’aller. Et ç'a coïncidé avec un moment où les dirigeants de l’équipe ont décidé de donner les commandes aux jeunes joueurs. 

D’ailleurs, en jetant un œil rapide aux statistiques du club, on se rend compte que cinq des six premiers pointeurs des «Sens», l'an dernier, (Brady Tkachuk, Josh Norris, Drake Batherson, Thomas Chabot, Tim Stutzle) ont moins de 24 ans. Ils sont accompagnés par Connor Brown, un «petit vieux» de 26 ans. Les défenseurs Erik Brannstrom (20 ans) et Victor Mete (22 ans), sans être électrisants, ont également démontré de très belles choses à la ligne bleue ottavienne.

Et ce n’est pas tout. 

Vers la fin de la campagne, D.J. Smith a choisi de donner du millage à plusieurs autres jeunes éléments remplis de talent. Ainsi, on a pu assister aux débuts de Shane Pinto, Alex Formenton et Jacob Bernard-Docker. Les trois patineurs n’auront peut-être pas une saison complète dans les jambes l’an prochain, mais l’expérience acquise cette année demeure inestimable. 

En coulisses, les jeunes espoirs Lassi Thomson (2019) et Jake Sanderson (2020), deux défenseurs choisis en première ronde, attendent aussi leur tour. 

Le dernier choix de première ronde de l'équipe, Tyler Boucher, est également un pari intéressant. L'attaquant de 6 pieds 1 pouce et 215 livres, décrit comme un «ailier de puissance» par le DG Pierre Dorion, est semble-t-il doté d'un intéressant instinct autour du filet. L'avenir nous dira si Boucher saura faire son chemin jusqu'à la LNH. 

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«Je dois vraiment lever mon chapeau aux entraîneurs, qui n’ont jamais hésité à donner de grosses responsabilités aux jeunes joueurs de l’équipe, et je m’inclus là-dedans, de dire Thomas Chabot. L’approche de D.J. Smith avec nous est formidable. Il nous dit toujours que l’erreur est humaine. Il nous encourage à tenter des choses. D.J. ne met pas la pression sur ses joueurs, mais les pousse plutôt à apprendre de leurs erreurs par eux-mêmes. Les gars n’ont pas peur d’essayer des choses sur la glace. Le coach nous fait confiance et c’est énorme pour nous.»

AFP
AFP

Lorsqu’on lui demande de nous parler de l’ambiance qui règne dans le jeune vestiaire des Sénateurs, Thomas Chabot, amusé, répond ceci.

«On a vraiment beaucoup de fun, c’est sûr, lance le no 72 en riant. On est une gang de jeunes et on a une très belle chimie. On est plusieurs à avoir pas mal le même âge, donc il y a une certaine complicité naturelle. Mais dans cette équipe, tout le monde veut gagner. Bien sûr, on s’entend tous bien, mais tout le monde se présente à l’aréna pour travailler. On aime démontrer qu’on doit être pris au sérieux.»

Et justement, à quel point les Sénateurs doivent-ils être pris au sérieux en vue des prochaines saisons? Le point de vue de Chabot a certainement de quoi faire rêver les amateurs de l’équipe. 

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«C’est clair que je nous vois faire des ravages dans les prochaines années. Nous comptons sur un intéressant mélange présentement. Du talent, de la hargne, de la vitesse.... Le futur des Sénateurs est très prometteur.»

Le talentueux patineur demeure toutefois réaliste et se dit conscient que le chemin ne sera pas exempt d’obstacles. 

«Plusieurs de nos joueurs, l’an prochain, en seront seulement à leur deuxième saison dans la LNH. Je sais que nous serons bons pour très longtemps, mais je m’attends à ce que la compétition soit très relevée l’an prochain. Une saison à la fois!»

«Il m’a vraiment impressionné»    

Comme on vient d’en faire mention, les Sénateurs regorgent de jeunes talents. Mais y en a-t-il un qui sort du lot? Pour Thomas Chabot, oui. Et pas nécessairement celui que vous pensez. 

«Honnêtement, Josh Norris est celui qui m’impressionne le plus. Je sais qu’il passe sous le radar avec tous les jeunes que nous avons, mais il faut que les gens comprennent à quel point il est bon. Ce gars-là est arrivé ici et on lui a donné le rôle de premier centre, un rôle très difficile à assumer pour un joueur peu âgé. Mais il a relevé le défi avec brio. Il est rapide, habile et n’a assurément pas atteint son plein potentiel. Il a aussi démontré qu’il pouvait assumer des responsabilités de toutes sortes. Il est complet.»    

Norris, 22 ans, avait été acquis par les Sénateurs dans l’échange envoyant Erik Karlsson à San Jose. Il avait été repêché en 1re ronde (19e au total) par les Sharks en 2017. 

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En 56 matchs cette saison, il a marqué 17 buts (1er rang de l’équipe – à égalité avec Tkachuk et Batherson) et récolté 35 points (2e rang de l’équipe – à égalité avec Connor Brown). 

«Ce serait un honneur»    

Les Sénateurs ont disputé cette année une troisième saison consécutive sans capitaine. Toutefois, D.J. Smith a mentionné il y a quelques semaines qu’il souhaitait entamer la prochaine campagne en alignant un patineur qui arbore la lettre «C». 

La «lutte» se fera vraisemblablement entre Thomas Chabot et Brady Tkachuk, deux joueurs très importants, mais aussi très différents l’un de l’autre. 

Photo Martin Chevalier
Photo Martin Chevalier

Pour Chabot, se faire offrir le titre de capitaine serait sans aucun doute très flatteur.

«C’est sûr que ce serait un immense honneur pour moi. Je crois avoir démontré mon attachement envers la ville et le club, récemment, en signant une longue entente avec celui-ci. Je prends mon rôle de meneur très au sérieux, mais que je sois nommé capitaine ou pas, je continuerai de montrer la voie à mes jeunes coéquipiers au meilleur de mes connaissances.» 

Voilà des propos qui risquent de faire des heureux chez les dirigeants des Sénateurs, un club qui risque d'en surprendre plusieurs très rapidement... et pour longtemps! 

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