Le président vénézuélien Nicolàs Maduro exhibé comme un trophée par Washington après sa capture par les États-Unis
Marianne Lafleur
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Exhibé comme un trophée par les États-Unis, le président vénézuélien déchu, Nicolàs Maduro, doit comparaître lundi à New York, après sa capture retentissante lors d’une attaque américaine au Venezuela.
L’intervention américaine, marquée par de fortes explosions qui ont secoué Caracas, la capitale du Venezuela, dans la nuit de samedi, visait à amener de force le président vénézuélien Nicolàs Maduro et son épouse Cilia Flores aux États-Unis.

Maduro comparaîtra lundi midi devant un juge sous des accusations de narcoterrorisme et d’importation de cocaïne, entre autres.
Les procureurs cherchent également à saisir tous les biens qu’il aurait acquis avec ses crimes durant ses années au pouvoir, en vertu des lois américaines.
Son arrestation et son transport jusqu’aux États-Unis ont été largement médiatisés et de toute évidence scénarisés par Washington, qui a diffusé des images du dirigeant menotté et les yeux bandés à bord d’un navire d’assaut américain.

Le raid a suscité la grogne chez le fils député du président qui a appelé dimanche ses partisans à descendre dans la rue.
Selon les experts contactés par Le Journal, cette attaque a été perpétrée par les États-Unis, notamment pour qu’ils puissent exploiter le pétrole du Venezuela et contrôler l’Amérique, créant ainsi un «nouvel ordre mondial».
À l’ouverture des marchés asiatiques dimanche soir, le prix du baril de pétrole chutait d’environ 1%. Les experts s’attendaient d’ailleurs à peu de fluctuations dans l’immédiat.
Le Venezuela détient la plus grosse réserve de pétrole confirmée au monde. Sa production a toutefois fortement diminué, passant de 3,5 millions de barils par jour en 2008 à des quantités parfois aussi basses que 400 000 barils actuellement.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Nouvelle dirigeante déjà menacée
Hier, la Cour suprême du Venezuela a déclaré que la vice-présidente et femme de confiance de Maduro, Delcy Rodriguez, assurera l’intérim du pays, une décision que l’armée a reconnue.

Le président Donald Trump a rapidement menacé cette nouvelle dirigeante d’un sort pire que celui réservé à Maduro «si elle ne fait pas ce qu’il faut», selon The Atlantic.
La veille, il avait affirmé que les États-Unis allaient «diriger» le Venezuela, ajoutant qu’il était prêt à y dépêcher des troupes au sol et y lancer une seconde vague d’attaques.
Son chef de la diplomatie, Marco Rubio, a tempéré dimanche ces propos, soulignant que Washington comptait sur Mme Rodriguez et d’autres dirigeants en place pour satisfaire aux exigences américaines.
Réactions mitigées
Tandis que plusieurs pays ont salué la liberté du peuple vénézuélien, d’autres ont vivement critiqué une attaque à la souveraineté du pays.
Du côté des Vénézuéliens, plusieurs manifestants pro-Maduro ont dénoncé l’interventionnisme américain, mais d’autres, qui ont fui leur pays miné par la pauvreté, ont célébré la chute de l’homme dans plusieurs villes du monde, comme à Montréal.
Maduro a dirigé le Venezuela pendant plus de dix ans après des élections générales entachées d’irrégularités.
Trump a mentionné qu’il était trop tôt pour envisager de nouvelles élections dans ce pays de l’Amérique du Sud, mais plusieurs prétendants au trône sont déjà envisagés.
Les guérillas colombiennes qui opèrent à la frontière avec le Venezuela se sont dites prêtes à affronter «les plans impériaux» des États-Unis contre «les peuples du Sud».
- Avec l'AFP et Olivier Faucher