Québec annule les examens du ministère
Daphnée Dion-Viens | Journal de Montréal
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Québec dévoile son plan de match pour aider les élèves en difficulté à passer à travers cette année scolaire tout à fait hors-norme: des services de tutorat et de soutien seront mis en place, les notions à enseigner seront davantage ciblées et les examens ministériels de fin d’année sont annulés.
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La pondération du premier bulletin – qui a été repoussé de deux semaines au début février comme le rapportait Le Journal vendredi – sera aussi réduite, a annoncé le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui veut «réduire la pression» sur les épaules des élèves, des enseignants et des parents en cette année scolaire «exceptionnelle».
M. Roberge en a aussi profité pour faire le point sur la qualité de l’air dans les écoles, affirmant que la ventilation est suffisante dans la vaste majorité des classes où des tests ont été réalisés.
Programme de tutorat
Pour soutenir les élèves qui ont des retards scolaires, des services de tutorat devraient être disponibles à partir de la fin janvier et les services seront gratuits.
Un appel sera lancé auprès du personnel volontaire des centres de services scolaires, des retraités de l’éducation, des étudiants du cégep et de l’université. Les volontaires qui ont manifesté leur intérêt via la plateforme «Répondez présent» seront aussi mis à contribution.
Les profs seront par ailleurs invités à élaguer le contenu enseigné en classe pour se concentrer sur les «savoirs essentiels incontournables». Un guide sera transmis aux enseignants à ce sujet d’ici la fin du mois.
Plusieurs élèves pousseront un soupir de soulagement en apprenant que ces modifications entraîneront l’annulation des épreuves ministérielles de fin d’année, tant au primaire qu’au secondaire.
«On va continuer d’être exigeants, on ne veut pas faire de nivellement par le bas, mais on veut aussi être bienveillants», a affirmé M. Roberge.
Santé mentale
Alors que la détresse psychologique des adolescents fait la manchette depuis le début de la pandémie, Québec crée une application mobile pour leur donner accès à différentes ressources psychosociales. Ils pourront notamment échanger avec intervenants à partir de leur téléphone cellulaire.
M. Roberge a par ailleurs affirmé que sans être parfait, l’automne avait été «réussi sur le plan académique» dans le contexte actuel.
Le ministre considère par ailleurs qu’il y a un «consensus assez fort au Québec pour dire qu’il faut rouvrir les écoles le plus vite possible» malgré l’augmentation du nombre de cas de COVID-19.
Les élèves qui devront être en isolement préventif au cours des prochaines semaines auront tous accès à un appareil informatique s’ils en ont besoin, même au primaire, a précisé le ministre.
M. Roberge promet par ailleurs d’autres mesures à venir pour l’été et la prochaine année scolaire afin de «planifier une continuité pédagogique à long terme».
Accueil favorable
Ces annonces ont été généralement bien accueillies dans le réseau scolaire, tant du côté des syndicats d’enseignants que des directions d’école.
La Fédération autonome de l’enseignement considère toutefois que ces décisions auraient dû être annoncées plus tôt. «Vaut mieux tard que jamais», a lancé son président, Sylvain Mallette.
Certains, comme le Regroupement des comités de parents autonomes du Québec, se demandent toutefois s’il sera possible de recruter un nombre suffisant de tuteurs, alors que les besoins des élèves sont grandissants.
À la Fédération des comités de parents du Québec, on considère toutefois que les mesures d’aide pour faire réussir les élèves «manquent de mordant».
«J’espère qu’il va avoir d’autres mesures qui vont être mises en place, affirme son président, Kévin Roy. Il y a des élèves en deuxième année qui ne savent pas lire encore.»
À l’Assemblée nationale, la député péquiste Véronique Hivon réclame un programme de tutorat très «costaud» qui ne doit pas rater la cible.
«C’est enfin un pas dans la bonne direction, mais il faut vraiment se réveiller. On est déjà rendu en janvier, il va être très important que ça fonctionne», lance-t-elle.