Le PQ veut voir les détails des 600 000 $ investis pour des sondages du gouvernement

Vincent Larin
Partager
Le Parti québécois demande au gouvernement Legault de dévoiler les questions et les réponses des sondages qu’il a commandés depuis le début de son mandat au coût total 600 000 $.
• À lire aussi: Plus de 600 000$ pour des sondages
Selon le chef parlementaire du parti, Pascal Bérubé, il s’agit d’une information d’intérêt public, surtout que ces enquêtes d’opinion ont été réalisées avec les budgets de l’État.
«Je veux être en mesure, tout comme bien des citoyens du Québec, de voir sur quelles bases le gouvernement prend ses décisions et en quoi l’opinion publique influence ces décisions», a-t-il expliqué en entrevue mercredi.
- Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:
Selon lui, un simple député ne pourrait pas utiliser son budget discrétionnaire pour mener un sondage dans sa circonscription alors que pour l’exécutif (le gouvernement) cette démarche semble maintenant «illimitée».
Notre Bureau parlementaire a révélé mardi que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) n’a pas lésiné sur les moyens pour tâter le pouls des citoyens sur différents sujets d’actualité depuis son élection à l'automne 2018.
Dans l’année qui a suivi son arrivée au pouvoir, il a commandé pour 74 438 $ de sondages à la firme SOM. Ce montant a ensuite explosé pendant l’année 2020-2021, avec l’arrivée de la pandémie, alors que le Conseil exécutif a allongé 537 777 $ à des firmes de sondage pour ausculter l’humeur des Québécois.
En comparaison, sous les quatre années de règne du précédent gouvernement de Philippe Couillard, le Conseil exécutif n’avait commandé qu’un seul et unique sondage au coût de 12 980 $.
Questionné à propos de ces coups de sonde, l’attaché de presse de François Legault, Ewan Sauves, indique qu’ils sont «liés à la crise sanitaire».
«Nous étions face à une situation exceptionnelle, à une crise sans précédent, et il était essentiel que les Québécois adhèrent aux mesures de la Santé publique et les comprennent aussi. C’est à ça que ces sondages ont servi», a-t-il précisé.
À savoir si le cabinet du premier ministre autoriserait la publication des questions de ces sondages et des réponses obtenues, Ewan Sauves réfère aux communications du ministère du Conseil exécutif.
Or, selon Pascal Bérubé, sans la publication de ces informations, il est impossible de savoir hors de tout doute si des questions d’ordre «politiques» ont été glissées dans les commandes adressées aux firmes.
«Je demande à voir et j’aurais de la difficulté à comprendre pourquoi le gouvernement du Québec s’y opposerait», a ajouté le député de Matane-Matapédia.
De son côté, Ewan Sauves reproche au PQ d’être «dur à suivre». «On aimerait inviter à la place le PQ à féliciter les Québécois pour leur résilience et leur courage. C’est grâce à leurs efforts qu’on a été en mesure de présenter un plan de déconfinement complet», a-t-il dit.