Départ chez Investissement Québec: le Parti Québécois craint que la filière des batteries tombe à plat


Martin Jolicoeur
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Tandis que le gouvernement Legault refusait hier d’émettre le moindre commentaire, le Parti Québécois se disait « très inquiet » d’apprendre que l’un des principaux architectes de la filière de la batterie électrique au Québec avait quitté Investissement Québec (IQ) pour se lancer en affaires.
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Hier, Le Journal révélait que Karim Zaghib, l’un des chercheurs les plus respectés sur la planète pour ses percées en électrochimie et transition énergétique, avait quitté ses fonctions de conseiller stratégique d’IQ, après avoir lancé aux États-Unis, en toute discrétion, sa propre entreprise dans le secteur des batteries au lithium-ion.

Ce passage de 18 mois suivait une carrière prolifique de plus de 20 ans à l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (IREQ) et comme directeur général du Centre d’excellence en électrification des transports et en stockage d’énergie (CEETSE) d’Hydro-Québec. On estime que son nom est associé à plus de 550 brevets, 60 licences, 22 livres et plus de 425 articles scientifiques.
Nouveau désastre appréhendé
« Sommes-nous en train de revivre le désastre du moteur-roue ? » s’est inquiété hier le critique péquiste en matière d’Énergie, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault. « Je suis très inquiet de voir l’expertise de cet acteur majeur de l’industrie nous échapper et tout aussi déçu de le voir fonder son entreprise en Floride plutôt qu’au Québec. »
Ce dernier rappelle que dès l’étude des crédits d’août 2020, il avait levé le drapeau rouge devant le risque de voir les brevets d’Hydro-Québec lui glisser entre les doigts, alors qu’une entente venait d’être signée avec Mercedes-Benz et que le Dr Zaghib venait de quitter Hydro-Québec.
Sophie Brochu, PDG d’Hydro-Québec, avait alors tenté de se faire rassurante en lançant que M. Zaghib n’était quand même « pas parti en Californie » et que son vice-président David Murray avait repris la responsabilité du CEETSE. Or, M. Murray a quitté depuis Hydro pour Bombardier et M. Zaghib a lancé son entreprise en Floride, note M. Gaudreault.
Mutisme et embarras
Jean Matte, nouveau vice-président principal, Innovation, d’Hydro-Québec, a décliné notre demande d’entrevue. Par la voix de son porte-parole, Hydro s’est dite confiante qu’une «entente de licence d’utilisation sera conclue si certains [brevets] devaient être utilisés» par la nouvelle entreprise de son ex-chercheur vedette et ex-pdg du CEETSE, Karim Zaghib.
Embarrassés, le ministre de l’Énergie, Jonatan Julien, responsable d’Hydro-Québec, a décliné notre demande d’entrevue sur le sujet, tout comme d’ailleurs le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, responsable d’IQ et du développement la filière électrique au Québec.