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Le Journal dans le Maine: le plus gros nom de la LHJMQ à être parti pour la NCAA est en train de faire taire tout le monde

Photo fournie par Anthony DelMonaco
Photo portrait de Kevin Dubé

Kevin Dubé

2025-11-19T05:00:00Z

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ORONO, Maine | Il est un peu passé 17h quand Justin Poirier nous rejoint dans la salle vidéo dernier cri de l’Université du Maine, l’une des nombreuses améliorations apportées grâce aux 48M$ investis dans les installations de l’équipe de hockey des Black Bears, et il est tout sourire.

On peut le comprendre.

Encore une fois, il est en train de prouver à ceux qui doutaient de lui – et ils étaient plusieurs – qu’ils ont eu tort.

«Ça va bien, c’est excitant. Je pense que je me suis bien adapté», nous lance-t-il d’emblée.

Et il est difficile de le contredire. À son premier match dans la NCAA, il a inscrit trois buts. Au moment de la visite du Journal dans le Maine, il venait d’être nommé la recrue du mois dans la division Hockey East de la NCAA et se trouvait au troisième rang pour le plus de buts dans tout le circuit collégial américain, avec neuf buts en dix matchs.

Photo Kevin Dubé
Photo Kevin Dubé

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Le premier à faire le saut

Poirier a déclenché une petite commotion dans le monde du hockey junior québécois lorsqu’il a été le premier gros nom de la LHJMQ à décider de quitter le circuit et de s’enrôler auprès d’un programme de la NCAA grâce au changement de règlements chez nos voisins du Sud.

On avait eu des échos des autres ligues et entendu des rumeurs impliquant de gros noms, les Gavin McKenna, Cayden Lindstrom et compagnie, mais quand Poirier est parti, c’est comme si tout le monde avait réalisé que toute la LCH, la LHJMQ comprise, venait de se voir plonger dans un chaos imprévisible.

Autant en coulisses qu’à micros ouverts, plusieurs ont remis en question cette décision de Poirier. La NCAA est un calibre supérieur à celui de la LHJMQ, puisque les joueurs peuvent y évoluer jusqu’à 24 ou 25 ans. À 19 ans, Poirier était donc très jeune pour rejoindre ce circuit, surtout qu’il mesure 5 pi 9 po et qu’il n’est pas le meilleur patineur.

Certains croyaient même que ce serait tellement difficile pour Poirier de s’établir aux États-Unis qu’il pourrait être de retour dans la LHJMQ après Noël.

«Un boom»

Un peu malgré lui, Poirier s’est donc retrouvé avec le titre de porte-étendard de la LHJMQ, le joueur qui allait devoir démontrer qu’il est possible de faire la transition vers les collèges américains avant l’âge de 20 ans, et ce, sans détenir un statut d’espoir de premier plan comme les choix de premier tour dans la LNH, notamment.

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«J’ai tout vu ça. Ça passait à la télé et il y avait plusieurs articles de journaux qui étaient écrits à mon sujet. J’étais le premier de la LHJMQ à le faire donc ç’a sonné gros et créé un boom. Mais je peux assurer que ce ne fut pas une décision facile», lance-t-il.

En fin de compte, après de nombreuses discussions avec sa famille, son agent ainsi que le personnel des Hurricanes de la Caroline, qui l’ont réclamé en cinquième ronde en 2024, il a décidé de sauter dans le vide et il est en train de gagner son pari.

En 12 matchs, il a marqué dix buts et ajouté cinq passes pour 15 points. Il vient à égalité au troisième rang des meilleurs buteurs dans tout le circuit collégial américain.

«J’aime quand les gens doutent de moi. Je suis un gars qui a toujours bien fait sous pression. Quand les choses vont bien, j’aime réaliser que je suis en train de le mettre dans la face de certains. Je fais mon chemin et il est peut-être en gravelle, mais je vais [réussir] à jouer professionnel. Certains vont douter, mais j’ai pris cette décision pour moi-même et j’ai un plan clair en tête.»

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Rien contre la LHJMQ

Poirier tient à la réitérer; sa décision n’était en rien un désaveu envers la LHJMQ. Même que six mois après sa décision, il avoue ressentir encore un peu de culpabilité quant au fait d’avoir quitté le Drakkar et ses partisans sans que l’équipe ne puisse obtenir quoi que ce soit en retour.

«Des partisans m’ont reproché d’avoir abandonné l’équipe. Je pense que ceux qui connaissent le hockey vont comprendre ma décision.»

Et cette décision, il ne la recommanderait pas à tout le monde, assure-t-il. Plusieurs joueurs de la LHJMQ l’ont contacté, nous avoue-t-il, afin de s’informer sur la NCAA, eux aussi se retrouvant dans un dilemme. Et de gros noms, à part ça.

Mais Poirier s’assure de répondre à quiconque le lui demande que sa situation est unique.

«Ma taille a toujours été un facteur depuis que je suis jeune. Les recruteurs ont toujours douté de moi et, à chaque niveau que je passe et que je vais passer, je vais devoir prouver que je peux y jouer. Ça va toujours me suivre. Si j’avais été un choix de première ronde, peut-être que ma décision aurait été différente. Il y a beaucoup de réflexion derrière ça et je ne regrette rien.»

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