«Le plus grand défi de ma vie»: Dans une entrevue exclusivement en français, Jonathan Toews dit se pincer de pouvoir jouer après avoir été tenu à l'écart en raison de la COVID longue
Le Franco-Manitobain revient de loin, lui qui a dû affronter la maladie et s’absenter durant deux saisons

Antoine Lacroix
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WINNIPEG | Après une pause forcée de deux saisons à cause de la maladie, il y a des matins où Jonathan Toews doit «se pincer» pour réaliser sa chance de jouer pour l’équipe de sa ville natale, mais surtout, en santé.
«Pour moi, ç’a toujours été un rêve de jouer dans la Ligue nationale. Je pensais à ça aujourd’hui même. Si quand j’avais 8 ans, quelqu’un m’avait dit que non seulement j’allais jouer dans la Ligue nationale, mais en plus avec les Jets de Winnipeg. Je ne l’aurais pas cru», a lancé le Franco-Manitobain, lors d’une entrevue avec Le Journal.
Même si on le surnomme «Captain Serious», un petit sourire était perceptible sur son visage.
Ses Jets venaient de l’emporter 5 à 3 contre les Flames, à domicile. Et le «p’tit gars de la place» avait réussi à trouver le fond du filet pour la toute première fois devant des partisans aux cœurs déjà conquis d’avance.

Se refaire une santé
Mais le but de l’entretien n’était pas de lui parler de sa performance de la soirée.
C’est que l’attaquant de 37 ans revient de loin. Il a dû s’absenter et arrêter de jouer au sport qu’il adore pour se refaire une santé.
Il a été tenu à l’écart à cause de symptômes de la COVID longue, mais aussi en raison du syndrome de réponse inflammatoire systémique. Le champion de trois coupes Stanley avec les Blackhawks de Chicago avait fait l’annonce en 2021 qu’il souffrait de cette maladie, mais c’est seulement en 2023 qu’il a pris la décision déchirante qu’une pause était nécessaire.
«À un certain point, il fallait que je lâche prise et que j’arrête de penser au hockey. Il fallait que je me concentre sur mon corps pis mon bien-être», a expliqué Toews, dans un français parfait, sa maman étant native de la Beauce.
Un séjour en Inde
Son parcours de guérison sinueux, pour tenter de comprendre ce qui l’affligeait, l’a même fait douter qu’il allait un jour pouvoir rejouer au hockey de manière professionnelle.
Sa quête l’a mené jusqu’en Inde. C’est là qu’il a entrepris une cure de détoxification ayurvédique appelée «Panchakarma», ce qui a changé sa façon de voir la vie.
«Il fallait que j’apprenne à être capable de faire autre chose qui m’apporte de la joie. Pour moi, c’était important de trouver un balan à part du hockey, a raconté Toews. J’ai une meilleure capacité à écouter mon corps, à trouver mon calme. C’est important de bien dormir et d’éviter le stress et les émotions négatives.»
Ça lui a permis aussi d’ouvrir les yeux et de réaliser qu’il brûlait la chandelle par les deux bouts.
«Je suis très fier d’avoir passé au travers des moments difficiles. Ç’a été le plus grand défi que j’ai fait face dans ma vie, a avoué le hockeyeur. On apprend à mieux se connaître soi-même quand on passe au travers de quelque chose comme ça.»
Moins penser aux résultats
Jonathan Toew tente désormais de moins se préoccuper des résultats, mais surtout de «profiter de l’instant présent», lui qui est «reconnaissant» d’être en santé.
«Je reconnais maintenant que ma carrière, ça va finir un jour. Pour moi maintenant, c’est juste d’absorber chaque moment, d’apprécier chaque moment, a-t-il avoué. C’est un privilège de vivre ce que je vis.»
D’avoir sa famille maintenant à proximité l’aide dans ce nouvel équilibre, bien qu’ils comprennent que les obligations d’un athlète professionnel sont exigeantes.
«C’est le fun ! Ma famille et mes amis, ils trouvent ça bizarre qu’on peut se voir un mardi, rigole Toews. Avant, on se voyait deux fois par année, pis l’été, et c’est tout. [...] J’ai du bon support, je suis bien entouré.»
Une chose est certaine, il va aussi pouvoir compter sur les partisans de Winnipeg tout au long de la saison, alors qu’il y a signé un contrat d’un an. Il est de loin le favori de la foule.