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Le pitoyable spectacle de Meghan et Harry

Photo AFP
Photo portrait de Josée Legault

Josée Legault

2021-03-09T10:00:00Z

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Aucune classe sociale n’a le monopole en familles dysfonctionnelles. Certaines sont cependant plus spectaculaires et payantes que d’autres. Le prince Harry et son épouse Meghan semblent l’avoir bien compris. Leur entrevue « choc » sur le réseau CBS avec l’influente animatrice américaine, Oprah Winfrey, le confirme d’emblée. 

Non rémunérés pour leur performance, à terme, leur visibilité planétaire dans le rôle prisé de victimes souffrantes d’une famille royale soi-disant méchante et raciste, leur rapportera gros. (Désolée pour le manque d’empathie.)

Déjà installés douillettement dans leur luxueux domaine californien, Meghan et Harry sont aussi parés de contrats lucratifs avec Netflix et Spotify – autres temps, autres empires. Le tout précédé d’héritages touchés par Harry de sa mère et de son arrière-grand-mère valant quelques dizaines de millions d’euros.

Nul besoin de s’inquiéter pour leur avenir financier. Idem pour CBS et Oprah Winfrey (déjà milliardaire). Selon le Wall Street Journal, l’entrevue « choc » et sa ribambelle de retombées médiatiques leur promettent une mine d’or. La misère des gens riches et célèbres est parfois bien relative.

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Bombe

Sans balayer pour autant le tout du revers de la main, il était néanmoins étonnant de voir Meghan s’apitoyer, en pleine pandémie, sur le présumé « confinement » qu’elle aurait vécu chez les Windsor avant son mariage princier.

Le pire étant LA bombe lancée à propos de remarques racistes faites par la famille royale, mais on ne sait trop qui, sur la « couleur » qu’aurait la peau de leur premier bébé. Meghan Markle étant d’origine métissée. 

Dans l’effeuillage sensationnaliste qu’enfantera longtemps cette entrevue, Oprah Winfrey disait hier que ces « remarques » ne venaient ni de la reine ni de son mari Philip, les grands-parents de Harry. Comme c’est charitable de sa part de le préciser après-coup.

Qu’à cela ne tienne, qu’il y ait ou non la preuve bétonnée de ce qu’avance le couple, pour la monarchie, le dommage est fait. Cela dit, elle y survivra, comme à tout le reste. 

Du pain et des jeux

Les tabloïds britanniques en feront leurs choux gras. Pour une prochaine saison de la série The Crown, le récit de Meghan et Harry dépassera toute fiction. Bref, il y aura à boire et à manger pour plein de monde.

Au fil du temps, à Buckingham Palace, il n’a pourtant jamais manqué de vraies victimes, dont Lady Diana, mère de William et Harry. Libérée de son long mariage toxique avec le prince Charles, à 36 ans, elle périssait à Paris, en 1997, dans un horrible accident de voiture. 

Dès après son arrivée comme fiancée bénie de l’héritier du trône, Diana, jeune femme lumineuse, en baverait beaucoup. Prise avec un mari amoureux d’une autre, elle basculerait dans l’anorexie et la dépression.  

Tant que les apparences tiendraient bon, elle servirait surtout à redorer l’image d’une monarchie défraîchie tout en donnant à la reine deux futurs nouveaux héritiers mâles et parfaits en toutes choses. 

Du moins, jusqu’à ce qu’elle ouvre elle-même les portes de sa cage dorée et trompeuse pour s’en extirper enfin. L’histoire de Diana fut dramatique. 

Jusqu’à preuve du contraire, celle de Meghan et Harry, c’est du spectacle. Ça tombe bien pour eux. En temps de crise, la demande pour du pain et des jeux est toujours élevée.

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