Grève dans le secteur ferroviaire: «Ça ne pouvait pas arriver à un pire moment»

Laurence Morin
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Le conflit de travail dans le secteur ferroviaire «ne pourrait pas arriver à un pire moment» pour le secteur de l’alimentation, et les conséquences pourraient être désastreuses, soutient un spécialiste de l’industrie agroalimentaire à l’Université Dalhousie.
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Le début de la saison des récoltes s’annonce difficile si une grève et un lock-out au CN et au Canadien Pacifique Kansas City (CPKC) s’enclenchaient jeudi, explique Sylvain Charlebois, de passage à Mario Dumont, mercredi.
Le spécialiste se dit «certain» qu’une grève s’enclenchera dès demain dans le secteur ferroviaire, et qu’il y aura un «arrêt complet».
Le secteur ferroviaire est très sollicité par la chaîne d’approvisionnement alimentaire, alors que les producteurs ont besoin des rails de train pour vendre les produits du Québec, d’où l’importance que ce conflit «se règle rapidement», émet-il.
Impacts sur la qualité des produits
Les délais pourraient «compromettre la qualité des produits des récoltes», indique-t-il. Les agriculteurs pourraient ainsi perdre des revenus.
Les impacts du conflit de travail pourraient également rendre plus difficile l’accès de certains ingrédients pour les manufacturiers.
M. Charlebois note d’ailleurs que des délais en ce qui concerne la chaîne froide ont déjà été rapportés depuis vendredi dernier.
Impact sur les prix
«Je m’attends à des tablettes vides, mais pas comme en mars 2020, lors du confinement», commente M. Charlebois.
Les prix pourraient être affectés par cette grève, et ce, pour «chaque jour de conflit», confirme-t-il.
Il soutient d’ailleurs que «ça prend sept jours pour retourner à un horaire normal pour ce qui est du transport ferroviaire à travers le pays».
Ainsi, «chaque jour sera important», puisque si la grève dure une semaine, cela pourrait prendre plus d’un mois avant de revenir à la normale.
Plan B pour les entreprises
Depuis plusieurs semaines, les entreprises se préparent en vue de ce conflit de travail en développant de nouvelles stratégies pour transporter leurs produits. «Certaines entreprises sont prêtes à absorber ce coup-là pour quelques jours, mais pas plusieurs semaines», poursuit-il.
«Il y a tellement d’impacts. Je suis surpris qu’on n’en ait pas entendu [parler] plus que ça», souligne le spécialiste de l’industrie agroalimentaire à l’Université Dalhousie.
Les coûts de transport sont également en hausse, puisque les entreprises se tournent vers les camionneurs en guise de plan B, ce qui pourrait coûter trois fois plus cher avec un temps de transport plus important, précise-t-il.
Le moyen de transport le plus dispendieux est le camionnage. Il n’y a toutefois pas assez de camions «pour couvrir l’écart qui va être créé avec le conflit de travail», insiste-t-il.
Voyez l’entrevue complète avec Sylvain Charlebois, ci-dessus.