Le petit côté jaloux de Manon Rhéaume

Mylène Richard
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Il n’y a pas un meilleur exemple de pionnière au hockey que Manon Rhéaume: première fille au Tournoi pee-wee de Québec, dans la LHJMQ, à signer un contrat professionnel, à jouer chez les pros, tant au hockey qu’au roller-hockey, et seule femme à avoir participé à des matchs préparatoires dans la LNH.
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«Ce qui est le plus satisfaisant dans tout ce que j’ai accompli, c’est certainement de savoir que j’ai pu influencer ou inspirer quelqu’un», a humblement dit l’ancienne gardienne quelques minutes avant d’être intronisée au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec, lundi soir, au Club de golf métropolitain Anjou, à Montréal.
Sans le savoir, Rhéaume a permis à des fillettes de s’imaginer aux Jeux olympiques et dans la Ligue nationale. Aujourd’hui, il y a même la Ligue professionnelle de hockey féminin, au sein de laquelle jouent Marie-Philip Poulin et la Victoire de Montréal.
«Je suis jalouse! J’aurais tellement aimé vivre ça! Quand j’ai vu le repêchage initial, quand Taylor Heise a été le premier choix, j’avais les larmes aux yeux. Ça aurait été un rêve pour moi d’être repêchée», a indiqué la vice-championne olympique aux Jeux de Nagano, en 1998.

L’autre pionnière
Cette semaine, à Montréal, il y avait une autre pionnière du hockey. Jessica Campbell, la première femme derrière un banc de la LNH, est entraîneuse adjointe avec le Kraken de Seattle.
«Dans mon cas, j’étais jeune et je ne réalisais pas l’impact que j’avais. Elle, elle le sait. Elle ne fait pas ça juste pour elle. Je sais comment elle se sent, je comprends ce qu’elle vit. Elle aura toujours quelque chose à prouver», a souligné Rhéaume, qui a justement rencontré Campbell plus tôt dans la journée.
«Avec les hommes, je ne pouvais pas avoir une mauvaise game si je voulais en jouer d’autres. Quand je revenais avec l’équipe nationale féminine, j’avais encore de la pression, parce que j’étais la femme qui avait joué professionnel, alors je devais être parfaite», a mentionné la native de Lac-Beauport.
Et, même si elle gagnait un match, Rhéaume avait l’impression qu’il s’agissait d’un soulagement pour tout le monde. Elle sentait que l’entraîneur prenait un risque en l’envoyant dans la mêlée, car sa présence n’était pas acceptée de tous.
«Même Phil Esposito [l’ancien directeur général du Lightning] était plus nerveux que moi. Je ne jouais pas juste pour moi, mais pour Tampa Bay qui m’avait invitée et pour toutes les autres femmes. J’ai réalisé plus tard que j’avais aidé d’autres personnes à faire leur chemin», a-t-elle ajouté.

Le Bye Bye
Dans les années 1990, la Québécoise de 52 ans n’a pas eu à gérer les mesquineries sur internet, comme Campbell doit le faire aujourd’hui. En contrepartie, Rhéaume et sa publicité de Toyota ont été parodiées lors du Bye Bye de 1993.
«On le regardait chaque année. Je vais toujours m’en souvenir. Dominique Michel n’était pas capable d’arrêter une rondelle et elle avait sauté sur l’auto. Si tu étais dans le Bye Bye, c’est que tu avais fait quelque chose de marquant. C’était tellement drôle!»
«Je suis très contente d’avoir vécu ma carrière sans les réseaux sociaux! Je ne sais pas comment j’aurais fait. Les gens m’envoyaient des lettres plutôt positives par la poste. J’ai pris le temps, avec ma mère, de toutes les lire», s’est rappelé Rhéaume, dont les parents demeurent encore dans la région de Québec.
Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec
Les nouveaux immortels
Patrice Bernier (soccer)
Martine Dugrenier (lutte libre)
Dominique Maltais (surf des neiges)
Manon Rhéaume (hockey)
Tania Vicent (patinage de vitesse courte piste)
Jacques Dussault (bâtisseur – football)
Gaston Marcotte (bâtisseur – multisport et sciences du sport)
Hiroshi Nakamura (bâtisseur – judo)