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Le père de Félix Auger-Aliassime a aimé sa retenue

Photo portrait de Jessica Lapinski

Jessica Lapinski

2022-02-15T13:34:26Z

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Sam Aliassime est fier de son fils. Fier de ce premier titre ATP, raflé dimanche après avoir essuyé huit échecs en finale. Mais fier, surtout, de la retenue dont Félix a fait preuve une fois la victoire en poche. Car, pour la famille, l’objectif ultime demeure le même : un titre majeur.

«Ce que j’ai aimé [dimanche], c’est que je ne l’ai pas vu pleurer ni se jeter par terre. Parce que s’il pleure ou qu’il se couche par terre, ça veut dire que c’est la fin, qu’il a tout gagné. Ça, c’est pour les Grands Chelems», a rigolé le père du jeune champion de Rotterdam, hier.

En conférence de presse depuis le Club Avantage de Québec, où il dirige son académie de tennis, M. Aliassime a rappelé qu’il était attendu, ce premier trophée individuel. Il y a trois ans, Félix disputait sa première finale à Rio. Ce fut le premier d’une séquence de huit échecs dans les matchs ultimes.

«Pas la même personne»

Mais Sam Aliassime n’a jamais cessé de croire au potentiel de son fils. Lui-même entraîneur, il commence à bien comprendre la recette pour créer un champion. Selon lui, si Félix a trébuché à ses huit premières finales, c’est qu’il n’était pas prêt.

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«Il lui manquait la finition, le polissage, l’expérience. On est dans l’ATP. Ça lui prenait l’expérience pour gérer ce niveau de jeu. La demi-finale, c’est bien différent de la finale. C’est le dernier match, on voit le trophée, on n’est pas la même personne qu’au début d’un tournoi», a-t-il pointé.

Et plus que la finalité, ce qu’il a aimé de la dernière semaine de Félix, c’est la qualité de jeu qu’il a démontrée au fil de chaque rencontre. Avant de battre le quatrième mondial Stefanos Tsitsipas dans le dernier match, la raquette de 21 ans a éliminé des joueurs de la trempe d’Andy Murray et un autre membre du top 10, Andrey Rublev.

«Félix a présenté un très bon niveau de jeu. Je pense que c’est assez intéressant de voir ça. Il a gagné le titre, mais ce n’est pas en battant des joueurs classés 50es au monde», a soulevé le papa.

Déchirer sa chemise

Hier avant-midi, M. Aliassime n’avait toujours pas parlé à son garçon, qui pointe ce matin au neuvième rang mondial, un sommet. Ils se sont vus sur Facetime quelques instants après la victoire, car un membre de l’équipe de Félix l’a appelé depuis les estrades.

«Lorsque je vais lui parler, je ne lui dirai pas grand-chose. Je vais le féliciter, puis lui dire de rester concentré. C’est un milieu particulier. Le rôle du parent, c’est de le garder dans la bonne voie.»

À l’entendre, on comprend que Sam Aliassime tombe rarement dans l’effusion de joie. Malgré l’importance du moment, il y est allé de sa réponse habituelle quand Jacques Hérisset lui a envoyé un message texte après la victoire de Félix : «On avance.»

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Mais «Jack» a aussi livré une anecdote intéressante hier, qui tranche avec le calme que dégage le père de Félix. «Il est nerveux comme un plat de nouilles quand il regarde un match de son fils!» a-t-il lancé.

«Quand il va gagner un Grand Chelem, je vais déchirer ma chemise, a d’ailleurs confirmé en riant M. Aliassime. Je ne sais pas quand ça va arriver, mais ça va arriver un jour.»

«Team Aliassime» pour les jeunes

Pendant que Félix Auger-Aliassime trimait dur sur les courts à Rotterdam, son père travaillait fort afin de mettre sur pied un programme pour aider les jeunes Canadiens à jouer au tennis.

Hier, Sam Aliassime a annoncé que serait lancé sous peu un programme appelé «Team Aliassime», soutenu par la banque BNP Paribas.

«Le but est de supporter les jeunes joueurs. On ne veut pas que ce soient seulement les jeunes qui ont des moyens qui puissent jouer au tennis», a expliqué M. Aliassime.

Ce programme existe aussi en France et aux États-Unis, sous le nom de «Team Tsonga» – inspiré de Jo-Wilfried Tsonga – et de «Team McEnroe», en référence, bien sûr, à l’ex-numéro 1 mondial John McEnroe.

Vouloir travailler

«Dès la semaine prochaine, on va mettre sur pied les critères pour sélectionner entre cinq et huit joueurs qui vont être supportés par la banque dans les trois prochaines années», a expliqué le directeur de l’Académie de tennis Aliassime.

L’accent sera mis, dit-il, surtout sur les joueurs «qui veulent travailler». Les athlètes choisis auront entre 10 et 17 ans.

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