Le pêcheur extrême Cyril Chauquet se confie: la fois où il a eu peur pour sa vie!
«Mordu de la pêche» avec Cyril Chauquet, de retour le 10 avril à 21 h, sur Évasion
Nathalie Slight
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Avec son audace, Cyril Chauquet a réussi à transformer la pêche en aventure extrême, repoussant les limites d’un loisir qu’on croyait tranquille. Le Québécois d’adoption revient avec une toute nouvelle saison de Mordu de la pêche, émission regardée dans 170 pays à travers le monde.
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Cyril, tu es né en France. Qu’est-ce qui t’a amené à vivre au Canada ?
J’ai grandi en Haute-Savoie, mais d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu cette envie de vivre en Amérique du Nord. Jeune, j’étais passionné de skateboard. Je regardais en boucle des vidéos de ce sport, qui provenaient en majorité de Californie. Le soleil, la mer, le surf... Je voulais vivre le rêve américain. Voilà pourquoi j’ai fait une partie de mes études en administration aux États-Unis.
Et comment la pêche est-elle entrée dans ta vie ?
Une fois mon diplôme obtenu, je me suis installé à Paris. J’étais gestionnaire de compte pour une compagnie qui vendait des solutions internet à de grandes entreprises parisiennes. J’allais rencontrer des clients, habillée en habit, toujours avec cravate assortie. (rires)

Un univers complètement différent que celui de la pêche !
Effectivement, oui. Dans le cadre de mon travail, j’ai commencé à organiser des voyages de pêche pour mes clients. J’avais notamment déniché une magnifique rivière marocaine remplie de poissons, située en plein cœur du désert, où il est possible de pêcher à travers les dunes et les colonies de flamants roses. Je me suis associé à un voyagiste spécialisé dans les escapades de pêche, pour faire découvrir ce petit paradis aux Français.
À quel moment as-tu quitté ton emploi dans le domaine de l’administration, pour vivre uniquement de la pêche ?
Pendant une bonne période, je combinais mes deux emplois. J’accompagnais des clients non seulement au Maroc, mais également aux Maldives, à Madagascar, à Cuba. Lors de ces voyages, j’en profitais pour découvrir la culture de l’endroit, rencontrer par exemple le grand-père du village qui m’emmenait pêcher dans son vieux canot. À chaque fois, je n’en revenais pas de vivre ça, je me suis dit que le seul moyen de faire vivre ces escapades à plus de gens, c’était d’en faire une émission de télévision.
Es-tu allé le proposer à un diffuseur ?
Sur papier, c’était une super bonne idée. Mais j’étais conscient que je ne pourrais jamais vendre le concept, puisque je n’étais pas producteur et que je n’avais aucune expérience en animation. En plus, à l’époque, dans la tête de bien des gens, la pêche n’était pas quelque chose de très passionnant. Voilà pourquoi j’ai décidé de tourner une émission pilote, financée avec mes propres économies.
Voilà la preuve que tu croyais vraiment en ton projet !
Effectivement, oui. Comme mon ancienne amoureuse travaillait dans le domaine des communications, elle m’a présenté un caméraman, puis nous sommes partis ensemble tourner dans mon petit coin de paradis marocain. Mon but avec ce démo était de vendre mon idée à un diffuseur, sans me douter que 20 ans plus tard, je serais toujours là, à partager ma passion pour la pêche au monde entier.
Tu as visité plus d’une centaine de pays à travers le monde. Comment choisis-tu tes destinations ?
Je souhaite découvrir de nouveaux poissons. Récemment, je me suis rendu en Mongolie, pour pêcher le taimen. Je rêvais depuis des années de mettre la main sur ce poisson, l’un des plus gros salmonidés au monde. En 20 ans, j’ai pas mal pêché tous les poissons qui existent. Mais des centaines de nouvelles espèces sont identifiées chaque année, alors je ne vois pas le jour où j’aurai fait le tour de tous les lacs, les rivières et les océans.
Quelle est ton anecdote de pêche la plus mémorable ?
J’étais en Afrique de l’Ouest, plus précisément au Gabon. Là-bas, les forêts sont habitées par des éléphants, plus petits et plus agressifs. J’en sais quelque chose puisque lorsque j’étais en train de pêcher sur les rives d’un lagon, je me suis fait charger. Quand une bête de trois tonnes fonce vers toi, ton instinct de survie prend le dessus. J’ai couru comme jamais dans ma vie !
As-tu abandonné ta canne à pêche sur la rive ?
Jamais de la vie ! (rires) Mon caméraman a continué à tourner, tout en déguerpissant à toute allure. Cela dit, même si nous pêchons dans des conditions extrêmes, je suis moins téméraire que dans mon jeune temps. C’est notamment la paternité qui m’a rendu plus prudent. Par amour pour mes filles, j’évite de me mettre dans des situations dangereuses.
Pourtant, sur l’une de tes plus récentes vidéos publiées sur ton compte Instagram, on te voit camper non loin d’un énorme caïman...
À force de pêcher, je connais très bien les comportements des animaux. Bien qu’impressionnant, le caïman ne se sentait pas menacé par notre présence, il n’était pas en mode attaque. Par contre, ça fait une belle anecdote à raconter. (rires)
As-tu transmis ton amour de la pêche à tes filles ?
Pas vraiment. Elles m’ont déjà accompagné, l’expérience ne leur a pas particulièrement déplu, mais c’est loin d’être une passion. Margaret (13 ans) et Alexia (11 ans) partagent d’autres passions avec moi, comme le ski et les voyages. Cet été, nous irons visiter notre famille ensemble en France. J’habite au Québec depuis 20 ans, mes filles sont nées ici, je trouve important qu’elles conservent des liens avec mon pays d’origine.
En terminant, tu ne te contentes pas uniquement de pêcher, tu milites pour la protection de l’environnement.
C’est une cause qui me tient profondément à cœur. J’ai voyagé un peu partout sur la planète et le constat est le même partout : les populations de poissons sont en déclin. Il y a certains endroits où je ne peux plus pêcher, tout simplement parce qu’il n’y a plus de vie aquatique, à cause des changements climatiques. Voilà pourquoi je m’implique dans plusieurs programmes en lien avec la protection de l’environnement, pour laisser une planète en santé à mes filles.