Le patron de l’écurie de Stroll quitte le navire


Louis Butcher
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La rumeur circulait en Formule 1 depuis quelques mois déjà et elle a été confirmée mercredi par Aston Martin, dirigée par l’homme d’affaires montréalais Lawrence Stroll.
Otmar Szafnauer quitte son poste de directeur général de l’écurie et son départ est immédiat.
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«Nous tenons à le remercier pour son travail acharné mené auprès de notre organisation au cours des 12 dernières années, peut-on lire dans le communiqué de l’entreprise dont les ateliers sont situés à proximité du circuit de Silverstone, au Royaume-Uni. Nous lui souhaitons bonne chance dans ses projets futurs...»
Or, ce nouveau défi pourrait être celui de rejoindre les rangs de l’écurie de F1 Alpine, dans un rôle tout aussi important.
Âgé de 57 ans, Szafnauer est né à Semlac, en Roumanie, d’un père d’origine allemande et d’une mère roumaine. Ses parents ont déménagé dans la région de Detroit, aux États-Unis, alors qu’il n’était âgé que de sept ans.
«De pures spéculations»
La très crédible publication française «AutoHebdo» avait avancé, en novembre dernier, que Szafnauer était pressenti pour prendre la direction d’Alpine dans un vaste plan de restructuration envisagé par l’organisation française à l’aube de la nouvelle saison de F1.
Mis au parfum de cette rumeur, le principal intéressé avait clairement démenti un éventuel transfert chez les Bleus.
«Les rumeurs sont de pures spéculations des médias et ne sont pas basées sur des faits, avait alors affirmé Szafnauer. Ça fait 12 ans que je fais partie de l’équipe et je n’ai aucune intention de partir. Je vous rappelle, avait-il renchéri, que j’ai un contrat à long terme avec Aston Martin.»
Mais bon, en F1, toute entente, qu’elle soit ferme ou pas, peut être résiliée à tout moment. Ce divorce confirmé en est un autre exemple. Et Szafnauer a bien caché son jeu.
En septembre dernier, l’écurie Aston Martin, qui fait courir Lance Stroll, le fils du propriétaire, et le quadruple champion du monde, l’Allemand Sebastian Vettel, avait recruté Martin Whitmarsh, ex-dirigeant de McLaren F1, pour occuper les fonctions de président et directeur général d’Aston Martin Performance Technologies, une structure qui contrôle notamment les activités de l’écurie de F1.
Cette nomination aurait choqué Szafnauer et ce dernier a probablement senti un message clair qu’il n’était plus l’homme de la situation.
Sous son règne, amorcé en 2009, Szafnauer a fait progresser une équipe, connue d’abord sous l’appellation Force India, aux moyens plutôt limités.
Une année de déboires
En 2020, l’écurie alors rebaptisée Racing Point s’est signalée en complétant la saison au quatrième rang du classement final des constructeurs de F1, échappant la troisième position au profit de McLaren au terme de la toute dernière épreuve de la saison à Abou Dhabi.
Douze mois plus tard, après avoir conduit sa formation à la meilleure saison de son histoire avec une récolte de 195 points et une première victoire (celle de Sergio Perez au Grand Prix de Sakhir), c’est un bilan plutôt désastreux qu’a dressé l’équipe renommée Aston Martin en 2021.
Ses deux pilotes n’ont totalisé que 77 points sur l’ensemble de la saison, avec une seule présence sur le podium quand Vettel a rallié l’arrivée à la deuxième place au Grand Prix d’Azerbaïdjan, le 6 juin.
L’identité du remplaçant de Szafnauer sera connue à une date ultérieure. «Nous sommes dirigés par un groupe de personnes très compétent, peut-on lire dans le communiqué d’Aston Martin, et nous allons prendre le temps d’explorer les options avant d’annoncer la nouvelle structure de notre équipe.»
La saison 2022 du Championnat du monde de F1 qui, en principe, doit comporter un record de 23 courses, s’amorcera le 20 mars à Bahreïn. Le retour du Grand Prix du Canada, après deux ans d’absence, est prévu pour le 19 juin, si, évidemment, la situation sanitaire le permet, ce qui n’est pas certain.