Tous les résultats
Publicité

Le patron de Desjardins pense que le retour de Trump «accroîtrait l’instabilité économique»

Il cite ses économistes qui préviennent que son retour pourrait amener des vents de face

Photo portrait de Francis Halin

Francis Halin

2024-10-03T17:00:00Z
2024-10-03T19:54:20Z

Partager

Deux mois après que le premier ministre François Legault eut qualifié Donald Trump de «républicain un peu spécial», le PDG de Desjardins a affirmé devant la communauté d’affaires jeudi qu’«un retour du candidat républicain à la Maison-Blanche accroîtrait l’instabilité économique».

«Selon les économistes de Desjardins, un retour du candidat républicain à la Maison-Blanche accroîtrait l’instabilité économique et géopolitique mondiale», a prévenu sans détour Guy Cormier, président et chef de la direction Desjardins, en se gardant bien cependant de prononcer le nom de Donald Trump dans son discours.

Programme en cause

Guy Cormier, à la tête de l’institution financière de 444 milliards de dollars d’actifs, a fait cette déclaration au Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), jeudi midi.

«Le programme républicain pourrait affaiblir la position concurrentielle des entreprises québécoises et canadiennes, mais l’impact de certaines propositions est difficile à anticiper», a expliqué Guy Cormier, devant un parterre de gens d’affaires.

«La multiplication de tarifs douaniers et l’expulsion massive d’immigrants sans statut pourraient avoir des effets contre-productifs sur l’économie américaine», a-t-il prévenu.

«Républicain un peu spécial»

En juillet dernier, à une question du Journal, le premier ministre du Québec, François Legault, avait qualifié en Donald Trump de «républicain un peu spécial».

Publicité

«Pendant beaucoup d’années, les démocrates étaient plus protectionnistes que les républicains. Là, on a un républicain un peu spécial», avait-il laissé tomber.

Trois questions à Guy Cormier

En marge de son allocution au CORIM, le président et chef de la direction Desjardins a répondu à trois questions du Journal.

Pourquoi certains membres sont-ils choqués de perdre leur guichet?

Alors qu’une énième manifestation s’organise le 8 octobre prochain pour dénoncer des fermetures de guichets dans Charlevoix, Guy Cormier s’est dit  «sensible» à cette réalité et a admis que c’était même l’un de ses défis les plus grands en huit ans à la tête du mouvement. «Nos administrateurs de caisses ne se lèvent pas en se disant: ''C’est une belle décision. Ils savent que ça aura de l’impact dans les milieux''», lance-t-il. Il rappelle que l’utilisation des guichets est en chute libre. «Année après année, c’est en baisse de 10%, malgré tout en en gardant encore 1500», analyse-t-il.

Faut-il une loi plus sévère pour contrer la fraude?

Lors d’un passage au 98,5, Alexandre Plourde, avocat chez Option consommateurs, a dit vouloir que les lois se resserrent comme au Royaume-Uni pour que les institutions financières en fassent plus quand leurs clients subissent des fraudes. «Je ne sais pas si c’est d’une loi plus sévère qu’ils ont besoin versus l’accompagnement», a répondu Guy Cormier lorsqu’interrogé par Le Journal. «C’est un fléau. On fait beaucoup d’éducation financière», indique-t-il. Il dit avoir maintenant une équipe composée de psychologues et d’avocats pour les aider avec possibilité d’obtenir 50 000$.

La «bombe hypothécaire» a-t-elle éclaté?

Il y aura 80% plus de renouvellements d’hypothèque en nombre l’an prochain que cette année, souligne Guy Cormier. Cette «bombe hypothécaire» a-t-elle éclaté? «Personne ne nous remet les clés. Il n’y a pas d’augmentation de délinquance. Les gens ont relativement maintenu leur emploi. (...) Ils sont capables et réallouent leurs dépenses discrétionnaires», note-t-il. Par rapport aux amortissements de 30 ans qui finiront par coûter plus cher, Guy Cormier voit cela d’un autre œil: «Peut-être que ça va coûter plus cher, mais à un moment donné on fait l’hypothèse que la valeur de la propriété va progresser», résume-t-il.

Vous avez un scoop à nous transmettre?

Vous avez des informations à nous communiquer à propos de cette histoire?

Écrivez-nous à l'adresse ou appelez-nous directement au 1 800-63SCOOP.

Publicité
Publicité