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Le parlement n'est plus un «boy's club»

Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Photo portrait de Rémi Nadeau

Rémi Nadeau

2023-02-18T05:00:00Z

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La nouvelle présidente de l’Assemblée nationale est catégorique : le fait d’être une femme teintera son règne. Nathalie Roy espère inspirer une nouvelle génération de jeunes femmes et souhaite que son exemple leur donne la confiance nécessaire pour défoncer de nouvelles portes.

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La députée de Montarville n’est pas la première, mais elle est devenue une pionnière en étant élue présidente de l’Assemblée nationale le 29 novembre dernier.

Depuis 1867, une seule autre femme a atteint cette fonction prestigieuse dans la maison du peuple, trop longtemps majoritairement composée d’hommes. Louise Harel a brisé le plafond de verre en occupant le poste pendant à peine plus d’un an en 2002-2003, il y a 20 ans. Pour sa première entrevue, Nathalie Roy assume pleinement sa volonté de marquer les esprits en tant que femme ayant accédé à cette haute fonction.

« Je ne pensais pas me servir de ça un jour, de mon genre. Mais je me retrouve dans une position où je me fais dire par des jeunes filles, “c’est toi, une fille qui est en avant (...) c’est impressionnant”, et je leur dis, “mais ça pourrait être toi” », témoigne-t-elle avec passion.

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Donner confiance

Elle insiste sur cette volonté de passer le flambeau. De faire en sorte que sa réussite devienne contagieuse. 

« Surtout donner confiance aux jeunes filles. Moi, avant que j’aie confiance en moi, j’étais rendue à l’âge de 40 ans », dit celle qui en a 58 aujourd’hui.

Jusqu’ici, après un passage plutôt houleux comme ministre de la Culture, elle a agréablement surpris ses pairs et les observateurs dans le rôle d’arbitre au Salon bleu.

Pourtant, des députés grinçaient des dents lorsque son nom a circulé pour occuper le fauteuil central au parlement.

On la jugeait trop partisane. Elle le sait, mais n’affiche aucun regret.

« Oui, j’étais très partisane, notamment dans mon rôle de députée d’opposition (de 2012 à 2018). Feue Sylvie Roy me disait, en politique, si on ne te voit pas, tu n’existes pas. Alors je me suis dit, on va me voir et on va m’entendre. »

Ironiquement, lorsqu’on demande aujourd’hui en quoi le fait d’être une femme peut la démarquer à la présidence, elle pointe sa... voix.

« Je pense que j’ai une voix qui n’est pas trop agressive. En ne haussant pas le ton, mais en y allant de propos bien sentis à l’égard de la procédure à appliquer, je pense que cela va marquer la façon dont je vais diriger les travaux », dit-elle.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Rémi Nadeau, chef du bureau parlementaire du Journal de Montréal et Québec sur QUB radio : 

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Juge et avocate

Avocate et ex-lectrice de nouvelles, ses aptitudes professionnelles la servent bien dans ses nouvelles fonctions, à l’aise qu’elle est déjà avec le rigide chronomètre de l’assemblée.

« Je vois mon rôle comme l’avocate de chacun des parlementaires, à l’égard de leur propre droit de parole, de leurs privilèges. Je suis là pour les défendre, les représenter, mais aussi pour juger. »

Elle aura fort à faire dans les prochaines années. La présidente entend inciter les élus à mettre de l’avant une grande réforme parlementaire, et d’importants travaux seront nécessaires pour refaire le Salon bleu, en piteux état.

Contrairement à son prédécesseur François Paradis, Nathalie Roy n’a pas l’intention de mener des entrevues télévisées avec des députés sur le canal de l’Assemblée.

Elle mijote plutôt une tournée d’écoles, pour parler directement aux jeunes, particulièrement les filles.

« Ne serait-ce que pour leur dire que le parlement, c’est à elles aussi. D’arrêter de penser que c’est un boy’s club juste pour les hommes, c’est faux. »

Et la transparence ? Après des années de dépenses somptuaires cachées par le libéral Jacques Chagnon, François Paradis n’a pas hésité à fournir ses factures. Est-elle prête à faire de même ?

« Je n’ai rien à cacher. C’est l’argent des citoyens, monsieur. »

À suivre !

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