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Le meilleur leader de la LNH

Photo portrait de Jean-Charles Lajoie

Jean-Charles Lajoie

2024-05-22T22:27:21Z

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Nous en sommes déjà au carré d’as d’un printemps qui propose du hockey d’exception. Douze séries ont été disputées jusqu’ici et si on exclut celle entre les Rangers et les Capitals de Washington au premier tour, les 11 autres ont surpassé les attentes, à mon avis.

La vitesse d’exécution de 2024 dans la LNH, lorsque combinée à la robustesse ajoutée d’un match éliminatoire emmène le hockey à briser son propre plafond de verre, à pratiquement rejoindre la fiction du numérique. Certains soirs, je regarde des matchs et j’ai l’impression de regarder deux virtuoses de la manette se défier dans l’univers virtuel des jeux vidéo.

Même les duels sans lendemain, souvent les matchs six et sept à bas pointage sont excitants au possible. Le hockey vit vraiment sur la glace des heures fascinantes. Dommage que les décideurs n’arrivent pas à transposer en revenus ajoutés cette qualité de produit.

Mais là n’est pas le point. Ce soir à Madison Square Garden, le public hostile et fidèle des Rangers va voir ses favoris tenter de poursuivre sa quête d’une première coupe Stanley en 30 ans, soit depuis la fameuse conquête de 1994 face aux Canucks de Vancouver.

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Le triomphe de 94 n’avait pas été une mince tâche. Les Rangers n’avaient pas soulevé la coupe depuis 54 ans à l’époque, et malgré sa grande fidélité, le partisan moyen de l’équipe avait abandonné sur une possible conquête de ses favoris.

C’était avant que ne débarque Mark Messier à Manhattan. Le légendaire centre a fait partie de la fameuse équipe des Oilers d’Edmonton qui, menée par Wayne Gretzky, a remporté les Coupes Stanley de 1984, de 1985, de 1987 et de 1988. Quatre conquêtes en cinq ans séparées par la coupe de Patrick Roy et du Canadien en 1986, séparées surtout par le défenseur Steve Smith qui, en scorant contre son camp, a permis aux Flames de Calgary de vaincre leur ennemi juré (les Oilers) et d’atteindre la grande finale face au CH

Si Smith ne commet pas cette bourde, le record de cinq Coupes Stanley de suite du CH est peut-être égalé par les Oilers.

Encore ici ne se trouve pas mon point. Mon point est que Peter Pocklington, propriétaire un peux «torrieux» des Oilers, avait cumulé à l’époque des dettes de jeux exponentielles aux courses de chevaux.

Il a été contraint, à l’été 88, d’échanger Wayne Gretzky aux Kings de Los Angeles de Bruce McNall, un autre petit verrat qui allait se révéler...

«La Merveille» partie, tous voyaient les Oilers lentement connaître des ratés. C’était sans compter sur Mark Messier, un leader incomparable qui a aujourd’hui un trophée à son nom dans le circuit Bettman, ce que Gretzky et Mario Lemieux n’ont toujours pas...

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Messier a remporté une Coupe Stanley en 1990 à Edmonton avant de faire ses valises et rejoindre les Rangers à temps pour la saison 1991-92. À sa troisième campagne à New York, Messier a conduit les «Blueshirts» à une première conquête depuis 1940.

AFP
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On se souviendra qu’en retard 2-3 dans la série de trosième tour face aux Devils de Martin Brodeur, Messier a garanti la victoire des siens au match six à Jersey, la victoire au match sept à MSG, puis la conquête de la coupe ensuite en finale. Il en a scoré trois en troisième période du match six le soir même et les Rangers n’ont plus jamais regardé en arrière. Voilà pourquoi Messier a un trophée à son nom. Il est encore aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands leaders à n’avoir jamais joué la «game du hockey».

Le troisième tour des séries commence ce soir dans l’Est, demain dans l’Ouest. À ce stade-ci de la saison, toutes les équipes ont joué entre 90 et 100 matchs, tous les joueurs sont usés à la corde, trainent des petits, moyens et souvent grands bobos. Cette usure fait souvent la différence entre gagner ou perdre un match et éventuellement une série, ultimement, une coupe Stanley.

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Cette usure, mais en contrepartie des performances hors normes. Celles des gardiens de but ont souvent permises à des équipes de soulever la coupe Stanley. Patrick Roy en est un exemple fulgurant.

Mais celles de Messier sans Gretzky à Edmonton en 1990 et à New York en 1994 ont de quoi me sécuriser dans ma prédiction de victoire des Rangers face aux Panthers de la Floride.

Car à New York se trouve un ennemi public ici à Montréal. Chris Kreider a blessé intentionnellement Carey Price, privant Michel Therrien et le CH d’une présence en finale de la coupe en 2014.

On déteste Kreider au Québec et avec raison. À Manhattan, on adule ce véritable Ranger, repêché en première ronde par l’organisation il y a 15 ans. Un gars qui, lors de la grande vente de reconstruction, s’est présenté devant Jeff Gorton en disant vouloir faire partie de la solution et non du problème.

Kreider est demeuré à New York, il est le leader et l’inspiration première des Rangers. Kreider n’est pas Messier, mais comme le légendaire capitaine numéro 11, il sera prêt à mourir pour soulever la coupe Stanley dans l’uniforme des «Blueshirts».

On déteste Kreider pour d’excellentes raisons, au Québec, mais on se doit de respecter le meilleur leader encore actif en 2024 dans la Ligue nationale de hockey.

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