Le meilleur défenseur des années 2000 du Canadien
Ses 572 points en 990 matchs le placent troisième chez les défenseurs les plus productifs de l’histoire de l’équipe


Marc de Foy
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C’est le même Andrei Markov que l’on a revu avant l’hommage qui lui a été rendu au Centre Bell, hier soir. Réservé, réponses courtes, pas un mot plus haut que l’autre. Et, en apparence, pas une once de plus que le poids qu’il faisait pendant sa belle carrière de 16 saisons avec le Canadien.
À le voir comme ça, on ne dirait pas qu’il aura 47 ans dans deux semaines.
«Mon poids est le même que lorsque je jouais, mais la forme n’est pas la même, m’a-t-il dit à sa sortie du point de presse qu’il venait d’accorder.
«Je m’entraîne moins, mais mes enfants me tiennent occupé.»
Derrière Robinson et égal avec Lapointe
Markov a bien fait les choses lors de la cérémonie en son honneur. Il était accompagné de sa conjointe, Sonya Markova, et des deux plus jeunes de ses cinq enfants, sa fille Vasilia et son fils Aleksander.
La foule lui a réservé une chaleureuse ovation d’environ deux minutes et les clameurs n’avaient pas diminué quand il a pris la parole. Les amateurs montraient leur appréciation au meilleur défenseur des années 2000 du Canadien.
Offensivement, ses 572 points en 990 matchs le placent troisième chez les défenseurs les plus productifs de l’histoire de l’équipe, derrière Larry Robinson, qui en totalise 883 en 1202 rencontres, et Guy Lapointe, qui affiche un total identique à celui de Markov, mais en 777 matchs.
L’impact qu’il exerçait sur l’attaque massive était grandiose. Ses passes étaient d’une grande précision et il en était de même pour ses tirs. Il défendait bien son territoire aussi.
J’aurais aimé le voir avec de meilleures formations que celles pour lesquelles il a évolué. Les blessures l’ont aussi tenu à l’écart du jeu souvent entre les saisons 2009-2010 et 2011-2012; il n’a pris part qu’à 65 rencontres au cours de ces trois années.
En paix avec lui-même
Il se sera écoulé huit ans avant que Markov renoue avec l’organisation dont il a fièrement défendu les couleurs de 2000 à 2017. Heureusement, le temps a arrangé les choses.
Markov a fait la paix avec la façon dont son association avec le Canadien a pris fin. Marc Bergevin n’est plus dans le décor depuis quatre ans et, selon les dires de Markov, il ne lui en veut plus.
Cela ne signifie pas pour autant qu’il l’invitera à souper l’un de ces jours. Mais Markov a fait la paix avec le dernier chapitre de sa belle carrière dans l’uniforme du Tricolore.
S’il méritait l’honneur qui lui a été rendu avant le match d’hier soir contre les Jets de Winnipeg, il n’aurait jamais pensé que ça pourrait arriver un jour. La surprise a été totale lorsque Geoff Molson lui a envoyé un courriel à cette intention, il y a trois mois.
Mais il a été touché droit au cœur quand on connaît son attachement pour le Canadien.
Dix ans au même salaire
Trois fois au cours de sa carrière, Markov a choisi de progresser à Montréal au lieu de marchander sa valeur sur le marché des joueurs autonomes.
Lorsqu’il a signé son premier gros contrat avec le Canadien en 2004, une entente d’une valeur globale de 23 millions pour quatre ans, je lui avais demandé pourquoi il n’avait pas testé le marché. Le bruit courait que son compatriote Alex Ovechkin souhaitait l’avoir pour coéquipier avec les Capitals de Washington.
Le propriétaire des «Caps», Ted Leonsis, grand ami de celui qui est devenu le plus grand buteur de l’histoire de la LNH, aurait sûrement fait monter les enchères.
J’avais attendu d’être seul avec Markov pour lui poser ma question au point de presse annonçant sa mise sous contrat.
Sérieux comme toujours, Andrei avait répondu: «Ça m’a pris assez de temps à m’acclimater à mon nouvel environnement et au jeu de la Ligue nationale, je ne tiens pas à tout recommencer avec une autre équipe et dans une autre ville».
Markov a signé deux autres contrats avec le Tricolore, les deux d’une valeur de 17,25 millions sur trois ans. Son salaire annuel moyen de 5,75 millions a été le même durant 10 ans.
C’est ce qu’on appelle de la fidélité.