Le mauvais scénario


Yvon Pedneault
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On pourrait résumer le dernier match entre le Canadien et les Jets de Winnipeg en quelques mots. Connor Hellebuyck a fait l’arrêt le plus important de la soirée et, à l’autre bout de la patinoire, Carey Price a échoué.
Sauf qu’on revient toujours au même scénario. Le duo de départ pour la période de prolongation formé de Phillip Danault et de Paul Byron soulève bien des commentaires. Cette décision s’explique difficilement.
Rien contre les deux patineurs. Au contraire. Danault est un joueur honnête, personne ne le contestera. À cet égard, Byron également.
Par contre, le principe de la période de prolongation, avec comme mise en scène une situation à trois contre trois, est de trancher le débat. Et les entraîneurs confient les rôles principaux à des joueurs reconnus pour leurs performances en attaque. Après tout, l’enjeu est un point de plus au classement. Si le Canadien avait obtenu la moitié des points perdus en prolongation ou en tirs de barrage, il talonnerait les Maple Leafs de Toronto. L’écart ne serait que de deux points.
Toutefois, on ne peut rien y faire.
C’est du passé.
Bien répartis
Les huit points ont été répartis entre des équipes qui batailleront jusqu’à la toute fin du calendrier régulier dans l’espoir d’obtenir un laissez-passer pour le tournoi « estival ». Le Canadien ne peut montrer une telle générosité dans une division où, chaque soir, le classement subira des changements importants.
Pourquoi Danault et Byron ? Pourquoi avoir cette mentalité de vouloir éviter le pire, dès le départ, en mettant beaucoup d’emphase sur l’importance de gagner la première mise en jeu ?
Pourquoi ?
On peut avancer que le Canadien a bien failli sceller l’issue de la rencontre dans les premiers instants à la suite d’une passe précise de Danault à Jeff Petry, mais Hellebuyck s’est interposé.
On connaît le reste de l’histoire.
Que le Canadien ait raté une belle opportunité ne justifie pas la stratégie que les entraîneurs déploient dans de telles circonstances. La période de prolongation, c’est un peu comme le parieur qui décide d’y aller all-in.
Pourquoi ne pas utiliser les meilleures cartes.
Comment expliquer que les membres du Top Six doivent regarder bien assis au banc le début d’une période qui peut avoir de lourdes conséquences quand viendra le temps de dresser le bilan des activités à la fin de la saison ?
Un choix facile
Paul Maurice n’hésite pas à utiliser ses deux premiers trios. Ce sont Nikolaj Ehlers, Kyle Connor et Pierre-Luc Dubois ou ce sont Blake Wheeler, Mark Scheifele et Paul Stastny.
Peut-être que Dominique Ducharme n’a pas deux trios aussi prolifiques. Mais Tyler Toffoli, Josh Anderson et Brendan Gallagher ont marqué plus de 10 buts cette saison. Toffoli s’approche du cap des 20 buts. Et, même s’il ne marque pas comme on le voudrait, Jonathan Drouin possède la rapidité, la finesse et la créativité pour s’exprimer davantage dans une situation trois contre trois.
Puis, il y a Jesperi Kotkaniemi et Nick Suzuki. Le jeune Finlandais ne possède-t-il pas des atouts pour connaître du succès en prolongation ? Dans le cas de Suzuki, éprouvant des ennuis depuis un mois, la prolongation n’est-elle pas une plateforme idéale pour lui permettre de sortir du bourbier dans lequel il est empêtré ?
Ce que je trouve plutôt étrange, c’est qu’on reprochait à Claude Julien cette mentalité d’aborder la période de prolongation en prônant la défense. Dominique Ducharme est, dit-on, un entraîneur qui s’applique à ce que l’attaque soit bien rodée, qui demande un effort soutenu basé sur l’échec avant. Donc, ne devrait-on pas s’attendre à ce qu’il se tourne vers ses meilleurs effectifs en attaque ?
Des résultats décevants
Les résultats de cette saison ne confirment-ils pas que la formule ne fonctionne pas ? Le Canadien rentre donc à Montréal pour une série de deux matchs en deux soirs contre les Canucks de Vancouver avec un bilan de ,500. On s’attendait à de meilleurs résultats, surtout après une victoire spectaculaire contre les Jets de Winnipeg, un match où le Canadien avait marqué sept buts.
Mais, il a laissé filer la victoire à Vancouver avec quelques secondes à faire et en concédant la victoire en prolongation. Puis, ce fut le terrible séjour à Calgary. Entre-temps, Ducharme peut toujours se réjouir de la performance de son équipe à Winnipeg, trois points sur quatre.
N’oublions pas que ces matchs perdus en prolongation ou en tirs de barrage pourraient venir hanter les décideurs du Canadien à la fin de la saison... Il y aura d’autres situations similaires et il faudra bien que Ducharme et son groupe modifient le scénario. Sinon, il pourrait bien leur manquer quelques points au classement final.
Le mystère Toews persiste
Depuis le 29 décembre 2020, les partisans des Blackhawks de Chicago n’ont aucune nouvelle de Jonathan Toews, le capitaine de la formation. Toews ne joue pas, on ne le voit pas dans l’entourage de l’équipe, il fait profil bas au point qu’on s’interroge à savoir s’il disputera un autre match avec l’équipe.
Cette semaine, Stan Bowman, le directeur général de l’équipe, a cherché à rassurer les partisans en confirmant qu’il avait conversé avec son joueur étoile. « Il se sent beaucoup mieux. Mais, peut-on croire qu’il rejoindra l’équipe avant la fin de la saison ? Je ne le sais pas. »
Toews souffre d’une mystérieuse maladie qui, depuis le mois d’août 2020, l’empêche de reprendre ses activités sans ressentir une grande fatigue...
Dans le calepin
Lindy Ruff, Ron Rolston, Ted Nolan, Dan Bylsma, Phil Housley, Ralph Krueger et Don Granato. Ce sont les entraîneurs qui ont défilé derrière le banc des Sabres de Buffalo depuis que la famille Pegula a acheté l’équipe. On comprend maintenant pourquoi cette organisation ratera les séries éliminatoires une autre fois.
Comment remettre la concession sur les rails ? Ça va prendre des années et des années pour y parvenir, surtout en raison des salaires faramineux qu’on a consentis à des joueurs ayant produit jusqu’ici un grand total de neuf buts. Je pense à Taylor Hall, à Jack Eichel, à Jeff Skinner, à Kyle Okposo et à Eric Staal. Total en salaires : 36,5 M$