Le manque d'expérience a coulé le CH

Jean-Charles Lajoie
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On savait que ce ne serait pas parfait. Mais cette victoire inattendue lors du premier match a ravivé des souvenirs. Ceux de 2014. Ce printemps où le Canadien avait balayé le Lightning en quatre matchs, le strict minimum requis.
À l’époque, un certain Martin St-Louis n’avait pas eu à subir les affres du balayage. Il avait quitté Tampa à la date limite des transactions pour se joindre aux Rangers. Nikita Kucherov y était, fraîchement gradué de Syracuse. Victor Hedman aussi. Jon Cooper dirigeait sa première saison complète derrière le banc.
À Montréal, Michel Therrien en était à son deuxième séjour. Max Pacioretty menait la charge, suivi de David Desharnais, Tomas Plekanec, Alex Galchenyuk et d’un certain Brendan Gallagher. En défense, la paire P.K. Subban–Andrei Markov était le pain et le beurre devant un Carey Price au sommet de son art.
Après avoir sorti le jeune Lightning et son entraîneur en apprentissage en quatre matchs, Therrien avait ensuite tassé les Bruins en sept pour atteindre la finale de l’Est contre les Rangers. On connaît la suite. Chris Kreider, une savate à ras la glace dans le genou de Price, et avec la sortie du nouveau « Roy », le rêve de la 25e s’envolait.
Slaf, Bourque et les comparaisons
Question de relativiser, rappelons qu’un attaquant du Canadien avait marqué trois buts dans un même match en 2014 : le célèbre René Bourque. Juraj Slafkovsky est devenu le premier à imiter Bourque douze ans plus tard. On a alors enfilé les superlatifs et les comparaisons, pas toujours ajustées.
J’y reviens.
En 2015, le Lightning a sorti le Canadien en six matchs au deuxième tour, prenant une douce revanche. Depuis, les deux équipes, qui ne s’aiment pas, ne se sont affrontées qu’une seule fois : en finale de la coupe pandémique, en juillet 2021. Autre victoire des « Bolts », cette fois en cinq matchs.
Une défaite qui a marqué la fin d’une époque à Montréal : Carey Price, Shea Weber, mais aussi Marc Bergevin et Trevor Timmins.
Le Centre Bell va rugir
Vendredi et dimanche soir, la cathédrale du hockey va résonner partout au Québec des cris stridents des meilleurs partisans au monde.
Il reste deux jours à St-Louis pour convaincre sa cour de récréation de l’ampleur du sacrifice qui les attend.
Dimanche, en travaillant peu à égalité numérique, Montréal a gagné le match. Mardi, Jon Cooper a calmé le jeu en lançant systématiquement le gros Sabourin dans la mêlée contre Josh Anderson.
Anderson a joué un grand match. Bien seul sur son île. Résultat : les petits gars de St-Louis faisaient leur âge lors de ce deuxième match.
Comme Kent Hughes et Jeff Gorton n’ont pas jugé bon d’ajouter un vétéran capable de jouer dur et de stabiliser un deuxième trio, le Canadien devient extrêmement vulnérable lorsque sa seule unité offensive à cinq contre cinq est neutralisée.
Pour finir le plat, le grand Juraj, héros de la victoire de dimanche, a décidé de montrer à ses coéquipiers qu’il pouvait faire le sale boulot. Deuxième combat en carrière pour le Slovaque, et une solide défaite contre un petit guerrier qui a déjà renversé Matthew Tkachuk en plein Centre Bell lors de la Confrontation des 4 nations. « Slaf » devait être sur une plage quelque part pour avoir manqué ça.
Espérons qu’il retrouvera ses jambes d’ici vendredi. Et peut-être un tube de « Crazy Glue » pour en mettre dans ses gants.
C’est une ligue de messieurs. « Slaf » est encore un gamin. Il nous l’a rappelé lui-même dans l’amère défaite de mardi.