Le malaise grandit chez les libéraux après le coup d'éclat de Lightbound

Raphaël Pirro | Agence QMI
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D’autres voix au parti libéral se sont élevées contre l’instrumentalisation de la vaccination à des fins politiques, stratégie qui a été adoptée par le premier ministre Justin Trudeau et son équipe aux dernières élections malgré l’inconfort de certains.
Les critiques acerbes du député Joël Lightbound envers son propre gouvernement ont plu à Yves Robillard, élu sur l’île de Laval. «Il a dit exactement ce que beaucoup d'entre nous pensent, a-t-il déclaré au Hill Times mercredi. Je suis d'accord avec tout ce que Lightbound a dit».
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Au bureau d’Alexandra Mendès, députée de Brossard-Saint-Lambert, on aimerait que cesse la rhétorique du «nous contre eux» et on croit que la vaccination a été «politisée de tous les côtés».
Une source qui a travaillé de longues années chez les libéraux fédéraux estime que «Joël met le doigt sur quelque chose de très vrai».
«[En 2015], on faisait campagne contre la politique de division de Steven Harper et on présentait un Trudeau rassembleur pour tout le monde», a évoqué cette source.
«Avant, quand il y avait des manifs contre Trudeau, qu’est-ce qu’il faisait? Il se retournait de bord et allait leur parler. Ce n’est pas ça qu’on a vu dans la dernière campagne, au contraire. Il attisait la flamme», a-t-elle ajouté.
«Ça me semblait parfaitement calculé.»
En toute connaissance de cause
Une personne bien située dans la hiérarchie libérale à Ottawa confirme la chose.
«Est-ce que c’est faux» de dire que le bureau du premier ministre a politisé la question de la vaccination? «N’est-ce pas ce que nous avons fait depuis le jour 1 de la campagne électorale?»
«J’ai le même malaise que Joël avec ça, depuis le début. Je trouve que c’est un jeu dangereux», croit ce libéral. «Là-dessus, c’est dur de lui donner tort.»
Justin Trudeau s’est quotidiennement servi de la vaccination obligatoire comme argument de vente pendant la dernière élection.
Lors d’un passage au talk-show de Julie Snyder à quelques jours du scrutin, M. Trudeau avait dénoncé la «petite minorité» de gens qui sont «farouchement opposés à la vaccination», «qui sont souvent misogynes, souvent racistes».
«Et là, il faut faire un choix, en tant que leader, en tant que pays : est-ce qu’on tolère ces gens-là?» demandait-il.
Alors qu’Omicron battait son plein au début de l’année, M. Trudeau déclarait que les gens étaient «fâchés» envers les non-vaccinés. Concernant les manifestants qui paradent à Ottawa depuis deux semaines, il a surtout tenu compte des quelques symboles haineux aperçus ici et là et des dérapages les plus désolants pour se servir de la masse de manifestants comme repoussoir.
«Il faut faire attention de ne pas tomber dans l’arrogance du pouvoir. Il a le devoir de se regarder dans le miroir, comme n’importe quel gouvernement qui est au pouvoir depuis longtemps», juge l’ancien libéral.