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Le Liban en guerre: des Québéco-Libanais craignent l’occupation ou la guerre civile

Zoé Arcand

2026-03-04T00:00:00Z

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Des Québéco-Libanais se sentent impuissants face à l’ampleur que pourrait prendre le conflit dans leur pays, alors que la capitale a été bombardée.

« Là je suis calme, hier j’étais déprimée. On ne sait pas l’ampleur que va prendre la situation. Est-ce que c’est le début d’une grosse guerre ? » se demande Siham Kortas, une Québécoise d’origine libanaise qui est actuellement coincée à Beyrouth.

La Montréalaise de 77 ans a été contrainte dans les derniers jours de prendre un avion vers le Liban pour s’occuper de la succession de son mari. En entrevue avec Le Journal, elle se trouvait dans son appartement de la capitale, où Israël mène la guerre au Hezbollah libanais.

Photo fournie par Siham Kortas
Photo fournie par Siham Kortas

Ce dernier, loyal aux Gardiens de la Révolution iraniens, a entrepris d’attaquer les Israéliens après que le leader suprême, l’ayatollah Khamenei, a été abattu dimanche en Iran, explique Sami Aoun, politologue associé à la Chaire de recherche Raoul Dandurand et spécialiste du Moyen-Orient.

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Une photo prise à la frontière entre Israël et le Liban montre un missile envoyé du Liban vers Israël.
Une photo prise à la frontière entre Israël et le Liban montre un missile envoyé du Liban vers Israël. AFP

Ces attaques font suite à un long « cycle de frappes et de représailles » entre les deux belligérants, insiste le professeur d’affaires publiques internationales de l’Université d’Ottawa Thomas Juneau.

Zone tampon

Depuis lundi, Israël s’est avancé environ 500 mètres à l’intérieur des terres au sud du Liban, créant ainsi ce qu’il appelle une « zone tampon » entre sa population et le Hezbollah, explique-t-il.

Les Nations Unies rapportaient 31 000 déplacés mardi alors qu’Israël émettait des avis d’évacuations dans au moins 53 villages libanais.

AFP
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Comme 35 % de la population libanaise, le Hezbollah est de confession musulmane chiite, indique M. Aoun. Ce groupe a vu le jour en 1982 après l’invasion israélienne pendant la guerre du Liban. Le Canada, tout comme Israël et les États-Unis, le considère comme une entité terroriste. Il a été fortement affaibli dans les dernières années.

Des explosions tout près

« Comme je me trouve dans un quartier chrétien, j’ose croire qu’Israël ne va pas attaquer », se rassure Mme Kortas, qui dit se trouver à 1,8 kilomètre des bombardements sur les quartiers chiites de la capitale. Lors des attaques, elle sent le sol vibrer et entend les explosions.

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Car Israël a répliqué « pas plus d’une heure après les attaques. C’est comme si le Hezbollah était tombé dans le piège », interprète M. Aoun.

Résultat : « on voit des édifices s’écrouler, des villages se vider et on ne peut absolument rien faire », déplore Wassim Abou-Thanos, un Gatinois de 36 ans d’origine libanaise, qui se sent « impuissant » alors qu’il est au Québec.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission d’Isabelle Maréchal, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Terre promise et guerre civile

Le pays étant composé de plusieurs communautés de différentes confessions religieuses, il appelle à la solidarité par crainte qu’elles se liguent l’une contre l’autre.

M. Aoun voit lui aussi une possibilité que le pays soit ainsi entraîné dans une guerre civile. Siham Kortas, elle, craint que les tentatives d’Israël d’éradiquer le Hezbollah se transforme en occupation de son pays.

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Car selon une frange de l’extrême droite israélienne, « le Liban se trouve sur la Terre promise par dieu au peuple juif », s’inquiète-t-elle.

Selon Thomas Juneau, « il s’agit d’un message clair au Hezbollah » de ne pas s’aventurer dans cette zone pour attaquer l’État hébreu.

Le ministère libanais de la Santé publique fait état de 31 morts, dont 7 enfants, et de plus de 149 blessés.

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