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La belle-mère avait une «aversion» envers la fillette

La Couronne a encouragé le jury à utiliser son «gros bon sens» pour son verdict

Photo portrait de Antoine Lacroix
2021-12-07T18:07:12Z

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Des textos envoyés par la belle-mère de la fillette de Granby prouvent que l'accusée avait développé un «dégoût» envers l'enfant, a soutenu mardi la Couronne dans sa plaidoirie finale au jury. 

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«L’accusée ne se souciait pas de la mort de [l’enfant], qui elle était probable avec les gestes posés. Il y avait connaissance que la mort était probable. L'accusée a développé un sentiment d’aversion envers [la fillette]», a affirmé Me Jean-Sébastien Bussières.

Le procureur de la poursuite a frappé fort mardi en présentant ses derniers arguments au jury, où il a lu de nombreux textos envoyés par l'accusée dans les mois précédents le drame survenu le 29 avril 2019. 

Selon lui, ils permettent de «comprendre l'animosité» et le «dégoût» envers la fillette qui habitaient la femme aujourd'hui âgée de 38 ans. 

Dans plusieurs messages, une importante frustration semble se dégager, avec un langage injurieux. Elle a dit notamment ne pas être capable de la regarder, que l'enfant lui «lève le cœur» et qu'elle a décidé de la «laisser dans sa pisse». 

«Demandez-vous si c'est vrai quand elle vous dit qu'elle l'aimait», a souligné Me Bussières au jury.

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  • Écoutez la chronique judiciaire de l’ex-juge de Nicole Gibeault sur QUB radio

«Exaspérée»

Le procureur a affirmé qu'elle était «exaspérée de devoir composer avec cette enfant qui crie et tente de retrouver sa liberté». 

«L'accusée ira lui ajouter plus d’une fois des couches de ruban adhésif, poursuit-il. Pour l’immobiliser complètement, elle s’assure de l’attacher "ben comme il faut" en enroulant [l’enfant], notamment à la hauteur de son visage, dans plus d’une direction, et causant son décès.»

Tout comme l'avocat de la défense lundi, la Couronne a invité le jury à se poser plusieurs questions afin d'en venir à un verdict. Il a toutefois insisté sur le fait que le jury devra utiliser son «gros bon sens». 

L'accusée avait témoigné comme quoi elle avait enroulé l'enfant de ruban adhésif dans le but de la «protéger», pour éviter que des meubles empilés en barricade lui tombent dessus. 

  • Écoutez le compte-rendu de Philippe-Vincent Foisy avec le journaliste Antoine Lacroix:  

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Version «cousue de fils blancs»

Le procureur de la Couronne n’a pas adhéré à cette version des faits, la qualifiant de «cousue de fils blancs».

«Est-ce qu'à la base, d’apposer des couches de ruban de déménagement – pas du petit scotch tape, du ruban de 5 centimètres – de passer par-dessus la tête, les cheveux, le visage, ça constitue un danger de nature à causer probablement la mort d’un enfant? s'est demandé Me Bussières. Elle n’a rien fait pour sa sécurité.»

Selon lui, il n'est pas impossible que le «tape» qui était sur le visage de l'enfant ait fini par bloquer ses voies respiratoires. Il a rappelé que comme l'enfant se débattait afin de se dégager, le ruban aurait pu effectuer un «glissement».  

Alors que le procès tire à sa fin, le juge Louis Dionne va émettre ses directives au jury mercredi.

De nouveaux textos  

15 novembre 2018: «Elle m'a menti toute la matinée, je ne peux m'occuper d'elle»

14 janvier 2019: «[Nom de l'enfant] veut pas “full” me voir, face de constipée, je l'envoie dans sa chambre»

14 février 2019: «[Nom de l'enfant] a uriné ce matin, encore, mais là, je la laisse dans sa pisse»

22 février 2019: «[...] Je lui réponds qu'elle va passer une fin de semaine de marde, parce qu'elle a une habitude de marde»

14 mars 2019: «[...] Elle aime mieux mentir. Je le vois dans son attitude, elle a peur encore et elle fuie la conversation»

15 mars 2019: «[...] Je suis désolée mais elle me décourage royalement. Désolée, mais je ne suis pas capable de la regarder. [...] Juste sa face me décourage.»

27 mars 2019: «[...] Elle a pissé dans son pot, ça me frustre vraiment. Alors je lui ai fermé la porte en lui disant: “Ben c'est ça, appelle-moi pas quand t'as envie de pipi, reste dans ta calice de chambre”»

2 avril 2019: «[...] Elle me fait chier»

9 avril 2019: «Je suis outrée par tout ça, je n'arrive pas à la sortir, elle me lève le cœur»

23 avril 2019: «[...] [Elle est] toujours en train de chialer»

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