«Le Journal» dans l’État de New York: des démocrates sous le choc
«J'ai le coeur brisé», a dit l'un d'entre eux en regardant les résultats


Olivier Faucher
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Plattsburgh | Les mines étaient basses dans un bar de l’État historiquement démocrate de New York hier en fin de soirée, pendant que les chances de voir Donald Trump remporter l’élection présidentielle augmentaient à vue d’œil.
« Ça ne se peut pas ! Il y a encore des chances qu’on l’emporte. J’y crois », a réagi Vern Witherbe, 43 ans, attablé au bar Peabody’s, à Plattsburgh, en regardant les résultats sur une télévision.

Vers 22 h 40, Trump avait raflé 207 grands électeurs sur le nombre magique 270, contre 91 pour Kamala Harris. Au même moment, le New York Times prédisait que Trump avait 88 % des chances de l’emporter.

L’enthousiasme a rapidement laissé place au désarroi dans l’établissement rempli de gens qui avaient voté pour la démocrate Harris.
« J’ai le cœur brisé, résume Keith Pidgeon, 34 ans, drapeau américain à la main. On soutient quelque chose qui n’est pas l’Amérique de Trump, c’est-à-dire l’inclusivité et le droit à l’avortement. Mais même si ça me fait mal, je dois avoir une forme d’espoir pour mon pays », résume-t-il.
Souper transpartisan
Quelques heures plus tôt, l’inquiétude entourant l’élection se faisait sentir lors d’un souper électoral transpartisan dans la grange de Whallonsburg, située à Essex, une tradition qui remonte à plusieurs décennies.
« Une partie de moi veut croire que ce ne sera pas l’émeute totale partout au pays. Mais il y a beaucoup de gens qui parlent de ça [...]. Ça m’inquiète », admet Abby Omaña, une bénévole de 21 ans.
Chaque soir d’élection, ce local communautaire se transforme en salle à manger où plus de 100 personnes soupent côte à côte, peu importe leur allégeance politique.
« Surtout avec le discours politique ces temps-ci, c’est un moment pour laisser tout ça de côté afin de manger et de parler ensemble. », explique l’organisatrice Mary Neil Bockman, 66 ans.

Craintes de violences
Devant des sondages qui plaçaient Trump et Harris à égalité, tous les électeurs à qui Le Journal a parlé sur place ne croyaient pas qu’un gagnant serait déclaré rapidement.
« Ce sera beaucoup trop serré. J’aimerais que ça se termine vite et qu’on n’ait pas à faire face à ce qui est arrivé la dernière fois avec Trump qui conteste les résultats. C’était une situation horrible », exprime la bénévole octogénaire Norma Goff.

Qu’ils aient voté pour Trump ou Harris, beaucoup redoutent que de la violence politique éclate en raison de la polarisation.
« J’ai peur que des individus posent des gestes stupides parce qu’ils croient que quelque chose ne va pas selon eux avec les résultats », confie Lee Maxey, qui a voté Harris.

La famille Franch, assise à la table d’à côté, soutient Donald Trump.
« Je suis quand même inquiète. Je ne sais pas à quoi m’attendre. Beaucoup disent qu’il y aura des émeutes si Trump gagne », angoisse Holly Franch, 65 ans.

