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Le joueur le plus fascinant d’Équipe Canada junior

Photo d'Archives, Agence QMI
Photo portrait de Nicolas Cloutier

Nicolas Cloutier

2026-01-02T05:00:00Z

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MINNEAPOLIS | Il suivait des cours à l’université à l’âge de 16 ans. Son bâton est ridiculement long. Il s’amuse dans les mêlées de presse parce qu’il est tanné de voir les joueurs de la LNH «se comporter comme des robots et n’avoir aucune personnalité». Zayne Parekh est le joueur le plus fascinant d’Équipe Canada junior, et peut-être dans le hockey professionnel tout court.

Depuis qu’il a mis les pieds au Minnesota pour le Championnat mondial junior, Parekh captive les journalistes avec son intelligence et ses déclarations ludiques. La vie est belle. Un vaisseau extraterrestre pourrait faire irruption dans la pièce et ça ne l’angoisserait même pas.

«Moi, je n’ai pas envie d’être un robot, fait-il savoir. Quand j’étais à Calgary, les gars me disaient de donner des réponses simples. Ici, je peux faire ce que je veux.»

«Il est pas mal détendu, raconte son bon ami et coéquipier Michael Hage, qui le connaît depuis l’âge de 7 ans. Tu vas manquer une chance en or pendant un match et il va rire de toi pour te calmer.»

Nicolas Cloutier
Nicolas Cloutier

Même pendant les moments critiques d’un match, vous auriez probablement de la misère à prendre son pouls. On peut penser à ce qui est arrivé mercredi soir contre la Finlande: «Il me lance qu’il va marquer d’un tir bas du côté du gant, et il ouvre la marque 20 secondes plus tard», s’exclame Hage, qui n’en revient toujours pas.

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Une autre des multiples particularités du général du Canada à la défense: il joue avec un outil qui a plus l’air du bras canadien que d’un bâton.

Il ajoute une rallonge à chaque bâton. Il fait 6 pieds et ses bâtons faisaient 66 pouces et lui arrivaient au nez, avant qu’il ne décide de les couper légèrement. Pour référence, le bâton de Zdeno Chara était plus long de seulement deux pouces.

«Maintenant, il se rend à ma lèvre inférieure, précise Parekh. La différence n’est pas énorme, en fait. Le long bâton m’aide à défendre. D’ailleurs, depuis que je l’ai coupé, j’ai remarqué que je dois refermer un peu plus l’espace entre moi et l’attaquant. La longueur additionnelle me permet de tirer dans toutes les positions. J’aime utiliser le bâton comme levier, de sorte que la rondelle décolle de ma lame.»

Bollé malgré lui

Parekh est un bollé sans le vouloir. Pas le genre de garçon qui a constamment le nez dans les bouquins. Juste un jeune homme intuitivement brillant.

«J’ai commencé l’école un an plus tôt et j’ai sauté la septième année du primaire [en Ontario] avant les quatre années de secondaire», explique ce défenseur au talent fou.

Parekh a étudié la kinésiologie et la linguistique lors de sa saison recrue avec le Spirit de Saginaw dans la Ligue junior de l’Ontario (OHL). Aujourd’hui, les deux sujets ne l’intéressent plus particulièrement.

Il l’avoue lui-même avec une franchise qui a de quoi surprendre.

«Non [ça ne me passionne pas]», répond-il du tac au tac. Parekh a arrêté les cours après sa première saison dans le junior majeur.

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On le répète: ce n’est pas un nerd, c’est un amoureux du hockey, qui se trouve juste à être plus intelligent que la moyenne des ours.

«On est tellement occupé avec le hockey, je n’ai pas vraiment le temps, plaide-t-il. Je suis naturellement intelligent, mais mon problème, c’est que je n’ai jamais essayé trop fort à l’école.»

Photo OHL Images
Photo OHL Images
Elle a sauvé sa carrière

Le drôle d'oiseau est doté de l’un des plus beaux coups de patin de la nouvelle génération de hockeyeurs. Il donne l’impression de glisser sur du beurre.

Quand il se promène le long de la ligne bleue, c’est toute l’équipe adverse qui semble retenir son souffle.

Pourtant, celui qui a grandi à Markham, à une quarantaine de minutes de Toronto en voiture, était un patineur «vraiment mauvais à 12 ou 13 ans». On aurait beaucoup de difficulté à le croire aujourd’hui.

Il donne tout le crédit à une spécialiste du nom de Dawn Braid.

«Elle a corrigé mon coup de patin, la félicite Parekh. Vraiment, elle a changé le vent de côté. Je lui dis toujours qu’elle a sauvé ma carrière.»

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Les pendules à l’heure

Sa façon de se déplacer, d’ailleurs, joue des tours aux observateurs et donne l’impression qu’il ne donne pas son plein effort.

«Je patine avec le tronc vraiment droit, explique-t-il. C’est une extension de la jambe en ligne droite et ça brouille un peu les pistes. Ça me permet de transférer mon poids plus facilement.

«Il y a cette conception erronée que je suis un peu nonchalant, puisque je ne plie pas beaucoup mes genoux. Je n’ai juste pas à le faire.»

Dure initiation

Il est vrai, cependant, que Parekh devra rehausser son jeu défensif pour obtenir la confiance de son entraîneur dans la Ligue nationale.

Limité cette saison à une aide en 11 matchs et protégé des assignations difficiles par son entraîneur-chef à Calgary, Ryan Huska, le neuvième choix au total des Flames s’est familiarisé avec les rigueurs du circuit Bettman.

«C’est la meilleure ligue au monde pour une raison. Ça prend du temps [pour s’habituer]. J’essaye d’être meilleur à chaque présence. Ce n’est pas facile, parce que tu dois te convaincre que tout va finir par fonctionner.»

Faire preuve de patience, voilà un défi important pour un jeune joueur qui a eu un impact immédiat toute sa vie. Avant d’arriver au Mondial junior, ça faisait un bail qu’il n’avait pas déjoué un gardien, puisqu’il n’a pas fait bouger les cordages dans la LNH cette saison.

«C’est dommage de ne pas savoir ce que le futur te réserve, mais il y a une partie de ça qui est très excitante, aussi, pour moi», philosophe Parekh.

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Getty Images via AFP
Getty Images via AFP

Ses coéquipiers à Calgary suivent avec intérêt son tournoi au Minnesota. On raconte qu’ils font des paris entre eux sur le nombre de points qu’il va empiler.

«Les gars m’envoient encore des textos. Joel Hanley m’a écrit aujourd’hui. De savoir qu’ils me soutiennent, même si certains d’entre eux prennent pour un autre pays, c’est d’une grande signification à mes yeux», se réjouit le jeune homme, qui a des origines indiennes du côté de son père et sud-coréennes de celui de sa mère.

Être un modèle

Parekh n’a jamais visité l’Inde ou la Corée du Sud. Son père a quitté l’Inde pour arriver au Canada à 3 ans. Sa mère est née à Sault Ste. Marie en Ontario; les racines sud-coréennes du défenseur proviennent de ses grands-parents. 

Il comprend tout de même l’impact qu’il peut avoir auprès des jeunes hockeyeurs racisés.

«Si on essaye de faire grandir le sport et que ces gens voient un garçon comme moi sur la plus grande scène, ça peut être très important pour eux, reconnaît-il. J’essaye de leur montrer l’exemple, d’être un modèle pour eux.»

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