Le joaillier a tenu sa promesse à Rodger Brulotte


Benoît Rioux
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Chose promise, chose due. Le cercueil de Rodger Brulotte venait d’être porté jusqu’à l’extérieur de l’église, samedi, à Sainte-Thérèse. Le joaillier Claude Thibaudeau, en toute délicatesse, attendait patiemment sur le parvis afin de remettre un précieux objet à Pascale Vallée, l’épouse du défunt.
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Un cœur en or avec la mention « Bonsoir, il est parti ». Sur la pièce métallique figurent les années 1947 et 2026 correspondant à la naissance et au décès de Rodger, ainsi que différents logos d’équipes sportives, notamment celui des Expos.

« Je l’avais promis à Rodger », a indiqué l’homme de 68 ans, un résident de Montréal. « J’en ai donné un à sa femme et un autre à son ami Ménick. »
L’œil avisé du photographe Pierre-Paul Poulin n’allait pas manquer la scène.
« Un beau souvenir »
Monsieur Thibaudeau, qui a pour sa part conservé le prototype, précise justement avoir connu Rodger Brulotte, par l’entremise du barbier Ménick, leur ami commun.

« Rodger m’avait dit : “La journée où je vais mourir, j’aimerais qu’on dise : Bonsoir, il est parti !” Je lui avais promis de faire quelque chose pour lui, sans le connaître plus qu’il faut... Étant donné que tout le monde l’aimait, j’ai décidé de faire un cœur. »
« Claude n’envoie pas des paroles en l’air », a commenté Ménick avec émotion. « C’est un homme sincère et, quand il fait des promesses, il [les] exécute. C’est un beau geste et un beau souvenir en l’honneur de Rodger, qui méritait bien ça. »
Un grand cœur comme « Flower »
Rodger Brulotte, qui semblait tout savoir, était évidemment au courant que monsieur Thibaudeau faisait déjà des figurines honorant le défunt joueur du Canadien, Guy Lafleur. Pour le joaillier, le lien est évident entre ces deux personnalités.
« Ce sont deux hommes qui avaient un grand cœur », résume celui dont la fille est copropriétaire de la bijouterie Guy Serres, sur le boulevard Taschereau, à La Prairie. « Rodger se déplaçait à tous les événements. Il était partout et toujours généreux, comme Guy Lafleur. »
Soit dit en passant, c’est aussi monsieur Thibaudeau qui, en novembre dernier, avait refait à la main le pendentif perdu sur la patinoire par Florian Xhekaj durant son premier match en carrière dans la Ligue nationale de hockey.