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Le hockey mineur suisse vanté par un Québécois

Éric Castonguay avec ses trois garçons, Henrik, Mattias et Niklas, sur une patinoire à Vissoie, en Suisse, en novembre 2022.
Éric Castonguay avec ses trois garçons, Henrik, Mattias et Niklas, sur une patinoire à Vissoie, en Suisse, en novembre 2022. Photo fournie par Janika Pouliot
Photo portrait de Mylène Richard

Mylène Richard

2024-06-02T12:00:00Z

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Un joueur québécois engagé auprès du hockey mineur en Suisse arrive aux mêmes conclusions que l’ex-défenseur du Canadien Alexandre Picard: le plaisir et le développement des jeunes sont prioritaires en Europe, ce qui n’est pas toujours le cas au Québec.

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Installé à Sierre depuis cinq ans, après des arrêts aux États-Unis, en France, en Norvège et en Suède, Éric Castonguay a suivi de près l’évolution de ses garçons en Suisse. Jamais il n’a été témoin de violence physique ou psychologique, comme l’a récemment dénoncé Picard, analyste à TVA Sports. Des témoignages qui ont attristé Castonguay.

«En Suisse, avant les catégories U13, tu ne joues pas pour gagner, assure-t-il en entrevue au Journal. C’est vraiment l’apprentissage qui est mis de l’avant. Tu ne vois pas les coachs couper leur banc, même en tournoi et dans l’élite. Tout le monde joue pour s’amuser et se développer.»

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Celui ayant déjà défendu les couleurs de la filiale des Devils du New Jersey dans la Ligue américaine remarque aussi que l’accent est mis sur les entraînements, plus nombreux que les matchs, parce que c’est «lors des pratiques que les jeunes s’améliorent».

Pas de classement ni de statistiques

Le nouveau retraité de 36 ans encadrera les jeunes de 13 ans et moins de sa ville d’accueil et dès la prochaine campagne, il sera l’assistant de son beau-père, Mario Pouliot, derrière le banc de son ancienne équipe, le HC Sierre, en deuxième division suisse.

Dans cette petite municipalité de 17 000 habitants, Castonguay soutient que l’objectif n’est pas de «mettre de pression» sur les petits, qui ont «tous une chance de se développer sur la glace et hors glace».

«Pour les enfants, les buts et les passes, ce n’est pas important. On est toujours content de gagner, mais ce n’est pas grave. On n’a même pas de classement jusqu’au U15. Il n’y a pas de statistiques personnelles sur le web», souligne le natif de Drummondville qui a grandi à Granby.

Pas comme le soccer

Avec 32 000 Suisses qui jouaient au hockey en 2022-2023 contre 550 000 Canadiens, la mentalité des deux pays est bien différente.

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«Au Québec et au Canada, si tu perds un joueur, ce n’est pas si grave, parce qu’il y en a tellement. Mais ici, ce n’est pas le cas. On veut que les enfants viennent découvrir le hockey, apprendre et s’amuser», explique Castonguay.

En Suisse, comme ailleurs en Europe, c’est le soccer qui est roi et maître, et les débordements sont plus nombreux.

«Mes enfants n’ont pas aimé le foot, un peu à cause de ça. C’était très intense, les parents, les entraîneurs...», raconte Castonguay.

Pas surprenant que ses fils, Henrik, 9 ans, Niklas, 6 ans, et Mattias, 2 ans, nés respectivement en Norvège, au Québec et en Suisse, ont rapidement chaussé les patins.

Éric Castonguay avec son fils Henrik (alors âgé de 4 ans) en 2019, en Suisse, lors d’un entraînement familial de l’équipe HC Sierre.
Éric Castonguay avec son fils Henrik (alors âgé de 4 ans) en 2019, en Suisse, lors d’un entraînement familial de l’équipe HC Sierre. Photo fournie par Janika Pouliot

Quand la Suisse bat le Canada

Le Québécois Éric Castonguay s’est fait taquiner lorsque les Suisses ont vaincu les Canadiens en tirs de barrage, il y a quelques jours, en demi-finale du Championnat du monde de hockey.

Rapidement, il réplique que le pays helvétique pouvait compter sur ses meilleurs éléments, à l’exception de Timo Meier, J.J. Moser et Pius Suter. Du côté de l’unifolié, sans les Connor McDavid, Nathan MacKinnon, Sidney Crosby et Cale Makar, c’était plutôt «l’équipe B ou C» au Mondial, selon Castonguay.

«Si c’était arrivé aux Olympiques, ça serait une autre histoire!» a lancé le père de trois garçons, tous partisans du Canada avec des parents québécois mordus de hockey.

Les joueurs suisses célèbrent après avoir marqué face au Canada, en demi-finale du Championnat du monde de hockey, le 25 mai, à Prague.
Les joueurs suisses célèbrent après avoir marqué face au Canada, en demi-finale du Championnat du monde de hockey, le 25 mai, à Prague. Photo AFP

La relève

Castonguay remarque toutefois que la relève est problématique dans son pays d’adoption. Il note que seulement trois athlètes avaient moins de 26 ans au Mondial.

«Pour les petites catégories, ça va bien et pour le senior aussi, avec deux excellentes ligues professionnelles. Mais il y a un trou. Ce n’est pas facile pour les joueurs de 16-17 ans, qui n’ont que très peu d’options. Les meilleurs vont jouer au Canada ou en Suède», observe-t-il.

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