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Le hockey américain est au sommet de son art

Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Marc de Foy

Marc de Foy

2025-02-15T03:39:05Z

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L’atmosphère qui régnait au match opposant le Canada à la Suède, mercredi soir au Centre Bell, était électrisante. Mais qu’est-ce que ce sera samedi soir pour la rencontre entre les Canadiens et les Américains? Ça risque de verser dans le délire!

Cette confrontation survient à un moment où les relations commerciales entre les deux pays s’effilochent. Les émotions seront à fleur de peau.

Espérons qu’il n’y aura pas d’incidents regrettables dans les gradins.

Un match de la LNH

Sur le plan sportif, on assistera à un match version de la Ligue nationale. Les contacts ne manqueront pas. Brady Tkachuk, qui connaît bien le Centre Bell, va frapper tout ce qui bougera de chandails unifoliés.

L’ambiance sera à son paroxysme.

Pour les joueurs de Team Usa, cette rencontre et une possible participation à la finale de la Confrontation des 4 nations, jeudi prochain à Boston, serviront de prélude au tournoi olympique qui aura lieu en Italie l’an prochain.

Le hockey américain est au sommet de son art. Il ne lui reste qu’à le prouver sur la scène internationale. L’équipe junior l’a fait déjà au dernier championnat mondial présenté à Ottawa au début de l’année.

Ftorek... Nyrop... Chartraw... et Nyrop

Or, il a fallu beaucoup de temps aux Américaines pour se hisser parmi les meilleures nations du monde sur la scène du hockey. Les moins jeunes se souviendront que l’équipe des États-Unis ne faisait peur à personne au premier tournoi de la Coupe Canada, en 1976. Les Américains avaient terminé cinquièmes sur six équipes avec une fiche de 1-3-1.

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Cet événement marquait le début des compétitions internationales entre des joueurs professionnels, résultat de la célèbre Série du siècle de 1972 entre les meilleurs Canadiens de la Ligue nationale et la puissante équipe nationale de l’Union soviétique. L’URSS remit ça en 1974 avec les joueurs étoiles canadiens de l’Association mondiale de hockey.

Le meilleur joueur de l’édition américaine de 1976 est Robbie Ftorek, qui a connu quatre saisons consécutives de plus de 100 points dans l’AMH.

Parmi les autres noms connus, il y a les défenseurs Bill Nyrop et Rick Chartraw, qui étaient des joueurs de soutien avec le Canadien. On retrouve aussi le défenseur des Bruins Mike Milbury, le même qui avait déclaré qu’il arracherait la tête de Guy Lafleur lors d’une série contre le Tricolore.

Un autre dont le nom dira quelque chose aux amateurs ayant vécu à cette époque est Lou Nanne, qui a vu le jour à Sault Ste. Marie, en Ontario, mais qui avait la nationalité américaine. Il y a eu, d’ailleurs, d’autres cas similaires plus tard, notamment avec Tony Esposito, Bryan Trottier, dont les origines autochtones lui accordaient les deux citoyennetés nord-américaines, ainsi que Brett Hull.

Arrivée des collégiens de Lake Placid

En 1981, les Américains terminent au quatrième rang avec un dossier de 2-2-1. Ils comptaient dans leurs rangs trois futurs membres du Panthéon du hockey en Tony Esposito, Mark Howe et Rod Langway, qui allait passer du Canadien aux Capitals de Washington un an plus tard. Sept jeunes joueurs de la bande de collégiens qui avaient Le Miracle sur glace, l’année précédente aux Jeux olympiques de Lake Placid, font partie de la formation.

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LES ARCHIVES / LE JOURNAL DE MONTREAL
LES ARCHIVES / LE JOURNAL DE MONTREAL

En 1984, les Américains finissent au deuxième rang de la ronde préliminaire, derrière l’URSS et devant la Suède et le Canadien, dans l’ordre.

Chris Chelios, Phil Housley, Tom Barrasso et Trottier s’ajoutent à Langway en tant que futurs membres du Temple de la renommée du hockey. Mais les Américains s’effondrent 9 à 2 devant les Suédois en demi-finale.

Tombeurs de l’URSS dans l’autre demi-finale, les Canadiens disposent des Suédois en deux matchs dans une finale au meilleur de trois.

De la cave au grenier

En 1987, un autre futur membre du temple, Joe Mullen, s’ajoute, mais les Américains régressent avec une cinquième position au tour préliminaire et ils sont exclus de la ronde éliminatoire.

AFP
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En 1991, Brett Hull, Pat LaFontaine, Mike Modano et Jeremy Roenick se greffent à l’équipe. C’est une bonne année pour les Américains, qui finissent deuxièmes derrière le Canada au tour préliminaire. Ils disposent de la Finlande en demi-finale, mais baissent pavillon en deux matchs devant le Canada en finale.

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En 1996, la Coupe Canada fait place à la Coupe du monde et c’est l’apothéose pour l’équipe américaine, qui connaît un parcours immaculé jusqu’en demi-finale. Elle s’incline 4 à 3 en prolongation dans le premier match de finale contre le Canada, mais revient en force avec deux victoires convaincantes de 5 à 2.

Les Chelios, Housley, Modano, Hull et LaFontaine sont encore là. Un autre éventuel membre du temple, le gardien Mike Richter, s’ajoute, mais l’équipe américaine a plus de profondeur qu’elle n’en a jamais eue jusque-là.

John LeClair, Tony Amonte, Bill Guerin, Gary Suter, les frères Kevin et Derian Hatcher sont au sommet de leur carrière.

Retour à la case départ

En 2004, le Canada connaît un tournoi parfait avec six victoires en ronde préliminaire (3-0) et au tour éliminatoire (3-0).

AFP
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Quant aux Américains, ils traversent un parcours pénible en ronde préliminaire avec une victoire en trois matchs. Ils se reprennent en quart de finale en éliminant les Russes 5 à 1, mais perdent 2 à 1 contre la Finlande en demi-finale.

Les Américains doivent se renouveler. Mais 10 ans plus tard, c’est la catastrophe!

Team USA compte de bons joueurs comme Patrik Kane, Joe Pavelski, Jonathan Quick, John Carlsson et Max Pacioretty, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Les Américains échappent leurs trois matchs de la ronde préliminaire, ne marquant qu’un grand total de cinq buts. Ils rentrent chez eux la tête entre les épaules et la queue entre les jambes.

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C’était il y a plus de huit ans, mais les choses semblent bien avoir changé pour le mieux.

Rendez-vous samedi soir pour le match Canada–États-Unis!

Modèle à suivre pour le hockey québécois

L’année 1996 marque la mise en place du programme national de développement de Hockey USA qui s’élèvera parmi les meilleurs au monde.

Auston Matthews en a été un grand bénéficiaire. Né en Californie, il a grandi en Arizona, où il est tombé en amour avec le hockey en allant au match des Coyotes avec son père. Il y avait bien du hockey mineur en Arizona, mais le jeune Matthews serait-il devenu le joueur qu’il est sans l’existence du programme de développement américain?

La question se pose.

L’édition américaine de la Confrontation des 4 nations compte dans ses rangs une quinzaine de joueurs issus de ce programme. Elle pourrait en compter deux de plus si Cole Caufield et Tage Thompson avaient été retenus.

Faisons appel à Joé Juneau

Si le Québec veut se sortir de l’impasse dans laquelle notre hockey se trouve en ce moment, il aurait avantage à copier le modèle américain. C’est même son unique et dernière chance.

Ça commence par la pratique du hockey dans les écoles et l’embauche d’entraîneurs certifiés. Qu’on embauche Joé Juneau pour mettre les choses en place. Il est parfaitement capable de mettre sur pied un tel programme.

Qu’on cesse d’en parler et qu’on agisse. Sinon, qu’on la ferme et passons à autre chose. C’est bête, mais c’est comme ça.

Qu’est-ce qu’on attend?

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