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Le gouverneur de la Banque du Canada prend la défense de son homologue américain contre l’administration Trump

Les pressions de l’administration Trump sur Jerome Powell sont de mauvais augure pour l’économie ici aussi

Photo portrait de Raphaël Pirro

Raphaël Pirro

2026-01-12T20:19:40Z

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OTTAWA | Le gouverneur de la Banque du Canada (BdC) Tiff Macklem apporte son soutien à son homologue américain, Jerome Powell, en guerre ouverte contre l’administration Trump après le lancement d’une enquête criminelle à son endroit. 

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Dans une déclaration écrite au Journal, M. Macklem affirme que le gouvernement de la Federal Reserve «incarne l’idéal du service public».

«Le président Powell fait un très bon travail dans des circonstances difficiles, en guidant la Fed pour prendre des décisions de politique monétaire fondées sur des données, et non pas sur la politique», a indiqué le gouverneur Macklem.

Dans une vidéo publiée dimanche soir, Jerome Powell défend l’indépendance de la «Fed» face aux pressions du gouvernement de Donald Trump, qui souhaite à tout prix abaisser le taux directeur pour stimuler la croissance économique, même si de telles décisions vont à l’encontre des analyses de l’institution.

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M. Powell affirme que l’enquête criminelle dont il fait l’objet n’est qu’un «prétexte» pour punir le banquier central pour son refus obstiné de se plier aux caprices du président. Les avocats du gouvernement l’accusent d’avoir «menti» au Congrès.

Dans sa déclaration, Tiff Macklem souligne que «l’indépendance donne aux banques centrales l’espace nécessaire pour prendre des décisions difficiles qui profitent à l’économie et à ses citoyens, sans interférence politique à court terme».

Jerome Powell a reçu le soutien de bon nombre d’élus démocrates et de ses prédécesseurs, dont Janet Yellen et Alan Greenspan.

Des dommages à l’économie d’ici

Philippe Gougeon, ancien chef de cabinet du ministre des Finances Eric Girard, croit que l’attaque contre la banque centrale américaine est de mauvais augure pour l’économie canadienne.

«Si les États-Unis commencent à toucher à leur taux d’intérêt pour des raisons politiques, c’est eux qui vont perdre. Ce que ça va faire, globalement, c’est qu’il va y avoir plus de risques dans l’économie générale, et c’est là qu’il va y avoir des impacts assez négatifs. Là, ça va nous faire mal», explique l’économiste.

Les risques viendront de l’incertitude du public comme des experts et des institutions financières quant à la situation réelle de l’économie.

Baisser le taux directeur lorsque les données ne le justifient pas pourrait stimuler l’économie, mais peut du même coup jeter de l’huile sur le feu de l’inflation.

La BdC n’est pas obligée de suivre les baisses de taux aux États-Unis. Celle-ci devra continuer d’ajuster ses prévisions de croissance économique américaine et canadienne, explique l’expert.

«Donc, ça se pourrait très bien que les taux américains baissent et que nous, on ne bouge pas pour le moment, pour voir où ça s’en va. Mais ça se peut qu’on soit aussi obligé de suivre s’il y a une récession aux États-Unis», indique M. Gougeon.

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