Le gardien William Rousseau mérite qu’une équipe de la LNH lui donne sa chance, estime son ancien entraineur


Kevin Dubé
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Leurs chemins vont se séparer au cours des prochains jours mais ça ne change rien, l’entraineur des gardiens de but des Remparts de Québec, Pascal Lizotte, a un message clair à adresser aux organisations de la LNH : William Rousseau mérite une chance.
Rousseau et Lizotte ont travaillé ensemble au cours des trois dernières saisons et leur association s’est conclue avec un jeu blanc du gardien des Remparts en finale de la Coupe Memorial, dimanche dernier.
Rousseau passera aux Huskies de Rouyn-Noranda au cours des prochains jours et c’est en Abitibi qu’il disputera sa saison de 20 ans, à moins qu’une équipe professionnelle ne lui fasse signe d’ici là.
« Si ce n’était que de moi, je dirais aux équipes de la LNH d’investir en William, tranche Lizotte. Sa progression est constante. Il est arrivé à 17 ans ici et il avait connu une année difficile. Ensuite, à 18 ans, il a partagé le filet avec Fabio Iacobo avant de le prendre en fin d’année et, cette saison, il a eu une année exceptionnelle.
« Depuis qu’il est arrivé chez nous, ses performances n’ont fait que s’améliorer. Il a gagné en aplomb et en prestance, ce qui est très important pour un gardien. Quand, dans la chambre, les gars voient que leur gardien est calme, il impose le respect. »
Une année à se prouver
Pour Lizotte, Rousseau a relevé tous les défis auxquels il a fait face cette année. Et non les moindre.
« Quand on a commencé l’année, on s’était fixé des objectifs à court, moyen et long terme. On voulait qu’il connaisse un bon début de saison pour faire partie des plans de Hockey Canada, et ça marché », rappelle l’entraineur.
Rousseau a effectivement fait partie des quatre gardiens invités par le programme national en vue du Championnat mondial de hockey junior. Après un excellent camp, il avait été retranché mais on lui avait assuré qu’il serait le premier rappelé en cas de besoin.
« C’était la quatrième fois que je travaillais avec un gardien qui allait au camp d’Équipe Canada junior, après Olivier Michaud, Julien Ellis et Louis Domingue. Je savais par expérience que quand ils arrivent de là, ils sont vidés mentalement. Ils vivent un peak émotif en décembre alors que, normalement, on veut les amener à le vivre en mars. Après ça, vient toujours une léthargie et elle est difficile à gérer. Il faut laisser aller les choses. Will, je disais qu’il jouait sur la braise. Il lui manquait l’étincelle pour allumer le feu qu’il avait. »
Retour en force
À force de travail, autant technique de mental, Rousseau a finalement retrouvé ses repères au bon moment et s’est imposé comme un pilier pour les Remparts en séries, particulièrement lors de la demi-finale face aux Olympiques de Gatineau.
« On a revu le William du début de saison », acquiesce Pascal Lizotte.
Puis, au tournoi de la Coupe Memorial, il devait faire face à de nouveaux défis en se retrouvant dans un tournoi dans lequel deux des quatre gardiens – Thomas Milic pour Seattle et Michael Simpson pour Peterborough – venaient de remporter le titre de joueur le plus utile des séries de leur ligue. Milic, en plus, était l’un des deux gardiens qui l’avaient privé d’une place avec Équipe Canada junior en décembre.
« Quand il est arrivé contre Milic la première fois, tout le monde lui parlait de cette confrontation, rappelle Lizotte. Ce que je lui ai dit c’est : ‘’Will, ta job, c’est la même affaire. Ton adversaire, c’est la rondelle. La seule différence, c’est que des fois, les gars qui vont lancer sur toi vont être habillés en vert et d’autres fois en rouge. Il faut que tu te concentres sur ton processus parce que tu n’as pas de contrôle sur le reste. ‘’»
Et ça marché. Rousseau a eu le dessus deux fois plutôt qu’une sur le gardien partant d’Équipe Canada junior, dont en finale de la Coupe Memorial grâce à un jeu blanc de 32 arrêts.
À noter que le gardien natif de Trois-Rivières en est à sa troisième année d’admissibilité au repêchage de la LNH. S’il ne trouve pas preneur, à Nashville, le 29 juin prochain, il deviendra par la suite libre de s’entendre avec n’importe quelle équipe.