Le Frost n'est pas le même animal en séries... et la Victoire vient de le réaliser


Patric Laprade
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Du beurre et de la margarine.
Lance et Compte et Les Boys.
Le commentateur haïtien et Palé hockey.
Toutes des choses qui ont des ressemblances, mais qui ne sont pas pareilles. Certains vont préférer l’un, d’autres l’autre.
C’est la même chose avec la saison régulière et les séries éliminatoires.
Certaines équipes vont mieux performer sur le long terme. D’autres vont dominer en séries. C’est ce qui se passe avec la Victoire de Montréal et le Frost du Minnesota.
Et ce n’est pas comme si je ne vous avais pas avertis !
Minnesota a beau avoir fini troisième en saison régulière, c’est une équipe dure à battre en séries éliminatoires. La Victoire a marqué quatre buts à sept occasions au cours de la saison régulière. Les sept fois, ça a été suffisant pour que l’équipe remporte le match.
Pas en séries contre le Frost.
Laura Stacey a marqué trois buts. Abby Roque et Marie-Philip Poulin ont obtenu deux points chacune. Pourtant, en amont, on disait que la profondeur de Montréal allait les aider cette année.
Pas en séries contre le Frost.
Ann-Renée Desbiens a joué 25 parties cette saison et a accordé deux buts et moins à 24 reprises.
Pas en séries contre le Frost.
Et je ne suis pas en train de dire que c’est de la faute à Desbiens. Malgré un ou deux buts qu’elle aimerait sûrement revoir, si ça n’avait pas été de son brio, particulièrement en début de deuxième face à Taylor Heise, le match aurait pris une tournure bien différente.
Mais la réalité demeure.
La saison et les séries ne sont pas la même chose.
Combien de commentaires de partisans ai-je lus défendant le choix de la Victoire et mentionnant que l’attaque du Frost ne leur faisait pas peur à cause de la gardienne montréalaise ?
Pourtant, Minnesota a marqué cinq buts. Ce sont deux de plus qu’après quatre parties contre Montréal en saison régulière. Les attaquantes du Frost entraient en zone adverse comme si c’était journée portes ouvertes à la Place Bell.
À deux reprises, elles ont marqué moins d’une minute après un but de Montréal. Ça démontre toute une force de caractère, le calme derrière cette équipe et ça illustre aussi qu’elles n’en sont pas à leur premier BBQ.
Vous voulez vous amuser ? Regardez la réaction des joueuses de la Victoire lorsqu’elles marquent un but. Et ensuite, regardez celle des joueuses du Frost. Vous allez tout comprendre.
Plus ça change plus c’est pareil
Ce n’est pas parce que Montréal et Minnesota ne s’étaient jamais affrontés en séries que les choses allaient changer.
Et l’expression « plus ça change plus c’est pareil », qui provient d’un journaliste français du 19e siècle, ne pourrait mieux s’appliquer ici.
Montréal a souvent connu des débuts de matchs difficiles cette saison et ça a encore été le cas samedi. L’équipe était nerveuse en première période, qui s’est terminée 8-5 Minnesota au chapitre des tirs au but, mais surtout 2-0 en faveur du Frost.
Plus ça change, plus c’est pareil !
Minnesota n’avait pas perdu en 11 rencontres cette saison après avoir pris l’avance en première.
Plus ça change, plus c’est pareil !
La mort, les taxes et la Victoire qui perd sa première partie des séries à domicile, alors que la même chose était arrivée face à Boston et Ottawa.
Est-ce que le même résultat final attend Montréal ?
Ça reste à voir.
La quatrième suspension à Britta Curl-Salemme pour son coup porté à Kaitlin Willoughby pourrait venir changer les choses.
En l’absence de Curl-Salemme, Minnesota n’avait pas gagné en saison régulière l’an dernier. Par contre, en séries l’an dernier, l’équipe avait battu Toronto 5 à 3 sans l’Américaine.
Plus ça change, plus c’est pareil ?
Une règle modifiée en douce
Lors de la première saison de la LPHF, je m’étais renseigné à savoir comment les contrats de 10 jours étaient calculés. La ligue m’avait alors expliqué qu’il s’agissait de 10 jours calendriers complets après la signature du contrat. En d’autres mots, ça donnait un contrat de 11 jours.
D’ailleurs, Catherine Dubois avait signé un contrat de 10 jours le 10 janvier 2024 et avait joué le soir même. Puis, elle avait joué trois autres matchs, le dernier étant le 20 janvier, 11 jours plus tard.
J’ai toujours conservé cette interprétation par la suite.
Mais la LPHF étant la LPHF, la transparence est aussi rare que de la marde de pape !
Deux ans plus tard, la défenseuse de la Victoire Nadia Mattivi se retrouve dans une situation semblable. Elle a signé un contrat de 10 jours et joué le 25 avril dernier. Cette 11e journée tombe aujourd’hui, le 5 mai, soir de match.
Lorsque j’ai demandé à la ligue si Mattivi pouvait jouer, elle qui devrait faire partie du top 4 de l’équipe, la même personne qui m’avait donné l’explication il y a deux ans m’a dit que son contrat se terminait le 4 mai et non le 5.
Je lui ai donc rappelé le cas Dubois et c’est alors qu’il m’a répondu que les termes des contrats de 10 jours ont été mieux définis par la ligue et communiqués aux équipes depuis la première saison.
Pas de danger qu’on communique aussi ce genre de choses aux médias question que nos analyses soient plus précises ?
Émoji avec la main dans la face !
C’est pratique une Québécoise
Jade Downie-Landry attendait avec impatience son premier match en séries. Après deux années de misère à New York alors que l’équipe a terminé au dernier rang de la ligue à deux reprises, et un faux départ à Montréal alors qu’elle a manqué les sept premiers matchs en raison d’une blessure à un doigt, la Québécoise était sur le point de vivre l’expérience d’un match de séries éliminatoires à la maison.
Mais Kori Cheverie en a décidé autrement.
Jouant avec 14 attaquantes, et malgré le fait que JDL n’ait pas manqué un seul des 23 matchs depuis son retour de blessure, elle a décidé de laisser de côté Downie-Landry samedi.
C’est pratique une Québécoise, hein ?
Et pour les sceptiques, non, elle n’était pas blessée ou malade. Cheverie l’a confirmé.
En fait, l’entraîneuse-cheffe a laissé croire lundi lorsqu’on lui a posé la question qu’il y aurait une rotation et que Jade était simplement la première à ne pas jouer.
Si je lis bien entre les lignes, c’est donc le poste de 13e attaquante qui changera d’identité. Samedi, dans ce rôle, Skylar Irving n’a joué que 2 minutes et 45 secondes. Advenant qu’on envoie Irving dans les estrades au profit de JDL ce soir, c’est le temps de glace qu’il faudra s’attendre pour la Québécoise.
Élizabeth Giguère a retrouvé le goût du hockey
Une autre Québécoise a eu la chance, elle, de faire ses débuts en séries et c’est Élizabeth Giguère.
Après avoir joué deux saisons à New York et après avoir été coupée au camp d’entraînement d’Ottawa, elle a pris la direction du Minnesota, acceptant un rôle de réserviste. Et bien qu’elle n’ait joué que 13 matchs en saison régulière, ce changement d’air semble lui avoir été bénéfique.
Lundi après l’entraînement de son équipe, elle me disait que les deux années passées à New York avaient été dures pour elle mentalement, mais que le leadership et l’encadrement au Minnesota lui avaient redonné le goût de jouer au hockey et qu’elle en était très heureuse.
Samedi, c’est devant une dizaine de parents et d’amis qu’elle a joué son tout premier match en séries, au Québec de surcroît.
« Le feeling était incroyable ! À chaque fois qu’on joue à Place Bell, l’atmosphère est incroyable. Mais une game de séries, avec ma famille et mes amis dans les estrades, c’était quand même impressionnant ! »
Le deuxième match de cette série a lieu ce soir à la Place Bell. La série se déplacera ensuite au Minnesota jeudi et vendredi, pour ensuite revenir à Laval, si nécessaire, lundi soir prochain.