Le français sur toutes les lèvres

Guillaume St-Pierre
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Le français a la cote à Ottawa par les temps qui courent.
Tous les partis se disputent le titre de champion défenseur de la langue française, en ce lent début de campagne électorale.
Faut-il en être flattés ?
Ne crachons pas dans la soupe. Laissons faire monter les enchères.
Le PLC qui reconnaît le français comme seule et unique langue officielle au Québec. Le PCC qui promet d’assujettir les entreprises de compétences fédérales établies au Québec à la loi 101, tout comme le NPD.
Du petit lait pour les nationalistes.
Les militants du Bloc québécois, eux, en seront un peu amers.
Cela fait beaucoup de gens qui courtisent la même talle.
De la compétition
La renaissance du Bloc en 2019 a assurément contribué à l’émergence d’un discours plus sensible aux revendications de Québec de la part des partis fédéraux à Ottawa.
Mais sur la question de la langue, et de l’identité en général, force est de constater qu’il n’est plus seul à occuper ce terrain.
Yves-François Blanchet dénoncera une manœuvre opportuniste.
Promesse de politicien, dira-t-il. Promesse tout de même.
Le Parti conservateur d’Erin O’Toole, dont la progression en français est remarquable, est particulièrement agressif sur ce front.
Le contrat qu’il a offert aux Québécois répond à la plupart des demandes de Québec, avec deux gros bémols, soit l’abandon du financement des garderies promis par les libéraux et la hausse jugée insuffisante des transferts en santé.
O’Toole a visé le cœur. Trudeau, le portefeuille.
Les libéraux avantagés ?
Les libéraux ne seraient pas tristes de voir les conservateurs gagner quelques points au Québec.
La stratégie du parti repose dans certaines circonscriptions francophones à se faufiler entre conservateurs et bloquistes.
C’est ainsi qu’il n’est pas impossible que le Bloc fasse les frais de la surenchère qu’il a contribué à amorcer concernant les dossiers identitaires.
Ironiquement, les succès du Bloc québécois des dernières années sont aujourd’hui susceptibles de donner des maux de tête à Yves-François Blanchet.