Le deuxième match de la série Canadien-Hurricanes vu par un labrador

Jean-Nicolas Blanchet
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RALEIGH | Je ne sais pas si c’est lourd au Québec, mais ici, en Caroline, ce n’était vraiment pas joyeux après la défaite du Canadien. Je ne m’attendais pas à des sourires, mais il me semble qu’il ne faut pas être trop difficile non plus.
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Martin St-Louis, en point de presse après le match, avait le même non-verbal que lorsque j’ai perdu au pickleball contre mon épouse. Il avait l’air en ta...
Il ne s’est pas éternisé. Ç’a pris quatre minutes. Une question, c’était pour essayer de lui faire dire, avec un peu d’entrain, qu’il avait hâte que son équipe retrouve ses partisans à Montréal. La réponse a été plutôt sèche.
« Nos fans nous ont vus jouer trois matchs sur la route de suite. Je suis sûr qu’ils seront prêts quand on sera à la maison », a-t-il dit, avec un ton aussi enjoué que Dan Bigras.
Il peut avoir l’humeur massacrante qu’il veut, Martin St-Louis. Il doit être brûlé. On le comprend. C’est juste qu’il a le contrôle sur l’humeur de toute une province présentement. Les lendemains sont ainsi toujours plus ensoleillés au Québec après une défaite quand Martin St-Louis reste positif et relativement crinqué.
Trop émotifs pour rien
En revenant à mon hôtel, j’ai croisé cinq partisans du Canadien complètement ivres. Je pense que leur niveau d’alcool dans le sang amplifiait leur découragement. « On essaie de s’en remettre, mais c’est très difficile », m’a lancé un d’entre eux.
Je comprends, avec quelques verres de trop, on peut être émotif.
Mais dans les faits, tout va plutôt bien.
Je vais essayer de vous présenter ça comme ma labrador, Anita, le ferait. Elle a six ans. Elle est toujours heureuse. Rien n’est négatif pour elle. Chaque prochaine seconde est la plus belle de sa vie.

Anita trouverait ça très positif que le Canadien n’ait pas donné beaucoup d’occasions de marquer à une des plus grosses puissances offensives de la Ligue.
Elle serait impressionnée par le fait que Montréal soit passé près de prendre les devants 2 à 0 dans une série dont ils ne sont encore pas favoris (et de loin).
Anita dirait qu’il ne faut quand même pas être trop exigeant. Que ce sera serré, mais que les partisans du Canadien ont raison d’être confiants après deux matchs.
Le Canadien a été brillant défensivement au deuxième match. Les Hurricanes, encore plus.
Deux Cy Young s’affrontaient
Ça ressemblait à un duel entre Pedro Martinez et Roger Clemens. Mais le Canadien ressemblait aux Expos des années de bouette. Même si Pedro lançait un match presque parfait, l’offensive n’était pas capable d’aller chercher des points contre Clemens.
La défense, la défense... ce n’est pas une raison pour ne pas lancer au but.
Douze tirs, ça ne marche pas. Je sais que le Canadien a battu Tampa avec neuf tirs au match 7. Mais c’était tellement rare que c’était un record.
Au-delà de l’effort, de l’opportunisme et de la robustesse, j’ai l’impression que cette série se jouera aussi dans le bureau des entraîneurs. Rod Brind’Amour a pesé sur quelques boutons sur son panneau de contrôle de stratégies et ç’a fonctionné. Martin St-Louis n’est pas pire à ça non plus.
Il risque d’ajuster sa game pour que la game de ses joueurs vienne briser la game que Rod Brind’Amour essaie d’ajuster tout en restant dans le genre de game de son équipe.