Le désavantage numérique propulse la Victoire au premier rang


Patric Laprade
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La Victoire de Montréal a remporté son quatrième match consécutif, sa plus longue série de victoires de sa courte vie, et l’équipe peut dire merci à son désavantage numérique.
Non seulement l’équipe de Kori Cheverie a tenu le Fleet de Boston en échec sur les cinq avantages numériques qu’il a eus – dont un avantage numérique de cinq minutes –, mais Kristin O’Neill a marqué le filet gagnant en infériorité numérique.
Avec cette deuxième victoire en temps régulier de suite, Montréal trône maintenant au sommet de la ligue, un point devant Minnesota. Chaque équipe a joué six matchs, soit 20 % de la saison régulière.
Le match a entre autres vu Claire Dalton, Anna Wilgren et O’Neill marquer leur premier but de la saison. Dalton a particulièrement connu un fort match avec un but, une aide, deux tirs bloqués, trois tirs au filet, une fiche de +2 et la première étoile du match.
Montréal a notamment été bonne dans les fins de période. Ses trois buts ont été marqués lorsqu’il restait moins de trois minutes à jouer. Toutefois, c’est un autre aspect de son jeu qui a permis à l’équipe de remporter ce match.
«Une leçon de désavantage numérique»
Les avantages numériques des deux équipes n’ont pas livré la marchandise. Au moment où Boston perdait par deux buts, l’équipe a eu un cadeau tombé du ciel : un avantage numérique de cinq minutes en début de troisième, gracieuseté de Catherine Dubois, qui sera probablement suspendue pour son coup porté à la tête de Megan Keller.
Et en cinq minutes, les Bostonnaises n’ont lancé qu’une seule fois sur Ann-Renée Desbiens, lorsqu’il ne restait que neuf secondes au surnombre. Puis, peu de temps après, le Fleet a obtenu un autre avantage numérique et cette fois-ci, l’équipe n’a récolté aucun tir du but. Jamais deux sans trois me direz-vous, puisque Boston a eu une dernière chance de marquer en avantage numérique, en toute fin de rencontre. On a même enlevé la gardienne de but, mais le résultat a été le même. Un seul tir au but et aucun but.
Sur les cinq avantages numériques accordés, Montréal n’a accordé que cinq lancers et en a bloqué sept. «Une leçon de désavantage numérique», a dit la gardienne de but Ann-Renée Desbiens après la rencontre.
C’est ce qui a fait la différence dans ce match.
La performance parfaite de l’équipe lui donne maintenant un pourcentage de réussite à court d’une joueuse de 88,2 %, bon pour le second rang de la LPHF.
Toutefois, tout n’est pas parfait dans l’univers des unités spéciales. L’avantage numérique a été une fois de plus anémique en quatre occasions et l’équipe termine l’année 2024 au dernier rang de la LPHF avec un faible, très faible taux de 8 %.
En combinant les deux, voici le classement des unités spéciales:
1-Minnesota 118,6 %
2-Boston 113,7 %
3-New York 108,4 %
4-Montréal 96,2 %
5-Ottawa 91,5 %
6-Toronto 85,3 %
Il y a donc encore du travail à faire, principalement en supériorité numérique. L’équipe n’a pas marqué un but avec l’avantage d’une joueuse depuis le premier match de la saison. C’est inconcevable lorsqu’on y pense.
Première salle comble pour Montréal
Il y a une autre statistique dans laquelle la Victoire frôle le sommet et c’est la moyenne d’assistance. En effet, le match d’hier a vu sa première salle comble de la saison avec 10 172 spectateurs à la Place Bell. La moyenne de l’équipe en trois rencontres se situe à 8540, soit près de 500 de plus que Toronto. Seul Ottawa les devance, mais l’équipe n’a joué qu’à deux reprises à domicile et sa moyenne est largement le résultat du match disputé au Centre Canadian Tire.
À l’autre spectre, Boston et New York ferment la marche et je pense que la moyenne de Boston, même si elle est supérieure à celle des Sirens, est encore plus décevante. Boston est un meilleur marché de hockey féminin que New York, mais jouer à Lowell n’aide pas la cause de l’équipe.
Quand on compare le Canada et les États-Unis, ce n’est même pas un combat. On parle du double ici pour les équipes canadiennes.
Le problème?
C’est que l’argent passe par un contrat avec un réseau de télévision américain ou une plateforme américaine. Et basé sur les assistances, l’intérêt n’est visiblement pas le même. Ce n’est pas pour rien qu’on veut créer une expansion et je me dis que ce ne serait même pas surprenant si on choisissait deux marchés américains à la fin du processus.
Voici les moyennes d’assistance jusqu’à présent :
1-Montréal 8540
2-Ottawa 8758
3-Toronto 8047
4-Minnesota 7145
5-Boston 3556
6-New York 2840
Montréal est la seule équipe de la ligue à avoir attiré plus de 10 000 spectateurs à deux reprises cette saison et comme a dit Kori Cheverie dans la langue de Poulin après la rencontre, «c’est une belle façon de finir l’année!»
Samantha Neves de retour
Le 5 décembre, lors du dernier match à domicile de la Victoire, j’avais émis le souhait qu’on réinvite la chanteuse Samantha Neves pour l’interprétation des hymnes nationaux.
Je vous ramène 27 jours en arrière.
Neves, une artiste de Gatineau qui a fait les demi-finales de La Voix en 2019, venait de terminer l'hymne américain, lorsqu'au début du penchant canadien, elle a semblé chambranlante. Quelques secondes plus tard, elle a perdu connaissance, faisant quelques pas par en avant, quittant le tapis et tombant sur la patinoire. L'équipe médicale est immédiatement venue à son secours et Neves a quitté la patinoire en marchant. Un choc vagal aurait causé le tout.
Eh bien, mon souhait s’est réalisé alors que dès le premier match à domicile depuis l’incident, on a réinvité Neves, qui n’a pas manqué sa chance et a offert une excellente performance. Une belle attention de Christine Montpetit et de l’équipe de la Victoire que je salue pleinement.
Un calendrier à retravailler... sauf pour les enfants!
Le prochain match de l’équipe à Laval n’aura lieu que le 17 janvier. Après avoir attendu 26 jours, voilà que les amateurs devront attendre encore 18 jours pour voir leurs préférées sur la glace lavalloise.
Ce sont les caprices d’un calendrier ponctué de pauses pour du hockey international, pauses pour le temps des Fêtes et de matchs joués en terrains neutres.
Ce n'est tout de même pas aussi insensé qu’Ottawa et Boston qui ont des séquences de 36 jours sans jouer à domicile. Bien qu’elle ait reconnu que le calendrier n’était pas évident, pour Courtney Kessel, l’entraîneuse du Fleet, qui a toujours un très bon sens de l’humour en point de presse, c’est quelque chose qui a peut-être du bon sur un plan personnel.
«Honnêtement c’est probablement plus facile pour moi parce que mes enfants sont à la maison!»
Sur ce, je vous souhaite une bonne année! Bonheur, prospérité et surtout, santé!