Le délire libertarien de Danielle Smith


Josée Legault
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Ce mardi, le jour même de son assermentation comme première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, cheffe du Parti conservateur uni, s’est fendue d’une déclaration d’une irresponsabilité sociale sidérante.
Selon elle, les gens qui ont refusé de se faire vacciner contre la COVID constitueraient le groupe de personnes qui, de par le monde et depuis même sa propre naissance en 1971 (!), auraient subi le plus de discrimination.
Pour Mme Smith, les non-vaccinés trôneraient ainsi au sommet des groupes victimes de discrimination. Avant même, faudrait croire, les femmes, les personnes racisées, handicapées, autochtones, LGBTQ, etc.
Électoraliste avant tout
À première vue, c’est du délire libertarien à la puissance dix. Or, parce qu’il sort de la bouche d’une première ministre – et non pas de celle d’un quidam complotiste antivax –, cette déclaration est loin d’être anodine.
Pis encore, elle tombe la même semaine où le Canada, comme ailleurs, entre dans une 8e vague de pandémie. Alors aussi qu’aujourd’hui même débutent les travaux de la commission d’enquête sur le recours par Justin Trudeau à la Loi sur les mesures d’urgence.
(Rappelons qu’en février, ce recours visait justement à mettre fin à l’interminable occupation illégale d’Ottawa par des centaines de complotistes antivax réunis par le soi-disant « convoi de la liberté ».)
Le vrai danger
Le vrai danger est celui-ci. Quand des élus comme Danielle Smith répandent de telles divagations à des fins tout d’abord électoralistes, ils renforcent les mêmes théories complotistes qui, pourtant, s’opposent aux institutions démocratiques dont ils font eux-mêmes partie.
Auprès de cette partie de l’électorat, ils nourrissent un sentiment profond de persécution. En sacrant les non-vaccinés du statut du groupe le plus discriminé du dernier demi-siècle, Mme Smith le fait très volontairement.
Inévitablement, ces élus encouragent du même coup un hyper individualisme qui, tout au long de la pandémie, a eu comme effet de « normaliser » la désolidarisation d’une partie de la population envers le reste de la société.
Pour des élus, c’est une honte. Impossible de le dire autrement.