Le coup de circuit de la LNH
C’est un coup de génie d’avoir présenté deux matchs de rivalités régionales dans le même stade


Dave Lévesque
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EAST RUTHERFORD | La Ligue nationale de hockey a frappé un coup de circuit en s’installant au MetLife Stadium pour deux matchs extérieurs ce week-end.
D’abord, la météo new-yorkaise est généralement parfaite pour ce genre d’événement à ce temps-ci de l’année. Pas trop froid pour que ce soit désagréable. Pas trop chaud pour que ça pose des problèmes sérieux pour la glace.
Résultat des courses, une fin de semaine parfaite qui s’est déroulée sans anicroche apparente.
Même le trafic autour du stade est demeuré raisonnable, ce qui n’est pas peu dire puisque ce sont près de 150 000 personnes qui s’y sont entassées au total des deux rencontres.
Du génie
Le génie de cette décision réside dans le fait qu’on a proposé deux rencontres entre des rivaux de toujours.
Les Rangers et Islanders se détestent depuis plus de 50 ans. Les premiers caracolent au sommet de la section Métropolitaine, les seconds se battent pour une place en séries éliminatoires. Un cocktail parfait.
Les Devils sont géographiquement plus proches de Manhattan que de Philadelphie, mais le sud du New Jersey est à Philadelphie ce que la Rive-Sud est à Montréal, il n’y a qu’un fleuve qui les sépare. De ce fait, les Devils et les Flyers sont d’intenses rivaux surtout que seulement 90 minutes séparent Philly de Newark, où évoluent les Diables.
Et comme si ce n’était pas assez, les Flyers sont tout juste devant les Devils au classement de la section Métropolitaine, ce qui mettait la table pour un match chaudement disputé.

Atmosphère
Si l’atmosphère était bonne samedi soir pour le match entre les Flyers et les Devils, elle l’a été encore davantage pour la rencontre opposant les Rangers et les Islanders dimanche après-midi.
Il faisait beau soleil, les grills fonctionnaient à plein régime, les partisans avaient la banane.
De fait, ce qui était le plus beau, c’était de voir des masses de chandails des deux équipes pêle-mêle. Les partisans prenaient un verre et mangeaient ensemble. Les jeux de poches aux couleurs des deux équipes étaient nombreux et certains étaient même venus en motorisé ou avec une roulotte pour y passer la fin de semaine.
Ma réflexion en sortant de l’autobus à mon arrivée au stade? «Ça sent le camping». Ça m’a rappelé que mon Westfalia dort au chaud en attendant que le printemps revienne.
L’ambiance était donc chaleureuse et familiale, des partisans m’ont même offert une bière. Mais je travaillais et il était un peu tôt. Et à travers tout ça, on entendait des camions de pompier, mais pas de panique, ils baladaient des enfants dans les rues ceinturant les terrains de stationnement.
Et si...
Tout ça pour dire qu’on s’est mis à rêver de vivre un tel match à Montréal. Parce que même si on est loin, que les joueurs sont petits et qu’il est difficile de lire les noms et les numéros, il y a quelque chose de magique à ces matchs extérieurs.
Quand Patrick Roy lui-même prend le temps de dire qu’il aurait aimé le vivre du temps où il était joueur, ça veut tout dire. On se dit pour notre part que jouer à l’extérieur serait une bonne façon d’insuffler une nouvelle énergie au Match des étoiles.
Quant à Montréal, Gary Bettman soutient qu’il n’y a pas d’endroit adéquat pour y présenter une telle rencontre et on est malheureusement obligé de lui donner raison.
Tant le Stade Saputo que le stade Percival-Molson, pour diverses raisons, ne peuvent pas être considérés pour une rencontre hivernale. Et même si c’était possible, on accueillerait à peine plus de spectateurs qu’au Centre Bell pour une rencontre qui, d’un point de vue logistique, coûterait plus cher à produire. Financièrement, ça ne colle pas.
Mais on continue de rêver en imaginant l’image qu’on aurait d’un match entre le Canadien et les Maple Leafs au stade Percival-Molson, au pied du Mont-Royal, avec une petite neige qui tombe et l’enfant en nous se retrouve avec des étoiles dans les yeux.