Bombardements meurtriers à Gaza, Israël déterminé à vaincre le Hamas

AFP
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Des bombardements meurtriers ont visé lundi la bande de Gaza, où Israël poursuit son offensive contre le Hamas dans la ville de Rafah et se dit déterminé à vaincre le mouvement islamiste palestinien, malgré les appels au cessez-le-feu.
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Les États-Unis ont appelé dimanche le Hamas à accepter un plan israélien présenté vendredi par le président américain, Joe Biden, en vue d’un cessez-le-feu après bientôt huit mois de guerre.
Mais les exigences contradictoires réitérées par les deux camps ont rapidement jeté le doute sur la viabilité de ce plan.
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a répété sa détermination à poursuivre la guerre jusqu’à la «destruction» du Hamas, auteur d’une attaque sanglante le 7 octobre contre Israël, et la libération «de tous les otages» enlevés ce jour-là.
Les «conditions» pour arriver à un «cessez-le-feu permanent» n’ont pas changé, a assuré M. Netanyahu, sous très forte pression de l’opinion publique et de ses alliés d’extrême droite.
Le Hamas, qui n’a pas encore donné sa réponse définitive, a dit considérer «positivement» la feuille de route, mais a aussi réitéré ses exigences d’un cessez-le-feu permanent et d’un retrait total israélien de Gaza.
L’armée israélienne poursuit son offensive terrestre lancée le 7 mai à Rafah, une ville frontalière avec l’Égypte dans le sud du territoire palestinien, pour détruire selon elle les derniers bataillons du Hamas.
«Submergés» par les égouts
Lundi, des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont visé Rafah, principalement le secteur de Tal al-Sultan, dans l’ouest de la ville, selon un témoin. Un autre témoin a signalé des combats intenses dans l’est de Khan Younès, à quelques kilomètres de là.
En 24 heures, au moins 40 personnes ont été tuées à travers le territoire, selon le ministère de la Santé du gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas.
Des frappes et des tirs d’artillerie ont fait six morts dans le camp de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, dix à Khan Younès et quatre à Zeitoun, un quartier de la ville de Gaza, dans le nord, selon des sources médicales et la défense civile.
L’armée a annoncé avoir frappé la veille «plus de 50 cibles» à travers la bande de Gaza.
L’offensive terrestre sur Rafah a poussé, selon l’ONU, environ un million de Palestiniens à fuir.
Dans les ruines de Khan Younès, des habitants tentaient dimanche d’évacuer les égouts qui ont envahi les tentes plantées entre les squelettes des immeubles. D’autres se frayaient un passage dans des mares d’eau grisâtre encombrées de détritus.
«Les eaux usées nous ont submergés», a raconté à l’AFP Abdul Samad Barbakh, un habitant de la ville.
«Les moustiques nous piquent, nous et nos enfants, toute la nuit. Il n’y a pas d’eau potable. Il n’y a même pas de vendeur d’eau dans les rues. Il n’y a même pas d’eau de mer», a témoigné un autre homme, Said Ashour.
La guerre a éclaté le 7 octobre quand des commandos du Hamas infiltrés depuis Gaza ont mené une attaque sans précédent contre le sud d’Israël, qui a entraîné la mort de 1 190 personnes, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
Sur environ 250 personnes enlevées durant l’attaque, 120 sont toujours retenues en otages à Gaza, dont 37 sont mortes, selon l’armée israélienne.
En riposte, Israël a déclaré la guerre au Hamas, qu’il considère comme une organisation terroriste de même que les États-Unis et l’Union européenne. Son armée a lancé une offensive dans la bande de Gaza qui a fait jusqu’à présent 36 479 morts, selon des données du ministère de la Santé du Hamas.
Le Qatar, les États-Unis et l’Égypte, médiateurs dans le conflit, ont appelé conjointement samedi «le Hamas et Israël à finaliser l’accord de cessez-le-feu sur la base des principes énoncés par le président Joe Biden».
950 camions
Cette feuille de route proposée par Israël prévoit dans une première phase, selon Joe Biden, un cessez-le-feu de six semaines accompagné d’un retrait israélien des zones densément peuplées de Gaza, de la libération de certains otages, notamment des femmes et des malades, et de prisonniers palestiniens détenus par Israël.
Le cessez-le-feu pourrait devenir «permanent» si le Hamas «respecte ses engagements», selon M. Biden.
Des médias israéliens se sont demandé dans quelle mesure le discours de M. Biden et certains points importants du plan avaient été coordonnés avec l’équipe de M. Netanyahu, notamment la durée d’une éventuelle trêve ainsi que le nombre de libérations à venir.
Dimanche, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, «a salué la volonté d’Israël de conclure un accord et affirmé qu’il incombait au Hamas de l’accepter», lors d’un entretien téléphonique avec le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant, selon le département d’État.
Dans le territoire assiégé par Israël, frappé par une catastrophe humanitaire majeure, le point de passage de Rafah avec l’Égypte, crucial pour l’acheminement de l’aide internationale, est fermé depuis que l’armée israélienne en a pris le contrôle le 7 mai du côté palestinien.
La semaine dernière, 950 camions chargés d’aide sont entrés dans la bande de Gaza «depuis l’Égypte via le point de passage de Kerem Shalom», en Israël, selon un responsable des garde-frontières égyptiens.
Mais selon l’ONU, il faudrait que 500 camions entrent chaque jour dans le territoire pour répondre aux besoins immenses de ses 2,4 millions d’habitants.
Dans un hôpital de Deir el-Balah, dans le centre de la bande de Gaza, une femme de 33 ans, Amira al-Taweel, raconte qu’elle n’a pas trouvé de lait pour son bébé souffrant de malnutrition.
«Youssef a besoin de lait, en plus de son traitement médical, mais il n’y en a pas à Gaza», a confié cette femme à l’AFP, en tenant dans ses bras le petit garçon placé sous perfusion.