Le confinement de Jean-Pierre Ferland: «j’ai trouvé ça tellement difficile»

Cédric Bélanger
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De son propre aveu, Jean-Pierre Ferland n’a pas eu le confinement heureux. Les jours sont longs quand on ne peut pas faire ce qu’on aime. « C’était tellement triste et ennuyeux », confesse l’incorrigible charmeur de 86 ans.
Au crépuscule d’une grande carrière, Jean-Pierre Ferland n’avait pas envie d’une pause forcée, loin de la scène.
« J’ai trouvé ça tellement difficile. C’était épouvantable ! Je te le dis, quand je me suis fait vacciner, il y a à peu près un mois, j’ai ri tellement j’étais content. »
Le plus difficile ? L’interdiction d’aller chanter. Et ne lui parlez pas de concert virtuel. Il en a fait l’expérience, en février, et son verdict est sans appel.
« Il n’y a rien de plus terrible que ça. Tu chantes et quand tu commences à saluer à la fin de ta chanson, il n’y a personne dans la salle. C’était d’une tristesse ridicule. »
Ils ont dit oui
Pour se changer les idées, Jean-Pierre Ferland a décidé d’enregistrer un album. Un an à peine après la sortie de son plus récent disque, Partir au vent, il présente Je n’veux pas dormir ce soir qui se veut une sélection de dix de ses plus grands succès qu’il revisite avec autant d’invités.
« Tout le monde a dit oui », se réjouit le chanteur.
Florence K a volontiers joué du piano sur Un peu plus haut, un peu plus loin. Les 2Frères, « dont j’entendais de plus en plus parler », ont accepté de l’accompagner sur Je reviens chez nous.
Et ainsi de suite pour Mélissa Bédard, Jorane, Luc De Larochellière, Angèle Dubeau, Bruno Pelletier, sa douce Julie Anne Saumur, Lynda Lemay et le grand Gilles Vigneault.
Avec Vigneault, il partage Avant de m’assagir, choix doucement ironique pour ces deux monstres sacrés qui cumulent ensemble un siècle et quart de carrière.
« C’est mon idole », dit Ferland de l’auteur de Jack Monoloy. « J’ai un respect total pour cet homme. Ce moment ensemble a été adorable. Il a toujours ce même sens de l’humour et il ne vieillit pas. »
Tony Levin
Pour Le petit roi, Maman ton fils passe un mauvais moment et la chanson titre du disque, Jean-Pierre Ferland s’est offert une gâterie en refaisant équipe, cinquante ans après leur collaboration sur l’album Jaune, avec le bassiste Tony Levin (King Crimson, Peter Gabriel).
Encore là, tout s’est réglé assez simplement, si on se fie au récit de l’artiste octogénaire. Un coup de fil et Levin était partant. « Nous avons fait Le petit roi ensemble », s’émeut Ferland.
Retour sur scène
Maintenant que le disque de pandémie a été réalisé, le prochain objectif de Jean-Pierre Ferland est de remonter sur scène. « J’ai assez hâte de retrouver mon public. De faire plaisir à mon monde », dit-il.
Avant le grand chambardement, il avait présenté des concerts avec des chanteuses qu’il aime, en soutien à l’album Toutes les femmes de ma vie. Vous pouvez parier qu’il ne dira pas non si on lui propose de monter sur scène avec les artistes de son nouvel album.
« C’est pour pouvoir refaire des concerts que j’ai fait le disque. Je me suis dit : je vais me battre. »
♦ Je n’veux pas dormir ce soir est sur le marché depuis le 26 mars.