Le commissaire de la LHJMQ sort des arguments béton qui lui donnent raison sur la fin des bagarres


Kevin Dubé
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L’échantillon demeure petit, mais la LHJMQ est en train de gagner son pari dans le dossier de l’abolition des bagarres. Au quart de la saison, le circuit a enregistré moins de coups salauds que l’an dernier et ses assistances sont en hausse malgré le fait qu’on dénote une baisse drastique des combats sur glace.
En date de vendredi, un grand total de cinq combats avaient éclaté en 225 parties, présaison incluse. C’est donc dire qu’on assiste à un combat à toutes les 45 parties alors qu’à pareille date, l’an dernier, deux joueurs jetaient les gants à tous les sept matchs.
Malgré cela, 19 sanctions (suspensions et amendes incluses) ont été décernées depuis le début de la saison, dont 3 en raison de joueurs ayant agi à titre d’instigateurs à un combat, pour un total de 31 parties. Toujours à pareille date la saison dernière, 22 suspensions avaient été décernées pour un total de 44 parties.
Tout ça, en plus du fait que la LHJMQ enregistre présentement une hausse de 4,4% de ses assistances par rapport à l’an dernier.
«Les deux principaux arguments que j’entendais étaient qu’il y aurait une augmentation des coups salauds et que les gens viendraient moins à nos matchs [s’il n’y avait plus de bagarres]. J’ai toujours cru que c’était faux et on a maintenant 25% de notre saison et les chiffres permettent de mettre ça en relief», se réjouissait le commissaire de la LHJMQ, Mario Cecchini, lors d’un entretien téléphonique, vendredi.

Réaction à notre dossier
Le commissaire de la LHJMQ a aussi tenu à revenir sur le dossier publié par Le Journal la semaine dernière, qui visait à voir l’impact qu’avait eu la décision de la LHJMQ sur le reste du monde.
Parmi les intervenants cités, nous avions parlé avec des gens toujours en faveur des bagarres dans le hockey, notamment l’attaquant des Blue Jackets de Columbus, Mathieu Olivier, qui affirmait que 100% des joueurs de la LNH étaient en faveur des combats.
Une déclaration qui a fait sourciller Mario Cecchini.
«Je pense que ce n’est peut-être pas populaire pour les joueurs de dire qu’ils sont contre les batailles, mais je peux vous dire que ce n’est définitivement pas 100% des joueurs qui sont pour. C’est une mauvaise lecture. J’ai parlé avec de nombreux parents et des anciens joueurs, et ça se compte sur le bout des doigts, ceux qui sont pour. La preuve, même Bobby Smith et Michel Bergeron, des gens qui ont été au cœur de tout ça à une époque, sont en faveur de leur abolition. La société a évolué.»
D’ailleurs, le commissaire assure que les dirigeants de la Ligue nationale de hockey (LNH) sont «parfaitement à l’aise» avec leur décision.
«J’ai rencontré les gens de la LNH à New York récemment et ils n’ont aucun problème avec notre règlement. Ils comprennent qu’il y a une différence entre le junior et le hockey professionnel. On n’a ressenti aucune réticence de leur part.»
Et l’OHL et la WHL?
Si la LHJMQ tend à faire la preuve, pour l’instant, que l’augmentation des coups salauds n’est pas proportionnelle au déclin des bagarres, il reste encore du chemin à faire pour convaincre les deux autres ligues canadiennes, la Ligue de l’Ontario (OHL) et celle de l’Ouest (WHL) d’emboîter le pas.
«Pour l’instant, tout le monde est en mode observation. Est-ce que ça va arriver qu’un jour, les deux autres ligues abolissent les bagarres? Sûrement. En ce moment, tout le monde va attendre qu’on ait fait une saison complète. De toute façon, et je le dis souvent, je pense que la majorité des jeunes de nos jours n’en veulent plus.»