Canadien c. Avalanche: le comble de l’esprit sportif, gracieuseté de Cale Makar

Jonathan Bernier
Partager
DENVER | Lundi soir, le Ball Arena, domicile de l’Avalanche du Colorado, a été le théâtre d’un événement rarissime dans le monde du hockey : une punition déclinée.
• À lire aussi: Des champions décimés
• À lire aussi: «Je me sens libre»
Cale Makar tentait d’échapper à Mathew Barzal, qui le pourchassait. En possession de la rondelle, le défenseur de l’Avalanche a perdu pied en contournant son filet. Puisque le bâton de l’attaquant des Islanders se trouvait à proximité, l’un des officiels a levé le bras pour signaler une infraction.
Au coup de sifflet, Makar s’est empressé de signifier aux arbitres que son adversaire n’était pas responsable de cette chute. Dans sa grandeur d’âme, Makar a privé son équipe d’une supériorité numérique. Un moment qui aurait pu faire la différence dans ce match que les locaux ont finalement remporté 1 à 0 en tirs de barrage.
«Disons qu’on est resté surpris», a reconnu Samuel Girard, rencontré au terme de l’entraînement de l’Avalanche, le lendemain de l’événement.
«On ne savait pas trop quoi penser ou dire. Sur la vidéo, on voit bien que c’est une erreur de l’arbitre. A-t-il bien fait de dire qu’il était tombé lui-même ou non, je ne sais pas trop? Cale, c’est le meilleur défenseur de la ligue, alors je ne lui en veux pas.»
Des sentiments ambivalents
Une douzaine d’heures auparavant, au terme de la rencontre, Jared Bednar avait abondé un peu dans le même sens.
«C’est typique de Cale. Ça démontre le genre de personne qu’il est», avait indiqué l’entraîneur-chef de l’Avalanche aux médias présents au match.
Quant à lui, le principal intéressé, gagnant des derniers trophées Norris et Conn-Smythe, s’en voulait un peu.
«L’arbitre qui a appelé la punition était derrière le filet. D’où il se trouvait, je ne crois pas qu’il avait un bon angle. Il m’a vu tomber. Mais j’ai simplement perdu pied», a raconté le défenseur.
«Je ne sais pas trop pourquoi j’ai fait ça. Je me suis senti mal vis-à-vis mes coéquipiers. Je me sentais plus coupable de l’avoir dit que si je n’avais rien fait. Je ne suis pas certain que je le referais», a-t-il mentionné.
En lice pour le Lady Byng?
Si, plus haut, on a qualifié l’événement de rarissime et non d’unique, c’est parce qu’Alex Ovechkin, pas plus tard qu’en avril dernier, a également signalé aux arbitres, lors d’un match à Vegas, que l’adversaire n’avait pas été coupable de la faute qu’on lui reprochait.
Ça, c’est le comble du fair-play. Reste à voir si cela lui vaudra une nomination pour le trophée Lady Byng, remis au joueur ayant le meilleur esprit sportif.