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Le cœur des Sabres chante du Elvis à Victoriaville

REUTERS
Photo portrait de Jean-Nicolas Blanchet

Jean-Nicolas Blanchet

2026-05-09T04:00:00Z

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BUFFALO | Il a été le premier joueur repêché par la franchise. Il détient à peu près tous les records de l’équipe avec, notamment, 512 buts. Il a été et sera toujours le cœur des Sabres. Loin de Buffalo, il chérit la renaissance de son équipe en regardant tout ça à la télé dans sa Victoriaville natale.

Vous avez compris que je parle aussi de la légende Gilbert Perreault, le seul membre toujours vivant de la redoutable French connexion qui regroupait aussi Richard Martin et René Robert.

C’est une statue de ces trois Québécois qui domine la place centrale devant l’amphithéâtre.

Je m’attendais à voir M. Perreault à Buffalo. Les partisans portent son chandail. On voit des photos de lui et évidemment, son numéro est retiré.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs partisans veulent voir Gilbert Perreault frapper le tambour pour le rituel d’avant match.

Pas à Buffalo

Je vous confirme que ç’a n’arrivera pas. Vendredi matin, il était chez lui, bien tranquille, à Victoriaville.

« Tu es à Buffalo ! Tu ne manges pas trop d’ailes de poulet ? » m’a-t-il lancé en décrochant le téléphone.

« J’ai dû ralentir sur les ailes de poulet. J’en ai assez mangé durant mes années là-bas », a ajouté le ex-hockeyeur de 75 ans.

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M. Perreault a passé les 17 années de sa carrière Buffalo, totalisant 1326 points. C’est le 37e meilleur pointeur de tous les temps. Anze Kopitar était à 10 points de le rattraper.

JMTL
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M. Perreault est plutôt discret publiquement. Il n’accorde pas beaucoup d’entrevues.

Il n’est pourtant pas gêné. Il est très sympathique. Mais il semble se demander ce qu’il pourrait nous dire de nouveau.

Avec les succès des Sabres, le téléphone sonne beaucoup. « Écoute, ça revient toujours à la même chose quand je fais une entrevue. Moi j’ai fait mon temps. Aujourd’hui, c’est une nouvelle génération. C’est ainsi que je vois ça », m’explique-t-il.

Modeste

Là, je me suis inscrit en faux. Je lui ai expliqué que dans ma vie, je n’avais pas souvent parlé avec des gens qu’on pouvait véritablement qualifier de légende. Mais il est modeste et ne veut visiblement pas embarquer là-dedans.

« Tout le monde est déjà courant de ce que j’ai fait dans ma carrière », dit-il.

D’ailleurs, il fait partie des rares hockeyeurs québécois qui sont revenus habiter au Québec après une si longue carrière aux États-Unis.

PHOTO JEAN-CLAUDE TREMBLAY
PHOTO JEAN-CLAUDE TREMBLAY

En plus de ces 17 ans comme joueur, M. Perreault a travaillé pour les Sabres de 1996 à 2020, notamment, pour faire de la représentation et des promotions. Tout a arrêté lors de la pandémie et il a décidé qu’il se retirait un peu de tout ça.

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Il allait une dizaine de fois par année à Buffalo avant. Mais depuis six ans, il y va « à peine une fois par année ».

Golf, vélo et Elvis

Et il fait quoi, maintenant ? « Oui, je joue au golf. Je fais du vélo aussi. Je me suis toujours entraîné. »

Mais il a aussi un talent caché. Il a osé m’en parler, en riant.

« C’est sûr que le monde me fait chanter dans les petits partys ici et là ».

Il chante du Elvis, du Roy Orbison, les Bee Gees. Il m’a parlé de l’époque où il allait voir Tom Jones. C’est un fan de Bryan Adams aussi.

À son année recrue, Perreault a réalisé 72 points. Son salaire était alors de 32 000 $, soit 25 fois moins que le salaire minimum aujourd’hui. Il a touché 150 000 $ lors de sa meilleure saison quand il a fait 113 points.

JMTL
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Il toucherait 12 M$ par année dans le hockey d’aujourd’hui. Imagine-t-il parfois de quoi aurait l’air sa retraite s’il avait joué 15 ans plus tard ?

« Je m’en souviens, à l’époque, il y avait des gars qui gagnaient 7-8000 $ qui et devaient travailler durant l’été (...) Je signais des billets « golden » pour la première rangée et ça coûtait 6,50 $. Les temps ont changé et tant mieux pour les joueurs. C’est surtout l’arrivée de l’Association mondiale de hockey qui a tout changé. Mais non, je n’ai jamais vraiment pensé à ça. »

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Sabres ou Danault ?

Je lui ai demandé s’il comptait aller à Buffalo si les Sabres continuent leur chemin.

« Ils doivent avoir tant de billets pour les anciens. Je ne sais pas trop comment ça fonctionne. Moi je suis bien ici chez nous. Je regarde ça à la télé. Si j’ai la chance d’y aller, je vais y aller. Pour l’instant, je suis à la maison, à Victoriaville ».

Sur ça, disons que les Sabres ne m’impressionnent pas. À leur place, ça ferait longtemps que je lui aurais donné les clés de l’aréna.

Qui dit Victoriaville dit aussi la famille Danault. Oui, il y a Phillip avec le CH. Mais Alain, son père, un peu comme un maire à Victo, a longtemps géré le club de golf.

Ainsi, comme tous les Victoriavillois, Gilbert Perreault adore les Danault.

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Je lui ai donc demandé de trancher : une victoire des Sabres ou une victoire du CH avec un but de Danault en prolongation ?

Il est parti à rire. « Oublie ça ! Franchement. Mon club, ce sont les Sabres. Et voilà 55 ans qu’ils sont dans la ligue. Ils sont dus pour en gagner une hein ? », poursuit-il.

Juste avant qu’on se quitte, il me dit : « Je veux juste ajouter quelque chose : Go Buffalo go ! Go Buffalo go ! Go Buffalo go ! ». Et il raccroche en rigolant.

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