Le coach qui arrive difficilement à savourer: Patrick Scalabrini peut enfin se libérer de la tension des derniers mois


Stéphane Cadorette
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Maintenant que son huitième championnat comme gérant est dans la poche, Patrick Scalabrini peut enfin laisser aller un grand soupir et festoyer comme il se doit. Parce que, malgré un autre été enivrant qui se termine, il avoue qu’il lui est difficile dans ses fonctions de se laisser emporter par la vague de folie qui a balayé plus que jamais le Stade Canac cette saison.
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Une fois le champagne sablé à grandes doses après ce troisième championnat de suite dans la Ligue Frontière, Scalabrini va bien sûr lâcher son fou. Après quelques semaines sous haute tension, il faut que la soupape saute.
Ce n’est pas exagéré le moins du monde de parler de folie. À 26 reprises cette saison, en incluant les matchs de séries, le Stade Canac a été rempli au maximum de sa capacité. Ce qui était une anomalie dans un passé pas si lointain est presque devenu la norme.
Évidemment, Scalabrini n’est pas un robot. Il vibre lui aussi au rythme de la foule.
C’est juste que les remontées inespérées et les fins de matchs impossibles, il n’arrive pas à les savourer dans le moment présent à la hauteur de ce qu’elles représentent.
«Non!» confie-t-il sans équivoque.
«Je sais que malgré tout ce qu’on fait là, si on ne gagne pas le championnat à Québec, je vais me faire demander “qu’est-ce qui n’a pas marché?” On va me demander si cette saison est un échec. En réalité, ce ne serait pas un échec, mais en même temps, on se met cette pression-là. C’est un peu de ma faute parce qu’au jour 1 du camp d’entraînement, je dis que l’objectif est de gagner un championnat. Je suis un peu responsable de ça», réfléchit-il.

Une seule fois...
Même dans son ancienne vie de joueur, Scalabrini ne s’accordait jamais ces fameux moments de grâce pour vivre pleinement un moment spécial. En fait, une seule fois, il s’est accordé ce luxe...
«Je me rappelle que le dernier match que j’ai joué, la finale de 2009, c’était le fameux départ d’Éric Gagné... C’est le moment dans ma carrière où j’ai arrêté de foncer dans le tas et de ne pas regarder.»
«Je me rappelle quand Gagné est sorti sur Welcome to the Jungle... J’étais au premier but. Normalement, tu te dépêches et tu fais tes roulants pour réchauffer tes gars. Cette fois-là, j’ai été égoïste. J’ai dit: “Fuck you les gars!”. Je me suis retourné de bord, j’ai regardé et j’ai tripé. C’est le seul moment où j’ai vraiment profité du moment présent en tant que joueur», se remémore-t-il.
Attentes démesurées?
Si Scalabrini se garde une telle gêne avant de savourer, c’est qu’à Québec, une saison sans championnat devient vite une déception. C’est peut-être injuste, ce n’est pas normal, mais c’est la réalité du marché.
«Je ne sais pas si ça va changer un jour. On ne gagnera pas tous les ans non plus et je ne sais pas si les gens comprennent vraiment ça. On va y aller d’année en année», ajoute-t-il.