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Le chômage baisse lentement aux États-Unis et cela pourrait durer

AFP

2020-09-03T13:23:17Z
2020-09-04T05:00:29Z

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Le chômage diminue doucement aux États-Unis après avoir explosé au printemps sous l’effet de la pandémie, mais la première économie du monde peine à relever la tête et beaucoup des nouveaux chômeurs pourraient ne pas retrouver d’emploi avant longtemps.

La taux de chômage du mois d’août, publié vendredi, devrait être en léger recul par rapport aux 10,2% de juillet: les analystes tablent sur 9,8%.

Le nombre d’emplois créés devrait, lui, continuer à ralentir, autour de 1,4 million, après 1,8 million en juillet et un record de 4,8 millions en juin. Insuffisant pour rattraper les 20,5 millions d’emplois détruits pour le seul mois d’avril.

« Les économistes ne savent pas vraiment ce qui se passe sur le marché du travail, en grande partie parce que les données sont tellement démesurées qu’il est difficile d’appliquer un modèle passé aux chiffres », explique l’économiste Joel Naroff dans une note.

« Le marché du travail s’améliore, mais les réouvertures (d’activité) ralenties en août dans la plupart des régions, et même de nouvelles fermetures dans certaines, pourraient se refléter » dans les chiffres d’août, estime-t-il.

Le taux de chômage recule doucement, après son bond du mois d’avril, quand il a culminé à 14,2% à cause des mesures de confinement face à la pandémie. En deux mois, il était passé d’un plus bas en 50 ans à un plus haut en 80 ans.

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L’activité économique avait ensuite redémarré en fanfare à la fin du printemps, avant de souffrir d’une recrudescence des cas de Covid-19 dans le pays.

Elle peine désormais à maintenir le rythme. Et chaque semaine, plusieurs centaines de milliers d’Américains continuent à s’inscrire au chômage.

Écoles fermées

Les consommateurs ont perdu confiance, car ils ne savent pas s’ils pourront conserver leur emploi.

Beaucoup d’économistes, à l’instar de ceux de la Banque centrale américaine (Fed), s’inquiètent que certains chômeurs ne mettent des années avant de retravailler.

« Le chômage de longue durée est un énorme problème », dit à l’AFP William Spriggs, chef économiste de l’AFL-CIO, la plus grande fédération américaine de syndicats.

Au-delà de six mois de chômage, souligne-t-il, il devient difficile de retrouver un emploi. C’est également la durée maximale de versement des allocations chômage, dont les montants et la durée varient selon les États.

Alors que la rentrée scolaire se fait virtuellement pour beaucoup d’écoliers américains, de nombreuses femmes pourraient pâtir de cette situation, forcées de quitter le marché du travail pour s’occuper des enfants, dont la salle de classe est désormais la maison.

« La question sera de savoir quel est le taux d’activité des femmes, car cela déterminera si le chômage diminue beaucoup » ou non, relève William Spriggs.

Soutenir la consommation

La reprise économique est également menacée par l’échec des négociations entre la Maison Blanche et les démocrates du Congrès sur un nouveau plan d’aide aux ménages, entreprises, écoles et collectivités locales.

« Je suis extrêmement inquiet. Extrêmement préoccupé. C’est une catastrophe, une catastrophe absolue. Le troisième trimestre aurait dû enregistrer un rebond. Ce n’est pas le cas, cela va être une catastrophe », déplore William Spriggs.

Des millions d’Américains sans emploi, ou dont les revenus ont chuté, ont également perdu une aide supplémentaire de 600 dollars par semaine.

Donald Trump a signé début août un décret pour la remplacer temporairement, à hauteur de 400 dollars par semaine. Les États devaient aussi mettre la main à la poche. Certains ont refusé l’aide.

Elle avait pourtant largement permis à l’économie américaine de redémarrer, en stimulant son moteur principal: la consommation.

« Les 600 dollars soutenaient la consommation des 75% les plus pauvres », détaille encore William Spriggs, avertissant que « sans cet argent, nous allons voir un effondrement (de l’économie) ».

« De nombreuses entreprises qui ont contracté des prêts sont en difficulté et, avec cette baisse de la demande, oui, ils vont licencier », estime-t-il.

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